Une taverne et une boisson [PV : Aodhan]

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Mar 4 Juin - 20:13
    Aedis & Aodhan

    La nuit tombait sur la capitale du Rohan. Aedis frissonna dans l'air automnal, ramenant ses bras à elle alors qu'elle se changeait. La journée avait été longue, et la sueur collait ses cheveux à ses tempes brûlantes. Elle était depuis peu sous les ordres directs du Capitaine de l'Infanterie du Rohan, ce qui lui valait une mise à niveau brutale. Elle était douée pour manier l'épée ; elle devait devenir excellente pour mériter sa place. Elle s'entraînait toute la journée pour atteindre ce but, accompagnée de ses nouveaux compagnons d'arme. La demoiselle appréciait leur compagnie, car malgré leur désintérêt quant à son sexe, pour la plupart, ils la traitaient sans ménagement et lui permettaient d'être considérée comme n'importe quel soldat du sexe fort. Cela n'était pourtant pas sans dommages, et elle sentait son corps s'être couvert de bleus et d'estafilades... Sans compter les courbatures ! Mais elle se sentait bien, et quand elle plongea dans le petit bassin d'eau glacée, elle put soupirer d'aise en se lavant rapidement.
    Une fois sortie de l'eau, elle enfila des vêtements qui lui étaient normalement refusés, mais qu'elle ne se privait pas de mettre : des chausses d'un tissu beige et fin, et une chemise bleue un peu plus épaisses ; elle y ajouta des bottes de cuir souple ainsi qu’une longue cape noire. Avec regret, elle laissa Stone dans son paquetage, protégé par un coffre au lourd cadenas. Sa chère Stone ne pouvait pas toujours l'accompagner, et certains établissements refusaient que l'on porte une arme trop voyante. Toutefois, elle glissa une dague dans sa ceinture et s'admira. Ravissante, de pied en cape. Elle pouffa et sortit de la caserne, bien décidée à s'amuser un peu. Elle attrapa les pans de la capuche de sa cape, qu'elle rabattit sur son visage d'un geste doux. Le vent était fort en ce moment, et les premières neiges n'allaient pas tarder à clore un automne doux et agréable. Les pluies avaient été fréquentes mais légères, plus crachins que tempêtes, et les températures n'étaient jamais descendues très bas... Mais la bise s'était levée, et il n'y avait plus qu'une seule phrase sur toutes les lèvres : « Winter is coming. »
    Désireuse de s'abriter, tout en découvrant un nouvel endroit, elle se rendit dans un quartier où elle allait peu, et fureta quelques minutes avant de trouver la taverne. Elle sourit en entendant les rires, les sons du barde, et surtout en voyant la lumière brillante qui augurait de beaux feux de bois.
    La muse ambrée serait son lieu de détente pour la soirée. Entrant dans la salle principale, elle fit quelques pas sous les saluts joyeux des hommes déjà ivres, avant de rabattre sa capuche. Souriant doucement, elle fronça toutefois les sourcils en entendant les sifflements grivois qui naquirent sur les lèvres des hommes accoudés quand ils virent qui venait d'entrer. Sans y faire plus attention, elle se dirigea directement vers le bar... Ou du moins, eut l'intention de le faire. En effet, un des hommes à l'haleine la plus chargée se leva, étonnamment assez frais pour parler distinctement et tenir debout sans tituber.

      - Eh, mademoiselle. Si tu es ici, toute seule, c'est qu'tu cherches un peu de réconfort, non ?
      - Ouais ! En plus, t'sais, le Merù c'est un brave type. Y'a pas une putain qui se soit plainte !
      - De moi non plus, la donzelle ! Aller, si le Merù te plait pas, tu peux v'nir chez moi !

    Aedis grimaça : les sifflements, elle pouvait supporter, mais ça... Elle luta quelques secondes pour se maîtriser, mais un homme, un peu derrière elle, passa doucement la main sur ses fesses, avant de les pincer. Sursautant, de ses yeux jaillirent des éclairs, et elle se retourna vivement, attrapa la main du coupable et lui fit une clef de bras. C'était un homme plutôt jeune, aux traits communs mais aux vêtements crasseux et tachés de vin et de bière. Un soulard comme les autres... Grognant, l'homme qui s'était levé s'approcha de la demoiselle, visiblement pas très ravi des évènements. Le barman, qui riait avec les hommes jusque-là, s'était figé, un peu inquiet. La fille qui était entré avait semblé frêle et faible, âgée de plus d'une vingtaine d'années ; en réalité, elle avait fêté ses trente ans quelques mois auparavant, et sa jeunesse physique était due à ses racines elfiques. Personne ne pouvait le savoir : l'un des rares points qui trahissaient ses origines était ses oreilles, pointues et plus fines que celles d'un humain ; elles étaient là cachées par ses cheveux, plutôt épais.
    Le bras d'Aedis bloquait le bras de celui qui lui avait manqué de respect dans son dos ; observant du coin de l’œil celui qui s'approchait d'elle, elle lança un grognement d'avertissement :



      - Ne fais pas un pas de plus, espèce de paysan.

    Il ne s'arrêta pas, et de sa main droite, la demoiselle sortit sa dague de son fourreau. La pointant en direction du balourd.

      - Je te ne le répèterais pas : assieds-toi, et tout ira bien. Ce n'est pas parce que je suis une femme que je ne sais pas me servir d'une lame.

    Alors, il fit quelque chose qu'Aedis n'aurait pas imaginé : il éclata de rire. Désarçonnée, elle ne fit rien quand il s'approcha, et posa sa main sur son épaule.

      - Ah, on me l'avait pas faite depuis longtemps celle-là ! Ça change des gamines qui viennent chercher leur père pour le rentrer à la maison ! Bienvenue à la Muse Ambrée, damoiselle. Ne crains rien de nous : nous sommes un peu rustres, mais pas méchants.

    Bien, elle avait acquis leur respect en ne se laissant pas faire. Le loubard se rassit, et le jeune homme qu'elle gardait d'une clef de bras gémit, demandant à être libéré. Haussant les sourcils, la demoiselle hocha la tête doucement, toutefois d'avis pour lui donner une leçon. D'une poussée, elle plongea la tête de l'enquiquineur dans son assiette, avant de le relâcher sans même faire un commentaire ; ses acolytes éclatèrent de rire, et Aedis eut un petit sourire satisfait. Soupirant d'aise, elle rejoignit la place au bar qu'elle avait convoité avant d'être interrompue.
    Ravie de son effet, elle s'assit sur le tabouret, et commanda une bière au tavernier, qui s'empressa de la servir. Avalant quelques gorgées, elle avisa de son voisin, un jeune homme au visage avenant. Lui souriant, elle le détailla quelques secondes, avant de boire une nouvelle gorgée. Remarquant ses mains vides, la chevaleresse lâcha quelques mots :


      - Vous avez soif ? Je vous offre quelques choses?

