Volonté [BOFUR]

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Sam 8 Fév - 11:07
Volonté


La vie aux Montagnes Bleues était une exquise fresque d'aventures. J'avais démontré mon talent à la pique, et bien que mes compatriotes nains soient encore méfiants par rapport à ma soi-disante force, je m'étais fait des amis parmi eux. Simple piqueuse, je savais que ma mère aurait fait un malaise en sachant que sa fille vivotait sans le luxe digne d'une noble. Ici, même si on savait d'où je venais, on acceptait également que je choisisse ma voie. Je ne tenais pas plus que ça à porter des fanfreluches et des rubans, encore moins à passer mes journées à faire des courbettes dans l'attente d'un bon mariage. J'aimais l'action et l'aventure. J'étais taquine, insolente parfois, mes bonnes manières ne se rappelaient à moi que rarement, j'avais même un tempérament borné. De quoi faire une très bonne compagne de beuverie.

Je m'étirais, vêtu de ma tenue de piqueuse : fourrure et cuir. Engoncée comme je l'étais, il n'y avait que grâce à mon manque de barbe et à mon visage aux traits plus fins que ceux des mâles pour deviner que j'étais une naine plutôt qu'un nain. J'aimais bien, aussi, jouer sur cette espèce d'androgynie propre à notre race. Je regrettais de ne pas avoir encore de barbe : j'aurais apprécié en faire des tresses, l'orner de bijoux, mais j'étais encore trop jeune pour n'avoir ne serait-ce qu'un poil sur le menton. C'était une plaisanterie courante parmi mes amis de la garde naine. J'eus un sourire par-devers moi, et mon regard de glace se leva vers le plafond superbe, dont les montagnes devaient leur nom. Bleu, comme une rivière de saphirs étoilée. Même encore maintenant, après des jours et des jours ici, cela me faisait à chaque fois battre le coeur plus vite, comme le regard d'un soupirant.

Je m'efforçais d'accélérer le pas, et arrivais la première au terrain d'entraînement. Terre battue découverte, c'était un large cercle, dont le bout s'ornait de cibles pour l'entraînement à l'arc. J'allais déposer mon manteau à capuche sur un banc, pris ma pique entre mes mains et me mis à jouer avec, presque machinalement. J'étais presque née avec ; dès que j'avais pu m'enfuir de chez moi jouer avec des soldats, j'avais tenu une lance et je n'avais plus lâché cette arme. J'aimais son poids contre mes paumes, grâce à elle, mon peu de force était comblé par le poids et l'agilité relative dont je faisais preuve.

Alors, on joue avec sa pique ? Attention, tu risquerais de te blesser éclata une voix derrière moi, moqueuse, et dans un sourire carnassier, je me retournais pour faire face à Rodrick Pontdepierre, un des nains les plus taquins jamais rencontrés. Il avait l'âge d'être mon père, mais se comportait la plupart du temps en goujat fier de l'être. Nul besoin d'expliquer que je l'adorais.

Si tu continues, c'est toi que je vais blesser. Ramène tes fesses ici que je te les botte. Comme ça, ce ne sera plus cinq bières que tu me devras, mais six !

Les autres nains, derrière lui, qui arrivaient d'un pas moins pressé, éclatèrent de rire. Je n'étais pas du genre à m'effaroucher et à me laisser faire ; Rodrick lui-même rit plus fort que les autres, mais je vis son regard s'allumer. Si quelqu'un aimait plus que moi se battre, c'était bien lui. Il me laissa le temps de vêtir ma veste à la poitrine brodée d'un loup - j'étais tout de même la Louve Piqueuse, surnom que j'avais déjà chez moi et qui me suivait ici - et mon casque, également, mufle de loup montrant les crocs. Ainsi vêtue, on m'aurait crû prête à partir en guerre, mais c'était surtout pour un autre point non négligeable : on ne pouvait voir que j'étais une femme. Je portais une telle épaisseur de vêtements que ma poitrine n'était guère visible, et ma longue tresse rousse battant mon dos ne signifiait rien. Des badauds observaient déjà la scène ; j'eus un sourire torve quand je vis Rodrick sortir de son fourreau sa grande lame.

