Here we go...Again {ft. Aodhán Delwyn}

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Sam 28 Déc - 12:27



“Here we go...Again” - ft. Aodhán
Delwyn



Minas Tirith. Ses tours, ses remparts, ses pierres millénaires s'étalant sous le ciel hivernal. Mais la cité blanche c'étaient aussi quelques secrets bien gardés, à l'abri de la lumière du jour, au coeur des souterrains, bien au delà de son premier cercle. Les Gondoriens se désintéressaient de ce qui se tramait au sein de leur cité, loin des manigances et des intrigues politiques. S'il en était une que ça n'intéressait également pas, c'était bien Indira qui avait d'autres chats à fouetter. Jetant un oeil par dessus son épaule, l'éclaireuse tira un peu plus sur la pièce de tissu qui lui recouvrait les cheveux avant de s'engager dans la ruelle. C'était dérisoire mais ça devrait suffire pour l'instant. Après sa petite mésaventure avec ce fichu apothicaire, la moitié de la cité semblait s'être mise en tête de lui demander des comptes. Le soucis étant que la liste des gens en droit de venir lui réclamer des choses était bien trop longue à son goût et ne cessait de s'allonger à mesure que montait la rumeur. Filer était encore la meilleure chose qu'elle pouvait faire avant que l'un d'eux n'ai la brillante idée d'aller imiter ce petit rat et de payer des gens pour lui régler son compte.

Un air boudeur ses dessina sur ses traits à cette pensée. Minas Tirith était le seul point d'attache qu'elle eut jamais connu depuis son arrivée en Terre du Milieu et elle ne pourrait pas y retourner avant quelques temps sans prendre le risque de déclencher de nouvelles histoires. Est ce que ça lui faisait quelque chose? Peut être. Elle n'avait jamais eut l'âme d'une sédentaire, sa vie était sur les routes. Mais parfois, quelques fois seulement, la solitude était un poids que vous aviez un peu plus de mal à porter. Et ça ne semblait pas être une si mauvaise idée d'avoir un chez soi où déposer ce fardeau avant de reprendre la route. Comme si la perspective d'un foyer et de personnes à retrouver n'était peut être pas si désagréable que ça finalement. Mais il fallait croire que ça ne serait jamais son cas à elle. Les gens avaient de la mémoire pour se souvenirs de vieilles histoire enterrées par le temps. Et dire que pour une fois ce n'était pas de sa faute. Car Indira ne se faisait pas d'illusion, ses moqueries et son incapacité à se taire lorsqu'il le fallait étaient probablement à l'origine de son don inné pour s'attirer des ennuis. Ca et ses mauvaises plaisanteries. Mais une fois n'était pas coutume, les raisons de son départ précipité étaient parfaitement indépendantes de sa volonté. Et si la moitié de la cité était à sa recherche aujourd'hui, c'est parce qu'un certain jeune homme de sa connaissance s'était montré incapable de se tenir tranquille. Déjà à l'époque elle avait eut un don certain pour choisir ses fréquentations.

Mais bien loin de ce genre de considérations, les quelques âmes isolées gravitant dans les ruelles de la ville ne firent même pas attention à la silhouette solitaire qui parcourait allées et escaliers d'un pas léger, vers une destination connue d'elle seule. La nuit était tombée depuis longtemps sur la cité blanche et ses habitants avaient regagné leur foyer depuis belle lurette. Si vous vous trouviez encore à l'extérieure à cette heure indue, c'est que vous aviez suffisamment de choses à cacher pour ne pas vous préoccuper de ce que pouvait bien faire l'inconnu que vous veniez de croiser au détour d'une ruelle. Ce qui expliquait peut être que l'éclaireuse ait justement choisit ce moment pour préparer sa fuite. Plus que quelques heures. Au fond de ses poches, le parchemin reçut la veille au soir, de la porte de sortie rêvée. Une mission loin au sud, de quoi se faire oublier un peu avant de reprendre la route. L'idée de revoir le désert, même de loin lui laissait une drôle d'impression. Depuis combien de temps n'avait-elle pas voyagé si près de la frontière? Des années. Et même, depuis combien de temps n'était-elle pas revenue au sud? Ses pas l'avaient conduites sur bien des routes, toutes au nord, depuis ce jour, il y a des mois de ça où elle avait pris la décision d'accepter cette mission insensée vers Fornost et les Hauts du Nord. Tout avait découlé de là. C'était le premier événement qui avait bouleversé les choses et Indira ne savait pas encore si elle regrettait de s'être retrouvée mêlée à toutes ces histoires. De spectres, de fantômes, de neige éternelle. Dit comme ça, ça avait l'air de contes pour enfants. Mais pour l'avoir vécu, la jeune femme savait qu'il n'en était rien et elle savait également qu'elle ne pourrait plus retourner à sa petite vie sans avoir enfin compris le fin mot de l'histoire.