    Elle ne l'avait pas vu rire avec les autres guignols...

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Sam 15 Juin - 21:49
Une taverne et une boisson

Le vent soufflait sans relâche depuis des jours sur les plaines du Rohan, mettant les rares cultivassions où faisait céder sous ses assauts des arbres vieillissants, barrant certaines routes souvent fréquentées par les gens de passage. Le moindre petit bourg était prit d’assaut par une floper de voyageur cherchant à se réconforter auprès d’un bon feu, d’un cochon de lait rôti et d’une pinte de bière. Se voyant lui aussi contraint et forcé de faire une halte, Aodhán n’eu d’autres choix que de prendre le chemin de la Capitale : Edoras. La nuit était tombée depuis peu mais déjà des gardes surveillaient la porte principale, s’abritant au possible sous leur capuchon arrêtant les voyageurs qui leurs semblaient louches. Aodhán se fit lui aussi arrêter. Emmitouflé dans une longue cape sombre, une capuche recouvrant la quasi-totalité de son visage, pas étonnant que les gardes se soient montrés méfiant à son égard. Mais l’insigne de la Garde du Gondor frappé sur la selle, le filet du cheval et brodé sur la capé dût sans doute suffire pour étancher leur curiosité et ils ne demandèrent même pas son nom. Coup de chance pour Aodhán, rien de plus.

Les rues du bourg étaient désertes mais on entendait les chants et les rires derrières les volets clos des maisons et des auberges. Réussir à avoir une chambre ce soir tiendrait du miracle, et il devait sans doute se faire à l’idée qu’il dormirait surement dans une écurie. Si lui n’avait pas de chambre, il allait remuer tout le bourg pour que Gondor dorme au sec. Apres quelques heures de vaines recherches, un aubergiste lui donna l’autorisation de mettre son étalon dans son écurie mais que son auberge était complète et qui devrait sans doute dormir dans la réserve de foin au dessus. Aodhán remercie l’aubergiste et alla mettre Gondor dans l’écurie. Il le descella toute de suite et prit le temps de vérifier les membres et les sabots de son cheval l’appelle de l’estomac qui se faisait de plus en plus fort. Cela faisait trois années maintenant que l’étalon rohirrim lui servait de monture et, au même titre que Nimloth et Galathilion, ses dagues jumelles, il était ce qu’il avait de plus précieux. Alors au diable confort et repas, Gondor passait en priorité. Apres lui avoir ôté selle, bride, sacoches et autres harnachement, il les amena dans la réserve de foin, simple plancher de bois construit juste en dessous du toit de l’écurie, laissant à peine la place pour qu’Aodhán se tienne debout. Posant ses affaires, il redescendit ensuite à l’Auberge, donnant au passage une ration de foin et d’orge à sa monture.

Dans l’Auberge de la Musé Ambrée, la bière et le vin avait déjà coulée à flot quand Aodhán fit son entrée. Peu de monde fit attention à lui : il n’était qu’un homme de plus venant prendre un peu de bon temps une fois femme et enfants couchés, il n’avait pas l’air non plus étrange dans sa tunique de voyage, sa chemise crème, son veston de daim et son étoffe rouge – étoffe portée à la taille comme une ceinture mais cachant un petit poignard courbé – et il ne faisait pas spécialement taches aux milieux d’autres hommes. Un voyageur, encore un. Aodhán s’installa au comptoir, sur un vieux tabouret au cuir limé et commanda une pinte. Pas du genre à rester dans son coin, il fit rapidement « connaissance » de plusieurs hommes qui partageaient les tables derrières lui : Meorwun dit «  le Merù » ainsi que cinq de ses compatriotes avaient déjà plus qu’abusé de la boisson. A la fameuse question du « d’où venez-vous », Aodhán répondit comme a son habitude que c’était le métier de cartographe qu’il l’avait mené jusqu’ici.

«  R’gardez moi, l’bel oiseau que nous avons là ! Belle gueule, jeune, et qu’il vient d’la Cité Blanche ! Alors mon gars où qu’elle est ta donzelle ?! » Un rire guttural sorti de la bouche de Merù qui tapa l’épaule, Aodhán aussi rit. Mais un rire jaune car il savait qu’au Rohan était la femme qu’il devait épouser depuis 5 ans. « J’pourrais être ton Père dis moi donc ! J’t’aurais déjà marié j’te l’dis moi ! » Aodhán sauta sur l’occasion de le faire payer une pinte et par la même occasion tenter de s’éclipser pour rejoindre le bar un peu plus loin, mettant de la distance entre ces hommes.
« Ben alors soit un bon Paternel et paye nous donc une tournée ! »
Sa phrase fut accueillit par de hautes exclamations enthousiastes et le merù tapa d’un point sur la table pour commander une tournée générale. Alors qu’il regagna enfin le comptoir, quelqu’un entra dans l’auberge sous les sifflements grivois de quelques lourdauds. Aodhán aussi se retourna et laissa échapper un sifflement léger. Non pas comme un de ceux des hommes ivres morts de la taverne, mais plus un sifflement d’étonnement. En voila un joli minois qui vient de rentrer, pas du tout le style de ceux qu’il avait l’habitude de croiser dans ce genre d’endroit. Des femmes dans une taverne, il en avait déjà vu mais généralement en temps que serveuses, elle, elle était loin d’être une vulgaire serveuse. Il la suivit du regard, et assista a toute la scène, ses sourcils se levèrent d’étonnement lorsqu’elle fit une clef de bras au malotru qui lui avait littéralement mis une main aux fesses. Un léger rire lui échappa et il regarda le tavernier qui s’était accoudé au bar en face de lui.

« En voilà une qui est aussi farouche qu’elle est jolie ! »
et tout deux esclaffèrent ensemble avant que le barman ne se dirige vers elle. Elle dégaina une lame. Décidément cette femme était pleine de ressource ! Aodhán comprit qu’elle n’était pas comme tous ceux qui étaient présent ici : ce n’était pas une femme du peuple. Non surement de la Noblesse, ou alors sans aller jusque là, quelqu’un qui avait largement les moyens de vivre convenablement. Que venait elle faire dans une taverne où voyageurs de toute la Terre du Milieu, paysans, soldats et autres catégories moyennes venaient prendre leur ration d’alcool ? Bah il n’en avait que faire. Apres tout lui-même était de sang noble et son nom était connu au Gondor comme étant l’une des grandes familles de Minas Tirith, même si ce soir il n’avait rien qui laissait pensé ça.Le Barman accueillit la jeune femme et ce geste sembla calmer cette joyeuse assemblée. Elle plongea la tête de l’homme dans son assiette avant de la relâcher en silence. Aodhán ria lui aussi avec les autres. Pourquoi s’en priverait-il après tout ? Lorsqu’elle s’installa au bar, il se retourna pour terminer sa pinte que le serveur lui enleva lorsqu’il servit celle de la jeune femme. Aodhán posa alors une nouvelle fois son regard sur elle. Elle semblait étonnamment jeune, sans doute avait telle fraichement la vingtaine, un visage fin et de jolis yeux bleus…Charmante…Vraiment charmante.