Et moi c'est ton petit cul que je vais blesser avec ça gronda t-il en me faisant un clin d'oeil paillard ; j'eus du mal à ne pas pouffer.

La bonne entente qui régnait ici me faisait chaud au coeur. Être une naine noble me semblait parfois être une malédiction : aucun de mes semblables ne voulait dire de telles choses à une femelle, surtout si elle était noble. Il fallait la ménager, vous comprenez ? Mais là, alors que Rodrick avançait vers moi, l'air soudain menaçant, je sentis mes muscles se tendre pour sauter de côté et esquiver le coup. Je sentais également autre chose, de diffus mais d'agréable : j'étais reconnue à ma vraie valeur. C'était ça, plus que tout, que j'étais venue chercher ici. Une reconnaissance que mon statut et mon sexe ne pouvaient m'apportaient chez moi.

Mais je n'eus plus le temps de penser. Je sautais sur le côté, roulait comme je pus, et envoyais ma pique dans le gras du ventre. Rodrick était cependant vif, malgré sa corpulence ; son épée vint frôler ma tête, et fit tinter légèrement mon casque. Un grognement s'éleva de ma gorge, et je m'élançais, prise d'une envie d'en découdre. Pique et épée se croisaient, sans faire de réels dégâts car nous savions à quoi nous attendre. Je fûs bientôt lassée de notre petit jeu, et m'abaissant soudain pour éviter une taille de son épée, j'en profitais pour tacler ses genoux et le faire tomber. Pique sur la gorge, carreau près de sa peau, il souffla dans l'air frais du matin, tandis que des huées moqueuses retentissaient du côté de nos amis gardes.

Attends, redis-moi ce que tu voulais faire avec ton épée, déjà ? me moquais-je, puis l'aidant à se relever, nous partîmes d'un grand rire amical. Il s'épousseta, me cogna durement l'épaule, d'un air fier, et s'éloigna vers les autres. N'oublie pas ! Six bières, pas cinq !

Je retirais mon casque, dévoilant mon visage encore jeune, presque juvénile, aux traits tendus par un peu de fatigue. Mais, le rouge aux joues, à cause de l'effort et du froid, me donnait l'air presque féminin. Je soupirais, calmant les battements de mon coeur, et remarquais du coin de l'oeil une troupe de personnes qui s'éloignaient - tous sauf un. Je me tournais vers lui, un petit sourire aux lèvres, l'air presque insolente.

Voudriez-vous tâter de ma pique, mon bon monsieur ? déclarais-je en rigolant, puis, casque sous l'épaule, je m'approchais, curieuse ; je ne l'avais jamais vu, celui-là. Forcément, à vivre dans un tel lieu, on apprenait qui était qui ; pourtant, son visage ne me disait rien.

Attention, Bofur ! Celle-là est aussi féminine que je suis un elfe ! On ne croirait pas qu'elle est noble, hein ? En tout cas, gare à sa pique ; elle aussi prompte à attaquer qu'une chienne en chaleur !

Je tirais puérilement la langue à Rodrick ; certes, j'avais un tempérament plutôt volcanique, mais ce n'était pas une raison pour me comparer à une chienne, tout de même. Je haussais les épaules d'un air bougon dans sa direction, puis me tournais vers le dénommé Bofur, mon sourire se faisant plus large et plus amical.

Bofur, hm ? Enchantée. Je suis Ilhy Sombréclat, des Monts de Fer. Je n'ai jamais eu la chance de vous rencontrer. La chose est ainsi faite ! déclarais-je, en tendant ma main nue, aux doigts gourds de froids.

Mes prunelles pâles et curieuses dévoraient du regard le nain face à moi. J'étais heureuse de faire de nouvelles rencontres, même si Rodrick avait tendance à faire capoter ma crédibilité. Il ne perdait rien pour attendre, celui-là.