Mais avant ça, il lui faudrait regagner son refuge et rassembler ses quelques affaires. Elle prendrait la route aux petites heures du jour. Ca évidemment, c'était à condition qu'aucun événement ne vienne bousculer ses plans. Et il semblerait hélas que ça soit souvent le cas ces temps ci. Aux aguêts, sans arrêt prête à se retourner au moindre grincement, il semblait à Indira qu'elle se montrait exagérément méfiante, tressaillant au plus petit bruit suspect. Mais quel bruit ne l'était pas à cette heure de la nuit? Le moindre grincement vous faisait l'effet de pas, le moindre frolement, celui de vêtements contre la pierre. Se morigénant pour sa paranoïa excessive, la jeune femme pressa le pas. Ce n'était pas le moment de se retourner au moindre changement dans l'air.


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Jeu 9 Jan - 18:16

Here we go...Again





Indira

&

Aodhán



Minas Tirith. Ses hauts remparts blancs où rougeoyaient les derniers rayons d’un été qui arrivait enfin. Ses Sept niveaux concentriques séparés par des murailles percées chacune d’une seule porte. Et lorsque l’on venait à la Cité, c’était la Tour d'Ecthelion, haut dressée à l'intérieur du mur le plus élevé, se détachait, brillante, sur le ciel qui vous accueillait. Bien avant que vos yeux n’aperçoivent les bannières blanches qui flottaient aux grées de la brise matinale et que la sonnerie claire des trompettes d’argent ne parvienne à vos oreilles. Cette Cité, il l’aimait autant qu’il la détestait. Des années durant il l’avait évité, fuyant les souvenirs qu’elle retenait enfermés à l’intérieur des remparts, se contentant de la voir de loin avant de repartir sur les routes. Dix années…Sans doute un peu plus…Et tout était encore vivace dans son esprit…C’est le cœur déchiré qu’il entrant par la Grande Porte de l’Est, luttant contre cette sauvage envie de faire demi tour et laisser son cheval tout le loisir de la destination. Mais fouler du pied ces pavés lui procurait aussi un sentiment étrange, celui que ressentent les personnes qui quittent trop longtemps leur foyer. Etait il soulager de revenir ? Peut être. Tout était confus en lui alors qu’il menait Gondor à travers le dédale de ruelles, ne prêtant pas la moindre attention aux regards qui le fixaient. Il n’était pas un inconnu dans ses murs, et même si une bonne partie de la population ignorait tout de ses sombres actions, il en restait une qui le savait et pour eux, savoir que lui et certains d’entre eux étaient dans la Capitale ne présageait rien de bon…

Son retour soudain ainsi que les récents événements n’échappèrent point à son Père qui du haut du balcon, regardant son plus jeune fils se diriger vers les écuries, suivie de son étalon noir ainsi que trois autres hommes. Lâchant les rênes de Gondor qui se dirigeant bien sagement jusqu'à son box, Aodhán resta a l’entrée des écuries, enlevant son étoffe carmin de son cou pour la nouer autour de sa taille et levant les yeux vers l’Homme qui les scrutait là haut. Un de ses compagnons s’arrêta à sa hauteur, regardant ce qu’Aodhán pouvait bien assassiner ainsi du regard. Non l’Homme derrière la rambarde ne lui était pas inconnu et il savait l’animosité entre ces deux là, mais la phrase d’Aodhán lui arracha un haussement de sourcil surprit avant qu’il ne s’esclaffe. « - Ben moi, je ne sais pas si c’est de naissance ou quoi, mais la vue du bourgeois, ça me fait de l’aérophagie. » avait il dit sans lâcher des yeux son Père. Même cela n’était pas tout à fait vrai…En fait la première partie n’était que pure vérité, il n’aimait pas les manières pompeuses de la Noblesse – bien qu’il en fasse partie- mais cela ne lui procurait guère d’aérophagie bien heureusement. Il jugea que c’était bon signe qu’Aodhán fasse de l’humour dans ce genre de situation au lieu de se laisser ronger par ses démons comme il le faisait bien trop souvent. Lorsqu’il avait prit connaissance du fait qu’il devait chercher Aodhán afin que lui et d’autres membres de la Confrérie rentrent au bercail, il avait faillit confier cette tache a un autre. Et comme il s’y était attendu, faire rentrer dans le crane du jeune Delwyn qu’il devait remettre les pieds dans la Cité Blanche sans faire d’histoire et pour une durée qui n’était pas encore déterminée , s’avéra une tache des plus ardue. Comment obliger un homme, qui depuis dix ans fuyait littéralement sa Cité, a y remettre les pieds sans histoires ? Alors oui la discutions entre eux fut houleuse. Oui le ton monta bien plus d’une fois…Et puis un matin, alors qu’il remettait une nouvelle fois ce sujet sur le tapis, Aodhán avait répondu d’un air boudeur « Moi, je m'en fous, si on me force à y retourner, je retiens ma respiration jusqu'à ce qu'on arrête de me forcer à y retourner. » Qu’est ce qui lui avait fait changé d’avis -car oui mine de rien, sous son air de sale gamin, Aodhán venait de dire qu’il acceptait de rentrer avec eux - , ca il n’en savait rien, mais il avait l’air soudainement pressé de rentrer. Et un Aodhán pressé de faire quelque chose, cela n’augurait rien de bon. Alors oui, l’entendre faire un peu d’humour – même si cela n’avait jamais été son style – rassurait un tant soit peu son collègue.