Il lui décocha un léger sourire, sympathique, se laissant détailler quelques instants. Elle cherche à savoir si tu es comme ces types : ivres morts et du style à lui pincer les fesses… non madame, vous pouvez me regarder sous toutes les coutures, vraiment toutes, je suis loin d’être comme eux ! Heureusement !
- Vous avez soif ? Je vous offre quelques choses? Dit-elle après avoir pu une gorgée de sa bière.
« Si j’ai soif ? Voyager donne soif Demoiselle ! »
dit-il avec un sourire un peu plus grand, sa voix légèrement rauque essaya de couvrir une nouvelle vague de rire dans son dos <
«  Mais c’est à moi de vous offrir à boire ! Je ne voudrais pas me retrouver comme lui ! »
Il désigna d’un geste de la tête l’homme qui avait vu de très prés le contenu de son assiette. Aodhán sorti de l’argent de sa poche pour payer la commande qu’il allait passer. Levant la main, le tavernier arriva tout de suite.
« Une autre pinte pour moi et vous en remettra une à la Demoiselle quand elle aura terminé celle-ci ! »


Derrière lui le Merù l’appela mais Aodhán l’ignora royalement. Quelque chose se dit dans son dos, il y eu des rires, quelqu’un tapa contre la table de bois et d’après le bruit, il y en avait même un qui venait sans doute de se retourner avec sa chaise. Il n’était pas certain de ce qu’il avait entendu mais ce devait être un truc du genre « Et voila notre Cartographe qui s’attire les bonnes grâces ! J’vais l’marier j’vous le dis ! »
Aodhán se pencha un peu plus vers la jeune femme, lui faisant signe de s’approcher aussi avec de chuchoter.
« Ils ne sont pas méchants…Pas très malins certes mais pas méchants. Je bois à l’œil depuis mon arrivé grâce à eux, alors les brusquer pas trop j’aimerais bien faire la même chose quand je reviendrais … »


Il lui adressa un clin d’œil avant de se redresser et de voir que sa commande venait d’être tout juste posée sur le comptoir. Il prit sa pinte, trinqua puis bu deux gorgées avant de la reposer.
« Je manque à mes devoirs, je ne me suis même pas présenté ! Aodhán, Gondor ! »
Enchanté Demoiselle !Un autre sourire charmeur illumina le visage du jeune homme. Fraichement vingt trois ans et pourtant il avait l’air plus vieux. Sans doute les voyages. Sans doute autre chose…


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Dim 23 Juin - 23:55

    Aedis fit signe au barman de lui envoyer une pinte supplémentaire. Celui-ci, visiblement plus amusé qu'outré, la posa devant eux en souriant, alors que la fille fit tomber quelques pièces dans sa main tendue. Laissant traîner son regard sur les vêtements du jeune homme -pas trop rapiécés et fort pratiques-, la chevaleresse reprit, une fois sa chope vidée par quelques lampées :

      - Voyager ? Vous avez l'air de venir de plus loin que le hameau voisin.

    Il n'eut pas le temps de répondre, quelques rires résonnants derrière eux. La demoiselle n'y prêta pas attention : les choses étaient claires ici, et elle ne risquait pas d'avoir d'ennuis. Quelques rigolos vendraient leur succès pour des plaisanteries grivoises, mais elle savait qu'il ne fallait pas trop en demander. L'inconnu à côté d'elle désigna l'homme qui l'avait enquiquiné de trop près, et Aedis ne put s'empêcher de rire :

      - Je ne mords pas. Merci à vous, mais il y a peu de chances que ça vous arrive.

    A moins qu'il ne se mette à agir en parfois goujat tout à coup. Mais elle doutait que ce soit le cas : en effet, sa petite démonstration servait à ça. Contente de pouvoir boire à l’œil (une fois au moins), qu'il lui rende au moins la politesse, elle ne prêta guère attention à ceux qui appelaient le jeune homme : c'était son soucis. Il ne se retourna pas plus, se contentant d'approcher ses lèvres de l'oreille de la demoiselle, qui sentit son souffle chaud dans son cou. Pouffant, elle acquiesça d'un discret mouvement de tête.

      - Je ne voudrais pas priver un homme de sa boisson.

    Lâchant ces mots avec le même ton, seul l'inconnu pu les entendre. A ces mots, il fit un clin d’œil à Aedis, et se redressa le plus naturellement du monde. C'est à ce moment là que le tavernier arriva avec sa pinte supplémentaire, et les deux piliers de bar burent ensemble. La reposant, inconnu ne le plus très longtemps. Aodhan ? Charmant nom. Et en effet, il ne venait pas du hameau d'à côté :

      - Enchantée ! Aedis... J'habite ici, à Edoras.

    Rougissant comme une pucelle en voyant le sourire du jeune homme, elle reprit un peu de contenance, et ouvrit à nouveau la bouche :

      - Et que venez-vous faire à Edoras, Aodhan du Gondor ? Les bières ne doivent pas être bien différentes dans vos tavernes, vous avez sans doute une raison plus valable que celle-ci... Hésitant quelques secondes, elle reprit, esquissant un sourire maladroit : D'ailleurs, le Gondor est grand... Venez-vous de Minas Tirith ?
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Ven 26 Juil - 19:46
Une taverne et une boisson

-Voyager ? Vous avez l'air de venir de plus loin que le hameau voisin.
Rallier le hameau voisin à la cité d’Edoras ne serait pas vraiment ce qu’Aodhán nommerait un voyage mais plus une ballade dominical au vu des kilomètres qu’il avait parcouru depuis son dernier point de chute. La ville de Tharbad n’était pas la porte à coté, il avait mis des semaines pour traverser le Pays de Dun via la Vieille Route du Sud pour rejoindre la Trouée de Rohan et même ce soir il avait bien conscience qu’il avait encore des semaines de routes avant de rejoindre Pelargir…Autrement dit : Aodhan n’était pas prés d’avoir terminé son voyage. Mais la remarque de la jeune femme le fit sourire et alors qu’il allait lui répondre qu’elle n’avait pas tord les rires dans son dos se firent entendre et il en oublia d’une certaine manière sa remarque.