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Sam 8 Fév - 17:04
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Ilhy & Bofur
Bofur se leva de sa chaise, laissant son petit soldat de bois inachevé sur le plan de travail, laissant Bifur à son travail. Il adorait travailler avec lui, bien qu'il ne soit pas très causant... On ne peut pas lui en vouloir, une hache d'orc dans le crâne, ça a forcément des conséquence. C'était l'heure de la pause pour Bofur. Il attrapa sa pipe qu'il alluma avant de cracher quelque ronds de fumée et sourit à Bifur en mettant l'autre main dans sa poche.
- Bon! C'est l'heure de ma pause, je vais regarder les soldats s’entraîner pour m'occuper! Si tu as un problème, vient me voir. Bofur était toujours prêt à aider son cousin, même si la plupart du temps, il le taquinait.
Bref, le nain sortit tranquillement de l'atelier après avoir mit son écharpe et s'enfonça dans le froid glacial qui régnait dehors, en cet journée d'hiver.
- Par ma barbe, quel temps de chien! grogna le nain en enfonçant son chapeau atypique sur sa tête.
Puis il partit en marchant dans la neige vers le terrain d'entrainement de la garde où étaient déjà n train de s'affronter deux nains: l'un à l'épée, l'autre à la pique. Bofur s'appuya sur un piquet et regarda le spectacle en fumant sa pipe. Bofur connaissait l'un des deux combattants, un certain Rodrick Pontdepierre, un type pas très charmant mais avec qui Bofur s'entendait plutôt bien. De toute façon, le fabricant de jouet s'entendait bien avec pratiquement tout le monde. Quand à l'autre, il ne sut savoir de qui il s'agissait, tellement il était emmitouflé dans plusieurs couches de fourrures.
Bofur éclata de rire, avec d'autres qu'il connaissait eux aussi. Rodrick venait de s'étaler dans la neige, et l'autre lui pointait sa pique sous la gorge. Ils rirent tout les deux en discutant mais Bofur ne comprenaient pas vraiment ce qu'il disait avec le boucan que faisaient les autres. C'est alors que le vainqueur retira son casque...
- Par la barbe de ma grand-tante!
Ce n'était non pas un nain mais une naine! Jamais Bofur n'avait vu une femme naine se débrouiller aussi bien au combat! Et il fallait avouer que celle ci était tout à fait charmante, avec ses grands cheveux roux et ses joues rougies par le froid, malgré ses allures garçonnes. C'est alors qu'elle l’interpella.
- Voudriez-vous tâter de ma pique, mon bon monsieur ?
- Oh je ne suis qu'un piètre combattant ma chère! Je ne suis bon qu'à fabrquer des joujous pour les gosses, rien de plus! Si je me battais contre vous, j'aurais le derrière dans la neige bien plus tôt que ce pauvre Rodrick!
Elle se rapprocha et Rodrick, à son tour, interpella Bofur.
- Attention, Bofur ! Celle-là est aussi féminine que je suis un elfe ! On ne croirait pas qu'elle est noble, hein ? En tout cas, gare à sa pique ; elle aussi prompte à attaquer qu'une chienne en chaleur !
- Mon pauvre Rodrick! Tu sais comment on appelle ceux qui perdent contre des femmes! Tu ferais bien de t'attaquer à des nains plutôt qu'à des naines, vieux goujas! ria Bofur.
La brute partit en grognant et le fabricant de jouet se tourna à nouveau vers la jeune naine. Il lui sourit et lui dit d'un ton rieur qui lui était impossible de retirer:
- Je vous rassure, mam'zelle, vous n'avez rien d'une chienne en chaleur!
Il regarda en direction de Rodrick et chuchota:
- ... Et Rodrick à raison, vous êtes aussi féminine qu'il est un elfe... et il est très semblable à un elfe!
Bofur se mit à rire de sa propre blague.
- Alors, c'est quoi votre joli nom?
- Bofur, hm ? Enchantée. Je suis Ilhy Sombréclat, des Monts de Fer. Je n'ai jamais eu la chance de vous rencontrer. La chose est ainsi faite !
- Et bien enchanté, Ilhy! Moi c'est Bofur, frère du plus gros nain des Montagnes Bleues! dit-il ironiquement en riant. C'est rare de voir des femmes se battre chez les nains! Je vous admire!
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Sam 8 Fév - 17:35
Volonté


Le nain face à moi portait un couvre-chef étrange, et plutôt qu'une barbe, sa moustache était des plus insolites. Cependant, il émanait de lui une aura de douceur et de gentillesse qui m'attira aussitôt une sympathie amicale. Avec un sourire, je l'écoutais refuser ma demande, qui était plus rhétorique qu'autre chose. Jamais je n'aurais osé lever ma pique contre lui, même si il avait accepté ; il parla de joujoux, et je haussais les sourcils. Il venait de titiller ma curiosité déjà bien chatouilleuse.