Mais avant de penser à sillonner la cité à sa recherche, lui et ses compagnons allaient prendre du bon temps au frais du Roi, profité des Auberges et des divers plaisirs que l’on pouvait y trouver. Et ce fut dans une des Auberges les plus fréquentés de la Cité qu’ils décidèrent de passer la première partie de la Soirée. Alors non ce n’était pas une de ces Auberges de Grands Passages où l’on vous proposait deux tranches de pains aux raisins rassis depuis des jours, le bol de fromage blanc pas si frais avec des biscottes et où l’on essayait presque la vaisselle avec la serpillère. C’était plutôt un où la Noblesse de Minas Tirith venait prendre du bon temps. Ici tout se savait mais rien n’en franchissait la porte, on y buvait d’excellent vins et les meilleurs bières de la Région ainsi que des environs…La nourriture aussi semblait d’un autre ordre alors qu’il ne s’agissait pourtant que de Blanc de poulet aux agrumes – du pamplemousse de l’Anfalas peut être ? - , de rillettes de poissons – peut être du Cabillaud venant de Dol Amroth - , de quiches sans oublier les madeleines bien fondante...Aodhán allait rarement dans cet endroit, bien trop pompeux a son gout mais au moins ils mangeraient tous a leur faim et trouveraient ici l’herbe a pipe que certains d’entre eux fumait….Un début de soirée des plus banal où ils remplirent leurs estomacs avant de prendre la direction des cercles inferieurs, là où les auberges étaient certes moins luxueuse mais où l’ambiance n’avait pas son pareil. Là commença vraiment leur soirée. Rare étaient les fois où ils pouvaient se retrouver et avoir l’occasion d’oublier ce qui les unissait, pouvoir profiter simplement d’une bonne bière et de la charmante compagnie des serveuses. Alors oui ce soir là, la bière coula a flot, jusqu’a ce qu’ils ne tiennent presque plus sur leurs jambes, trainant un peu la patte a chaque fois qu’ils décidaient de changer de lieux.

Quelques heures avant que les premières lueurs du jour ne viennent frappés la Tour d'Ecthelion, Aodhán et ses compagnons s’attardaient aux balcons en bois de la dernière auberge de la nuit, cuvant le vin et la bière qu’ils avaient si goulument descendu, fumant les dernières feuilles qu’il restait…Dire qu’ils étaient complètement saoulent serait mentir mais ils avaient dépassés le stade où ils étaient simplement joyeux. Le dos contre la poutre en granit qui soutenait le balcon du dessus et assit sur la rambarde, Aodhán bu la dernière gorgée de bière qui lui restait, sentant lentement venir cette migraine qui s’annonçait. Ses compagnons riaient sur un sujet qui d’ordinaire sensible au du moins sur lequel ils discutaient que très rarement : les missions qu’ils effectuaient. Pour Aodhán, la dernière n’était pas si vielle et il l’avait partagé avec l’un deux, qui d’ailleurs imitait très bien le pauvre vieillard qu’ils avaient interrogé, se courbant et s’agitant de tremblement exagérés. Lui, il ne préférait même regarder et avait cessé de parler des que ce sujet là avait été mis sur le tapis. Il avait bien assez de ces nuits où ces scènes revenaient le hanter pour ne pas en parler alors qu’il prenait du bon temps…Son regard se perdit sur la ruelle en bas, essayant vainement de faire dériver son esprit et ne plus entendre les fausses jérémiades derrière lui. Et cette silhouette l’y aida. C’était une impression étrange de déjà vu qui fit qu’il se concentra sur elle plus que sur les autres âmes qui divaguaient sur les pavés. Oui il connaissait cette façon de marché, cette manière de tenir le haut de la cape fermée. Pourtant, le nom lui échappait encore, la vapeur de l’alcool n’aidant en rien sa mémoire.