Sa commande arriva lorsqu’il se redressa après lui avoir chuchoté à l’oreille et s’être présenté. Il avait fait mine de ne pas voir que la demoiselle ne c’était nullement gênée pour laisser son regard parcourir ses vêtements, après tout elle était en droit de se poser des questions. Certaines personnes se montraient bien trop méfiantes envers les voyageurs, parfois à juste titre, et avec une tenue correcte inspirait sans doute plus confiance que des vêtements rapiécés et a la propreté douteuse. Sa tunique blanche était dans un état acceptable –dire qu’elle été propre serait mentir-, son étouffe rouge qui d’ordinaire lui servait d’écharpe enserrait sa taille, sa veste sans manche en tissu épais était froissé mais bien entretenue. Bref mis à part une barbe de quelques jours, on ne lui donnait pas des semaines de routes dans les jambes.
-Enchantée ! Aedis... J'habite ici, à Edoras.

Une Rohirrim . Pourtant elle ne correspondait pas physiquement aux critères de la plupart des gens du coin…Grande et élancée avec des cheveux blonds comme les blés tombant devant des yeux d’un bleu qui ont du en faire chavirer plus d’un, elle était aux antipodes de la femme brune aux yeux noisettes qu’il avait l’habitude de croiser dans les villages du Rohan. Ah non. Le souvenir d’une serveuse non loin d’Edoras qui avait les mêmes cheveux blonds et de magnifiques yeux verts lui revient en mémoire. Il retint le petit rire qui faillit franchir ses lèvres.
« Voila un prénom charmant ! Enchanté également de faire votre connaissance »
lui répondit Aodhán en inclinant la tête en guise de salut. Qui a dit qu’il n’était qu’un goujat ? Non. Il savait se tenir contrairement à d’autres. Enfin en général. Mais ce soir il n’était pas motivé à l’idée de subir ce que l’autre homme avait subit plus tôt. Il vit le rouge empourprer légèrement les joues de la demoiselle devant son sourire avant qu’elle ne se reprenne pour lui demander la raison de son séjour ici et s’il venait de Minas Tirith. Si la boutade a propos des bières gondoriennes lui avait arraché un petit rire sincère, l’évocation de la cité lui crispa l’estomac.
« Pour vous dire franchement je ne pensais pas m’arrêter dans la Capitale mais plutôt m’établir plus loin vers l’Est mais ce satané temps me m’a guère laissé le choix…Ah c’est certain que nos bières n’ont rien à envier aux vôtres ! Malheureusement une fois qu’on a gouté à la bière des Nains ou celle des Hobbits, les nôtres nous semblent tristement fades »
dit il dans un léger rire alors que le barman lui jeta un regard sombre lorsqu’il entendit la critique à propose de sa boisson. Haussant les épaules il continua dans sa lancé
« Oui le Gondor est grand…Pas assez à mon gout mais passons. Je suis bien de la Cité Blanche ! J’y ai passé une grande partie de ma jeunesse avant que la Grande Bibliothèque m’envoie sur les Routes pour faire des cartes et autres fantaisies. »

Qu’il avait bon dos le métier de cartographe. Evidement il n’allait pas lui dire
« Je suis en route pour Pelargir afin de tuer un homme qui menace la sécurité du Gondor pour après partir oublier tout ca dans les bras d’une charmante serveuse d’une des tavernes de la ville ! »
Non…Non seulement elle le prendrait pour un fou, elle risquait aussi d’appeler la garde de la Cité…Non mettre son deuxième emploi en avant était la meilleure solution.
« Mais je profiterais de mon petit séjour imprévu pour revoir de vieux amis. Mon étalon provient d’un petit élevage non loin d’ici…Peut être voir si j’y trouve une nouvelle mouture pour un camarade. »
Il marqua une pause et tendit l’oreille aux ricanements du Meru et de sa joyeuse bande. Encore des remarques comme les précédentes. Il avait de la patience mais celle si avait ses limites et valait mieux pour eux qu’ils ne les franchissent pas. Cachant son agacement grandissant pour un énième sourire il question à son tour la ravissante blonde.
« Et vous ? Que faites vous dans cette charmante ville ? Mis a part martyriser de pauvres types dans les tavernes et discuter avec de parfaites inconnus qui pourraient être de terribles assassins ? »
Son ton ironique s’accompagna d’un regard bleu pleins de malice. C’était pourtant vrai, elle ne savait rien de lui. Lui ne savait rien d’elle non plus mais le problème n’était pas la.

Il termina sa pinte et en commanda une autre avec de quoi grignoter car son ventre criait famine. Il en fit venir une autre pour Aedis si jamais elle en désirait encore sinon il la prendrait pour lui. Etalant quelques pièces sur la table il prit sa nouvelle pinte et la porte à ses lèvres.

« Il n’y a pas à dire…Les Bières des Montagnes Bleues sont bien meilleures… »





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Ven 2 Aoû - 18:27
    Aedis remercia le jeune homme de son compliment avec un sourire. Un prénom charmant ? Oui, sans doute. Aodhán, ce n’était pas mal non plus, très « charmant » aussi, mais retourner un compliment de cette façon faisait un peu réchauffé, aussi tint-elle sa langue.
    A l’évocation du mauvais temps, qui avait bousculé les plans de l’homme du Gondor, la guerrière eut une moue compatissante : ils avaient eu des jours plus brillants. Au moins, il était à l’abri, ici, et trouverait de quoi se loger et se sustenter pour un prix modique… Bon, il fallait bien choisir : entre les coupe-gorges et les lits infestés de puces, il fallait avoir l’œil… Comme partout sans doute, et Aedis se doutait que le voyageur avait l’expérience nécessaire à survivre ans une capitale : il évoqua avec naturel les bières nanesques et hobbits, un naturel qui rendit presque Aedis nostalgique :


      - Je vous crois sur parole… Malheureusement, je n’ai encore jamais eu l’occasion de sortir des frontières du Rohan. J’envie votre connaissance du monde…

    Un jour, elle aussi voyagerait… Pour l’instant, elle se consacrait à sa carrière, et, avec de la chance (ou de la malchance ?), les campagnes futures lui permettraient d’enlever les œillères avec lesquelles elle voyait le monde. Elle rit toutefois avec Aodhán en voyant la tête sombre du barman : le commentaire sur les bières non-humaines n’était pas passé inaperçu, et avait apparemment agacé ce personnage, sans doute très fier de ses bières. « Les meilleurs d’Edoras, voire de toute la Terre du Milieu ! » devait-il clamer à ses amis et à ses nouveaux clients, sans doute trop crédules ou polis pour protester. Il ne fallait pas aller bien loin pour contester cette affirmation : le palais avait embauché les meilleurs brasseurs du Rohan, et pour avoir eu la chance de gouter leur boisson une ou deux fois, Aedis savait que leur qualité n’était plus à prouver.
    Aodhán confirma qu’il venait de Minas Tirith ; c’était donc un citadin, comme elle… Enfin, presque comme elle. Lui était cartographe : un métier fort utile aux yeux du soldat qui sommeillait au fond de l’esprit de la demoiselle.