Ses propos me firent rire ; ce pauvre Rodrick avait été assez mouché pour toute la journée ! Je décidais soudain que ce nain inconnu m'était décidément sympathique, même si je doutais de sa sincérité. Je n'étais pas féminine, et Rodrick n'avait rien d'un elfe. Cependant, c'était gentil de sa part d'essayer de sauver les apparences, malgré qu'il n'y ait plus rien à sauver. Je retirais ma grosse veste, et en chassait la neige de la capuche. Les autres s'étaient éloignés pour s'entraîner au tir, mais je préférais rester plantée avec Bofur.

Allons, vous y allez fort. Il n'y a pas de quoi m'admirer fis-je, plus troublée par ce compliment que je n'aurais voulu. Il était vrai que je n'avais qu'un objectif : être reconnue égale de mes pairs masculins. Qu'il me déclare égale à lui, voire meilleure en combat, c'était une chose merveilleuse, et je me sentis rougir bêtement. Si ma pauvre mère me voyait ainsi, à chahuter dans la neige, elle aurait de quoi me mettre dehors si je n'avais pas déjà déguerpi de moi-même.

J'avais dis ça tout haut, et quand je m'en rendis compte, je haussais les épaules ; ce n'était à la base pas sensé être déclaré, mais tant pis. Je frottais mes mains nues l'une contre l'autre, mordue par le froid glacial, mais heureuse d'être là, sous le plafond bleu et scintillant.

Dites-moi, Bofur, vous avez parlé de jouets. Est-ce là votre métier ? demandais-je sans pouvoir brider la curiosité qui me rongeais. Mes prunelles pâles observaient gentiment mon compagnon ; son allure étrange passée, il avait un physique somme toute agréable. Je me demandais quel âge il pouvait avoir ; il ne semblait pas très vieux. Pas aussi vieux que Rodrick en tout cas.

Je fis un pas, puis deux pour me retrouver totalement en face de lui ; réalisant que je tenais toujours ma pique, je la rangeais dans son fourreau dans mon dos. Sentir son poids sur mes épaules avait quelque chose de rassurant, tout comme un combattant à l'épée doit se sentir à l'aise uniquement en sentant son arme contre sa hanche.

Bien des nains ne trouvent guère rassurant de voir une femme se battre. Peut-être parce qu'ils ont peur à l'idée de ce que feraient leurs femmes si elles savaient elles aussi manier une poêle à frire avec autant de brio que je tiens ma lance ? fis-je avec un petit ton moqueur, en lui lançant un regard amusé. Je frottais du dos de ma main droite mon nez engourdi et soufflais dans l'air froid. Une buée épaisse sortit de mes lèvres, mais je ne me plaignais pas. J'aimais le froid. J'aimais cette sensation douce, glacée, comme un baiser de glace. Rodrick me doit donc six bières, pour chaque fois que je l'ai battu. Je vous propose donc dès maintenant de passer à la taverne user de sa bourse. Qu'en dites-vous ? Je vous invite. Un nain qui me fait des compliments, c'est rare ! Je vais devoir vous dorloter !

Je ne cessais de rire, le regard malicieux. Je rangeais finalement mes mains dans les poches de ma veste, bien contente de porter une fourrure épaisse. Le vent se leva, faisant voltiger cheveux et moustache. Je frissonnais un instant, comblée. Petit à petit, je formais ma place, ici. Mais pour le moment, j'avais envie d'un bon repas chaud, et d'une bière. J'invitais donc du regard Bofur à accepter mon offre, clignant des paupières en une parodie de regards langoureux - c'était volontairement ridicule, et je me mis à rire, encore. J'étais trop jeune pour me prendre au sérieux, et de toute évidence, j'avais en face de moi un nain qui aimait rire. Pourquoi ne pas en profiter ? Ce serait du gâchis !


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