Une main sur son épaule le fit revenir à la réalité alors que la voix de son collègue lui demandait ce qu’avait dit le vieux lorsqu’ils l’avaient interrogé. Sans même détourner le regard de la silhouette qui disparaissait à l’angle de la rue il récita d’un ton morne ce qu’il voulait savoir « Y a un truc, quand même, qu'il faut que vous compreniez bien les gars... Si vous voulez, moi, à la base... J'suis une balance... C'est le postulat de départ, on a devant soi, une balance. Donc une personne, si vous voulez, qu'on n'a pas besoin de cogner puisque, elle vient, elle-même, délivrer l'information, sans que vous ayez même à la demander. Parce que non, pourquoi j'vous dis ça ? Puisque... on est quand même à une heure et demie de marrons dans la gueule là... Et si j'vous dis que je ne sais rien, c'est que je pense qu'effectivement... je n'sais rien... » Il termina à peine de dire mot pour mot les paroles du paysan que déjà ils éclataient de rire. Bon sang que la boisson pouvait rendre les hommes stupides. Aodhán lui, semblait avoir oublié sa migraine latente ou l’agréable sensation d’engourdissement que cela produisait. Son esprit était tourné vers cette silhouette familière…Se levant, il fit mine de partir quand on le rattrapa par la nuque. Bien évidement qu’ils n’allaient pas le laisser partir ainsi « Alors mon gars, tu compte aller où hein ? » « Oh j’suis certain qu’il va voir la blondinette qui lui faisait d’l’œil tantôt ! » « C’ça ? Si c’est ca j’viens avec toi ! » Le dernier qui avait dit ca ne s’était pas encore levé de sa chaise qu’Aodhán le fit asseoir en posant lourdement sa main sur son épaule. Se posant à la place libre a coté, il s’accouda à la table en le regardant, un sourire narquois étirant ses lèvres. « Ecoute Hesiod, tu me laisse tâter le terrain avec la serveuse et si c’est un bon morceau, juré je te la laisse » dit il, le regardant acquiescer et étirer ses lèvres en un sourire pleins de sous entendu. Mais avant qu’il n’ouvre la bouche, Aodhán continue « A une condition mon gars, que devant la porte de la chambre t’arrive à dire ceci sans te louper : Chez les Papous, il y a des Papous papas et des Papous pas papas. Il y a des poux chez les Papous, et il y a donc des Papous papas à poux, des Papous papas pas à poux, des Papous pas papas à poux et des papous pas papas pas à poux. Mais parmi les poux, il y a les poux papas et les poux pas papas. Il y a donc des Papous papas à poux papas, des Papous papas à poux pas papas, des Papous papas pas à poux, des Papous pas papas à poux papas, des Papous pas papas à poux pas papas et des Papous pas papas pas à poux… » Pourquoi il avait sorti une phrase aussi stupide ? Il n’en avait pas la moindre idée mais au moins il savait que cela allait le faire cogité, lui et les autres, un bon moment « Donc pendant que tu cogite, moi je vais voir la petite blonde ! » lui dit-il en lui tapant l’épaule et se levant pour finalement prendre la porte.