      - Vous devez avoir vu encore plus de choses que je ne me l’imaginais…

    Aedis acquiesça : le nombre d’élevages dans les environs était si important qu’Aodhán pouvait repartir dans toutes les directions. Le Rohan était connu pour sa cavalerie, et ses élevages chevalins en général. Peut-être ici n’y avait-il pas la meilleure des bières de la Terre du Milieu, mais les meilleurs chevaux venaient de son pays ! La semi en regrettait presque de n’être que de la vulgaire piétaille, au milieu de la fière cavalerie qui représentait le plus souvent les armées rohirrim.
    Ce fut à son tour d’être questionnée. L’épisode des chevaux l’avait rempli d’une fierté sans doute exagérée (elle n’était même pas tout à fait rohirrim… Quoique dans son cœur ce soit le cas), et elle rit à la boutade d’Aodhán et répondit en souriant :


      - Je ne fais ça que les veilles de pleine lune, rassurez-vous. C’était la semaine dernière ? Zut, je suis démasquée ! Elle reprit après une courte pause : Ces « pauvres types » ne sont pas méchants, je le sais bien, mais leur apprendre le respect de la gente féminine dénoue toujours mes nerfs. D’ailleurs, si vous étiez un assassin, je pense avoir les moyens de vous arrêter : j’ai fait de la guerre mon métier. Je fais partie de l’Infanterie rohirrim…

    Et sans vouloir vous vexer, je serais capable de vous battre, voyageur. Mais ça, ça ne se dit pas, malheureusement.
    Les pintes arrivèrent, et Aedis prit la sienne avec entrain, en se promettant de payer la tournée suivante. Elle but longuement, et sourit en faisant un clin d’œil au barman… Avant de soupirer doucement :


      - Un jour, j’irais goûter ces fameuses bières… Pour l’heure, je me contente de ce que j’ai. D’ailleurs, c’est pour votre métier que vous vous êtes rendus dans les Montagnes Bleues ? Ou simplement par amour de la bière ?
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Lun 5 Aoû - 22:55
Une taverne et une boisson

Pour connaitre le Monde, ca il le connaissait. Depuis dix années qu’il parcourait la Terre du Milieu, il en avait vu des choses et rencontré des gens. Les couchées de Soleil l’hiver sur les Montagnes Bleues, les Etoiles dans le Ciel de la Lorien ou encore le parfum entêtant des champs de Lavande dans l’Ilithien…Les chants des Elfes, les soirées de beuveries des Nains…Il n’avait que rarement rencontré de Hobbits, mis à part a Bree car il évitait au possible la Comté. Il y passait parfois juste pour le paysage, mais jamais il n’avait eu à y aller pour autre chose. La Terre du Milieu était splendide mais c’était ceux qui la peuplait lui donnait parfois la nausée. Elle rit à sa boutade de bon cœur. Un rire franc et agréable à l’oreille, presque communicatif qui l’encouragea à rire a son tour doucement, sous le regard encore noir du tavernier. Qu’il me regarde de travers, je suis ramènerais un petit tonneau de la bière des Montagnes bleues et il comprendra ce que c’est une Vraie Bonne Bière !
Une phrase de la jeune femme lui fit bien rire intérieurement. Elle pourrait l’arrêter qu’elle disait. Ah si elle savait…Mais il était tout de même impressionné par son audace. Faire partie de l’Infanterie Rohirrim était une chance offerte a peu de monde, sans doute ne devait elle pas si mauvaise au maniement des armes. Charmante et Capable de se servir d’armes…Décidément elle avait tout pour plaire. Il ne pu résister, il leva les mains en l’air, les bras légèrement pliées
« Je suis fais comme un rat ! J’avoue tout ! Allez y arrêtez moi ! »
Dit il en reposant finalement la pinte et joignant les poignets comme s’ils étaient liées, lui faisant un regard de chien battu du gamin prit en train de faire une bêtise avant de rire
 «  Désolé… Mais c’est vrai que je préférais me faire enfermer par vous que par un molosse bourru à qui je ne pourrais pas faire mon numéro de charme ! »

Mais son métier ne devait pas être des plus faciles. Encore plus pour une femme. Son ‘autre occupation’ lui avait valu un entrainement intensif et des plus difficiles, celui de l’Infanterie ne devait pas être de tout repos non plus. Elle avait du mérité…Beaucoup de mérite. Aedis continua en disant qu’elle aussi ira un jour gouter la Bière de Nain. C’était tout le mal que pouvait lui souhaiter Aodhán. Son séjour ne c’était peu être pas bien terminé, mais il avait rencontré un peuple extraordinaire qu’il admirait et respectait.

« J’espère que vous irez un jour ! Si vous avez besoin d’un guide appelez moi, je vous ferais visiter avec le plus grand plaisir…Enfin si vous y allez seule…Pas avec vos potes de l’Infanterie. Si c’est pour botter les fesses des Nains pour n’importe quelles raison je me verrais dans l’obligation de me mettre le leurs coté ! »
Précisa t’il avec une pointe d’humour. C’était certain que si le Rohan – ne sait on jamais tout pouvait arriver- devait un jour se battre contre le peuple nain, Aodhán n’hésiterait pas. Encore Hommes et Nains sont choix était vite fait. Puis elle posa la question qui fâche : la raison de sa présence là bas. Parce que je devais exécuter un nain qui représentait une menace pour je-ne-sais-qui et dont on m’a refilé le cas ? Non il ne pouvait bien évidement dire ca…
« Ca va peut être vous paraitre bizarre mais j’y suis allé pour…Forger ! »
Il marque un temps de pose histoire boire les dernières gorgées de sa pinte et la poussa plus loin.
 « Je suis du genre touche à tout, et sur un coup de tête je suis parti me passer un an la bas. J’avoue j’ai passé plus de temps dans une Taverne avec des potes nains qu’a battre le fer ! »
Il se passa la main derrière la nuque. Il n’aimait pas vraiment parler de son séjour là bas…Ce n’était il y a pas si longtemps et un peu trop frais dans sa mémoire. Une idée lui vint soudain. Il tata ses poches avant de trouver ce qu’il cherchait. Un petit carnet, aux pages jaunit et cornées, un peu malmener : son carnet de croquis. En temps que cartographe il se devait de dessiner parfaitement, et son outil de prédilection était de fusain. Des qu’il avait un moment, il dessinait. Des Visages, des scènes du quotidien, des paysages…Ce carnet contenait presque cinq années de souvenirs.
« Je ne peux pas vous amenez dans les Montagnes, mais je peux vous apporter un peu de la Terre du Milieu »
lui dit il en posant le carnet sur le comptoir et en le faisant glisser vers elle.
«  Ce n’est pas grand-chose, des croquis vite fait mais c’est toujours mieux que de rien avoir … »


Le Barman apporta enfin de quoi grignoter : des fruits secs. Pas folichon mais c’était toujours ca à se mettre dans l’estomac avant que celui-ci ne hurle famine. Avalant quelques amandes et grains de raisons, il osa poser la question qui lui trottait en tête depuis un petit moment.
« Pardonnez ma curiosité mais…Mais qu’est ce qui vous a poussez à intégrer l’Infanterie ? Ce n’est pas un métier facile, surtout pour une femme…J’avoue n’avoir jamais compris ceux qui s’engageaient dans l’armée… »

Ce n’était pas tout à fait faux. Il comprenait l’engagement des certains à protéger leur patrie au péril de leur vie, lui-même le faisait pour amour du Gondor…Mais il voyait l’activité des Hommes de l’Ombre comme quelque chose de différent. Pourquoi apprendre à se battre pour mourir stupidement sur un champ de bataille ? Ce ne devait pas être pour la reconnaissance, la moitié des habitant d’une région ne connaissait même pas le nom du général des Armes qui les protégeaient…Alors pourquoi…Il voulait comprendre.


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Jeu 22 Aoû - 0:38
    Aedis leva un sourcil narquois. En riant, elle secoua la tête et s’apprêta à demander quel meurtre exactement il avouait, mais elle fut interrompu par son retour à un relatif sérieux. Elle faillit préciser que dans la logique des choses, son rôle n’était pas exactement d’arrêter qui que ce soit, bien qu’elle en eu les droits : c’était le boulot des gardes. Elle était plutôt du genre longues patrouilles dans le pays en attendant une attaque orsine ou autre. Rien de réellement passionnant, sauf si on était en plein dedans ; là, c’était le pied.
    En entendant la dernière boutade d’Aodhan, Aedis éclata de rire et nia de bloc :


      - C’est souvent le contraire, détrompez-vous. Je suis obligée souvent d’être plus dure, pour me faire entendre… Vous n’aurez pas de traitement de faveur, aussi sexy soyez-vous.

    Aedis rougit à nouveau en baissant les yeux. Mh, elle n’était pas sûre d’avoir voulu dire ça. Ils enchainèrent sur la bière, et la demoiselle eut à nouveau l’occasion de pouffer. Cet étranger était un vrai plaisantant, même si elle sentait qu’il était déjà à moitié sérieux en parlant de se ranger aux côtés des nains. Ceci dit, c’était les mots d’un guerrier, pas vraiment d’un simple cartographe. Aedis faillit le remarquer, puis elle se rendit tout bêtement compte qu’un type voyageant le plus clair de son temps se devait d’avoir quelques notions de défense élémentaire, voire plus s’il se débrouillait bien. Nombre de paysans savaient par ailleurs très bien défendre leurs terres eux-mêmes, parfois pourtant armés de bric et de broc. Les nains, eux, elle en était quasiment sûre (enfin, elle tenait cela de racontars divers) n’auraient nul besoin d’aide pour se défendre. Les maîtres des forges savaient se servir de leurs créations pour tabasser ceux s’approchant trop de leurs trésors. Et puis, de toute façon, pourquoi guerroyer avec ce peuple ? Il n’y avait pas de réelle querelle avec les mineurs ; juste quelques taquineries qui jamais ne dégénèreraient en guerre. Un peu comme le Rohan et le Gondor, de bons alliés qui parfois avaient droit à des incidents diplomatiques, réglés par les dirigeants autour d’un dîner : il était stupide de croire qu’un jour une guerre puisse seulement gronder entre les deux pays.
    Aodhan lui tendit son carnet à dessins, rempli selon lui de « croquis vite faits ». En ouvrant, Aedis laissa échapper un sifflement admiratif : pour elle qui n’avait aucun talent artistique, c’était l’une des choses les plus impressionnantes qu’elle ait vu ces derniers temps. Observant tour à tour un paysage de montagnes enneigées, puis un champ cultivé par trois hommes ayant visiblement un lien de parenté, en passant par les différents portraits d’inconnus, elle se mit à rêvasser de voyages. Le monde était si vaste, et le Rohan si petit… Elle continuait à observer ces dessins les uns après les autres en piochant distraitement dans les fruits sec (et en faisant attention à ne rien salir) quand le jeune homme lui posa la question qui fâche. Euh, non, la question qui fâche avait plutôt un lien avec « dit, c’est quand la dernière fois que tu as eu tes menstrues ? » ou « c’était quand ta dernière partie de jambes en l’air ? ». Mais passons.
    Elle réfléchit quelques secondes après avoir ôter les yeux du carnet, et répondit d’une voix douce :


      - Je ne me voile pas la face, je ne fais pas ça uniquement pour mon pays, même si c’est une part importante de ma motivation. Mais j’avoue que cette voix était presque une évidence pour moi : j’ai été éduquée pour être forte… Et quelle meilleure manière de le montrer que de guerroyer aux côtés des meilleurs hommes du Rohan ? Le métier n’a pas été plus difficile pour moi que pour un homme, si l’on excepte les préjugés. Ce sont eux qui empêchent de s’élever au même rang que le « sexe fort ». Non seulement je devais tenir la distance, mais je devais être meilleure, car c’est ce qu’on attendait de moi. Que je prouve mes qualités.

    Aedis haussa les épaules, consciente de ne pas avoir répondu à la question initiale. Elle n’avait pas de réponse toute faite. Son père l’avait entraîné, elle avait toujours été garçon manquait… Et par les Dieux…

      - Qu’est-ce que j’aime me battre…

    Elle avait seulement murmuré ces mots, ayant à peine conscience qu’elle les avait prononcé. Aodhan l’avait-il entendu ? Elle n’en savait rien. Et, reprenant un visage souriant, elle continua :

      - Et vous, qu’est-ce qui a fait de vous un cartographe ? La vocation, le voyage, votre don pour le dessin ou… Autre chose ?

    Dans autre chose, si on était mercenaire ou troubadour, rentraient les femmes, les conquêtes. Si on était commerçant ou avocat, l’argent. Mais chez un cartographe, qu’est ce que c’était ?

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Mar 3 Sep - 17:25
Une taverne et une boisson
Etre une femme dans un métier qui était presque exclusivement masculin ne devait pas être chose aisé. Si encore ils n’y avaient que les railleries plus ou moins méchantes à cause de l’éternelle guerre entre le sexe fort et le sexe faible, cela ne serait pas trop dur à supporter pour une personne ayant suffisamment de caractère et de cervelle pour passer outre ces remarques. Mais malheureusement parfois ils allaient bien plus loin que ça : humiliation morale ou physique, coup foireux…La protection de son orgueil conduisait souvent un homme à faire de bien mauvaises choses. Aodhán ne doutait guère qu’elle parvienne a ce faire entendre de ses collègues après la jolie démonstration de toute à l’heure. Par contre il retint un sourire quand elle affirma qu’il n’aurait pas le droit à un traitement de faveur malgré son charme. Il ne parierait pas là dessus, la preuve elle rougit de nouveau et détourna le regard. Sans rien faire de spéciale, juste avec des sourires simples et une certaine mise en confiance il arrivait presque à lui faire perdre ses moyens…

Il grignota pensivement en la regardant parcourir son carnet de dessins. Croquis faits au fusain ou a l’encre se dévoilaient a chaque page, offrant scènes de vies diverses, portraits de personnes qu’Aodhán avait croisé sur sa route – était il important de préciser qu’une bonne partie de ces visages revenaient le hanter la nuit ? Visages couchés sur papier de personnes qu’il avait couché en terre – des paysages qu’il avait traversé, parfois quelques annotation en langue des Hommes ou quelques mots en Khuzdul – la langue des Nains- bref rien d’extraordinaire a ses yeux. Si elle s’émerveillait de quelques brouillons comme ceux là, alors que dirait-elle si Aodhán lui montrait une carte faite entièrement de ses mains sur un parchemin grand comme la table ? Il remarqua qu’elle laissa passer quelques secondes avant de répondre à sa question, le laissant boire une autre gorgée et écouter sa réponse.
Ce fut un magnifique plaidoyer …Non cela aurait pu faire un magnifique plaidoyer si elle n’avait pas tourné autour du pot comme elle venait de la faire. Si ce n’était pas pour son pays qu’elle s’était engagée, Aodhán ne voyait pas qu’elle autre raison elle avait pu avoir. Eduqué pour être forte ? Aodhán lui avait été éduqué pour bien des choses dans sa jeunesse mais certainement pas pour parcourir la Terre du Milieu à la solde d’une Société Secrète. Quand elle eu fini voila ce qu’Aodhán se dit : Elle s’est engagée car elle a besoin de prouver quelque chose. Prouver quoi ? A qui ? Ca il ne le savait pas et ca ne le regardant aucunement, d’ailleurs il pouvait bien se tromper sur toute la ligne. Puis elle souffla une phrase, comme un aveu a elle-même, a peine murmuré. Il aurait pu ne pas l’entendre avec tout le bouquant de la Taverne, mais ces mots étaient parvenu a ses oreilles et il ne pu s’empêcher de lever un sourcil étonné. Elle enchaina sur une question à son tour. Outch apparemment elle aussi savait mettre le doigt sur les sujets sensibles.

« Si j’avais eu une pièce a chaque fois que l’on m’a posé cette question, je pense qu’actuellement je serais dans une superbe maison de Dol Amorth en charmantes compagnie »
dit-il en se passant la main une nouvelle fois derrière la nuque. Il n’avait pas vraiment envie de répondre mais après tout pourquoi pas ? Elle avait répondu à la sienne, il devait lui rendre la politesse. Son regard se portant sur sa pinte alors qu’il recommença a parlé
«  Ce n’est certainement pas une vocation, mes parents avaient d’autres idées en tête a mon égard je pense. »
Finalement il reporta ses yeux azur sur la jeune femme.
« Chez nous, l’ainé se devait de devenir Ambassadeur du Gondor, comme l’avait été notre Père. Le plus jeune – moi – devait juste apprendre à se tenir, trouver une femme et tenir les comptes de l’ainé. »
Il bu une gorgé de bière et patienta quelques seconde. Maintenant qu’il était lancé autant tout dire.
«  Ce fut ma mère qui me transmit sa passion pour le dessin, étant elle-même cartographe, elle m’apprit les rudiments. Et comme j’étais un piètre élève au jeu du Tu reste sage, tu souris et ferme la, mon Père m’a laissé le choix : L’Infanterie ou La Bibliothèque. Etant plus doué à escaladé la tourelle de la Garde qu’au Combat  ce fut plus une chose imposé qu’un choix. »
Aodhán termina sa pinte et en recommanda une autre à la suite. Son quota n’était pas encore dépassé et temps qu’il se sentait mettre de ses gestes et de ses paroles il n’avait pas arrêté. Ce qu’il venait de dire n’était – une fois de plus- pas la stricte vérité. Le début était vrai mais après il avait menti sur ses piètres talent au combat. Il n’était pas excellent mais se débrouillait passablement. Ce fut plus la découverte de sa Mémoire Absolue et l’insistance de sa mère qui l’avait conduit à faire un pas dans le métier. Allait il dire que par la suite sa mère était décédée et qu’il avait préférer partir de chez lui a douze ans pour les Hommes de l’Ombre ? Faire le souffre douleur et apprendre à se battre jusqu'à 16 ans avant de réellement commencer l’entrainement d’assassin ? Non évidement que non !
« Ca m’a prit des années et des années avant de vraiment comprendre tout l’intérêt de se métier. Au départ il n’y avait rien de passionnant : apprendre toute l’histoire de la Terre du Milieu et compagnie, quand on a douze ans on s’en fiche un peu…J’ai eu le déclic quand je suis enfin partie de Minas Tirith il y a quelques années. Là j’ai compris que j’avais ca dans le sang. Et je ne suis jamais rentré. »

Faux. Il était rentré a 18 ans, d’ailleurs il avait apprit ce jour là qu’il été fiancé et que le mariage ne devait pas tarder. Son Père ne savait alors pas encore ce qu’était devenu le plus jeune de ses fils. Ce fut la dernière fois qu’il revint dans la cité blanche. Et aujourd’hui c’était la première fois qu’il se rapprochait autant du Royaume du Gondor…

Sa nouvelle pinte arriva et il soupira.
« Et puis ce serait mentir de que dire je n’aime pas voyager ! Parait que ca a son charme quand on dit a une femme qu’on voyage en solitaire dans des contrées dangereuses avec pour seul compagnon son cheval et son carnet… »
Il ria doucement. Ca par contre c’était vrai. Il n’allait pas renier ses nombreuses conquêtes et contrairement aux ivrognes dans ce genre de Taverne, il savait un peu mieux s’y prendre avec la gente féminine.
« Je vous propose un truc : vous gardez mon carnet et vous me le rendrez la prochaine fois qu’on se croise…Mais attention ! Pas au Rohan ! Ca vous donnera peut être une excuse pour quitter le Pays des Chevaux pour voir si l’herbe est pas plus verte de l’autre coté de la Terre du Milieu ! »

Il lui aurait bien posé d’autres questions sur son Engagement envers le Rohan mais il ne voulait pas se montrer trop insistant et puis quelque chose derrière lui attira son attention. Le ton montait apparemment entre les camarades du Meru et ils étaient à deux doigts de se foutre sur la gueule. Une histoire de tricherie sans doute, ou du moins c’est ce qu’Aodhán pensait. Il se pencha vers Aedis et lui chuchota à l’oreille.
«  S’ils se battent je parie tout ce que vous voulez que le Meru sera le dernière a terre et que le premier sera celui avec la pipe entre les dents »
Un clin d’œil et il reporta son attention sur ce qui allait sans doute devenir l’attraction de la soirée.


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Mer 11 Sep - 16:33
    Aedis sourit, mais baissa les yeux, un peu gênée. Oui, elle ne devait pas avoir été la seule à poser la question de la raison de son travail à Aodhan ; néanmoins, qu'il réagisse ainsi était la preuve que c'était un sujet qui sinon tabou, n'était pas celui qu'il préférait. La demoiselle aurait pu laisser couler : après tout, ce n'était pas parce qu'elle-même avait répondu à la question quant à son engagement qu'il devait en faire de même. Avec un sourire malicieux, elle se reprit tout de même, et lâcha quelques mots avant qu'il ne réponde vraiment à la question :

      - Espérons que quelqu'un vous annonce que c'est le cas ! Je serais heureuse dans ce cas d'avoir participé à votre richesse.

    Malgré cette coupure, Aedis voyait bien qu'il n'était pas ravi de répondre à la question. Ses yeux se déportèrent sur le comptoir, et sa choppe plus particulièrement. Elle regretta d'avoir rendu la balle à son nouveau compagnon de boisson, et s'apprêtait à lui préciser qu'il était loin d'être obligé de répondre, mais il prit finalement la parole, prononçant quelques mots avant de reporter son attention sur la guerrière. Pas une vocation ? On ne pouvait pas tout demander. Cependant, quand il enchaîna sur une explication plus poussée, Aedis ne put s'empêcher de lâcher un léger sifflement. Le fils d'un ambassadeur du Gondor ? Était-ce celui qui logeait en Rohan ? La curiosité titillait l'esprit de la jeune femme, mais elle n'osa pas interrompre Aodhan ; et puis, s'il ne lui en parlait pas de lui-même, c'est qu'il n'en avait pas envie. Quant à ce qu'apparemment ses parents lui avaient demandé... Aedis avait déjà jaugé le jeune homme quelques minutes auparavant, et il était certain qu'il n'avait pas l'air d'un fils de bonne famille près à lever le petit doigt : au contraire, il avait plutôt la dégaine d'un gars qui a l'habitude des routes, avec ses vêtements de voyage visiblement utilisés. Et en effet, il ne la détrompa pas ; cependant, quelques choses dans sa dégaine qui lui rappelait certains de ses camarades soldats, parmi les plus agiles, et elle n'était pas sûre que son commentaire quant à ses compétences de combat soit totalement vrai. Enfin, ce n'était pas ses affaires, ils se connaissaient à peine et n'avaient pas de comptes à se rendre. Ce qui était sûr, c'est que le damoiseau avait des problèmes avec sa famille : s'il n'était pas rentré depuis tout ce temps, c'était encore plus grave qu'il ne l'avait avoué. Aedis se rendit compte qu'elle avait de la chance, toutefois, avec sa famille.

      - Vous avez l'air d'un passionné, et vous avez de la chance de faire quelque chose qui vous plait. Je crois que c'est le cas de trop peu de personnes...

    En effet, il ajouta quelques mots sur son amour du voyage, et... De la façon dont ça aidait pour mettre les femmes dans son lit. Bien sûr... Le contraire aurait étonné la guerrière, et elle sourit de manière entendue en se rendant compte qu'elle aussi était sous le charme de ce jeune carthographe ; doucement, elle tournait encore les pages de son cahier, une à une, en observant les visages, les paysages...
    Aodhan lui fit ensuite une proposition qui la surprit fortement. Elle fut tentée d'accepter dès que le dessinateur termina sa phrase, mais hésita quelques secondes :


      - J'aimerais beaucoup que cela puisse se faire, mais je crains que je ne puisse beaucoup voyager dans les prochains temps... Les prochaines années même. Pour tout vous dire, j'ai été gradée il y a peu, et l'on m'a clairement dit que ce n'était pas pour que je réclame du temps libre... Si je dois quitter le Rohan maintenant, ou dans deux ou trois ans même... C'est que quelque chose de grave ce sera passé, quelque chose d'assez grave pour mon pays décide de mettre en branle l'armée...

    Quelque chose la dérida, et changea le cours de leur conversation. Apparemment, le ton montait chez les ivrognes, sans que la demoiselle ne sache pourquoi. Elle se retourna vers le spectacle, comme Aodhan, et décida de ne pas intervenir ; des bagarres de piliers de comptoir, il y en avait tous les soirs dans la ville, ce n'était pas une de plus ou de moins qui allait changer la donne. Les deux antagonistes majeurs, épaulés de leurs comparses bien beurrés, se lançaient des insanités au visage tout en agitant les bras. C'était une situation trop calme pour durer, et celui dont elle ne connaissait pas le nom jeta son poing en avant, cognant le menton de Merù avec une violence très relative : il n'avait plus la poigne assez sûre pour faire quelque dommage que ce soit. Merù grogna et répliqua en attrapant le malotru par le col. Il le souleva de quelques centimètres, l'engueula dans un patois trop rapide et aviné pour qu'elle ne puisse comprendre. Visiblement, la réponse qu'il obtint ne lui fit pas plaisir, puis qu'il secoua l'homme quelques secondes, avant de lui aussi lui donner une baffe. Et c'était parti : les deux finirent même par se jeter au sol pour se battre comme des chiffonnières... Et Aedis décida qu'il était temps de stopper tout ça... Enfin, après qu'elle eut terminer sa bière. Elle vida sa pinte, en commanda une autre et se leva pendant le service. Visiblement, un des deux hommes était complètement sonné ; l'autre ne s'en était pas vraiment rendu compte et personne ne comptait l'arrêter. Attrapant Merù par la nuque, elle le tira en arrière. Surpris, il tenta de frapper l'enquiquineur, mais Aedis s'y attendait et parvint à esquiver le coup :

      - Si je puis me permettre, je crois que vous avez gagné. Arrêtez-vous là. Se tournant vers la foule : Si quelqu'un connait la femme, ou la famille en général de celui-ci, ce serait charitable d'aller la chercher.

    Elle retourna s'asseoir nonchalamment, et demanda au barman encore une autre pinte. Elle la fit glisser jusqu'à Aodhan et eut un grand sourire:

      - En effet, vous avez gagné !
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