Il n’y avait ni blonde, il partie de jambes en l’air prévu pour Aodhán a ce moment là alors qu’il s’activait a retrouver la trace de la silhouette qu’il avait aperçut du balcon. Et cela ne prit pas très longtemps car les ruelles de la cité n’avaient plus de secrets pour lui et il savait où trouver un croisement pour reprendre celle qu’elle avait emprunté. Il ne s’était pas trompé en prenant une ruelle annexe lorsqu’il reconnu devant lui la démarche particulière de sa cible. Restant assez loin, prenant parfois un autre chemin, il prit bien son temps pour que sa mémoire retrouve parmi tous ses souvenirs celui qui allait lui permettre de reconnaitre la personne qui se cachait sous cette cape. Aodhán se permit même de prendre de l’avance sur elle, se dissimulant dans les ténèbres pour la regarder passer sans être vu. C’est la qu’il la reconnu. Cet air bravache et insolant le ramena des mois en arrières, dans le froid et la tempête, sur les traces de sombres fantômes et autres cauchemars. Elle. Que faisait-elle ici ? N’était ce pas un beau hasard qu’ils se retrouvent dans la Ville où tout avait commencé ? Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres d’Aodhán alors qu’elle passait une seconde fois devant lui. Discrètement il sortie de la ruelle qui l’abritait et marcha jusqu'à sa hauteur, dans un silence a peine troublé par le bruit des étoffes « Dois je prévenir les Gardes de la Cité au cas où vous auriez amenez avec vous quelques fantômes ? » Dit-il presque à son oreille avant de stopper le pas et voir sa réaction. Oh il l’imaginait bien, s’enflammer comme elle savait si bien le faire et peut être plus. Il aurait très bien pu la laisser en paix, se contenter de la suivre par simple curiosité s’il n’y avait pas un certain passif entre eux. Le souvenir de Fornost n’était que trop présent dans son esprit et ils avaient de vieux comptes à régler que la neige et les Ombres avaient contrariés.

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Dim 19 Jan - 5:26


“Here we go...Again” - ft. Aodhán
Delwyn



Lorsqu'elle repéra le mouvement par dessus son épaule il était trop tard. Bien trop tard. Et Indira n'eut même pas le temps de réagir qu'une voix moqueuse résonnait à son oreille. Une voix qui lui revint immédiatement en mémoire pour l'avoir entendue il n'y a pas si longtemps de ça. Quelques mois, c'était peut être peu mais il lui semblait que ce voyage vers Fornost avait eut lieu il y avait une éternité de ça. Pas assez pour se faire oublier de lui apparemment? La jeune femme s'épargna de justesse le ridicule d'une réaction de surprise exagérée, se retournant vivement dans une exclamation étouffée qui vint mourir sur ses lèvres. Figée sur place tel une coupable prise en flagrant délit, elle l'observa de longues secondes, interdite. Quel hasard l'avait placé sur sa route? Quelque part loin d'ici, un dieu farceur devait savourer sa petite plaisanterie mais Indira était loin de trouver ça très drôle.

Minas Tirith, c'était le début de l'histoire, l'origine de tout. C'était presque trop ironique et ça lui rappelait trop de choses. Plus facile d'ignorer ce que l'on n'avait pas envie de voir, des milliers de lieux plus au nord. Ici, tout lui rappelait cette époque, depuis les rues pavées jusqu'aux lieux qu'elle avait fréquenté. Sans oublier ce regard hilare, fixé sur elle, sa teinte si familière et cette expression moqueuse qui lui collait toujours des envies de meurtre. Presque autant que ce qu'elle avait ressenti ce matin là. Les images s'étaient un peu morcelées avec le temps et elle ne ressentait plus qu'une sorte de colère confuse. Comme lorsqu'on se demandait bien pourquoi on avait réagit comme ça, sans pour autant que les raisons ne nous semblent évidentes. Quant à ce qui s'était passé avant, c'était encore plus confus. Beaucoup d'ombres, des formes qui se dessinaient à la lueur des flammes, une étrange impression d'inédit. Mais l'image s'en trouvait gâchée, bien des heures plus tard, par un regard interrogateur et une phrase assassine. C'était peut être un peu exagéré, ou pas. Si l'on considérait cette fâcheuse tendance qu'il avait à toujours jouer le registre de la provocation avec elle. Rien que sa petite entrée en matière annonçait déjà la couleur. Une discrète expression de scepticisme vexé se traça sur son visage alors qu'elle prenait le temps de le détailler plus longuement, quittant l'abri de sa capuche pour apparaître au grand jour.

- Pourquoi donc? Railla-t-elle, auriez vous peur d'un spectre?

C'était bassement provocateur et si elle ne s'était pas sentie un peu vexée d'avoir été ainsi surprise, elle n'aurait probablement pas prononcé ces mots. Mais la répartie était facile, presque trop. Après tout, elle aussi n'avait pas fait la maligne à Fornost, trop inquiétée par toutes ces étrangetés pour fanfaronner. Mais tout plutôt que d'avouer que se retrouver nez à nez avec ces ombres avait sérieusement entaché son scepticisme sur le sujet. Il n'était certainement pas obligé de le savoir, même s'il y avait fort à parier que son inquiétude de l'époque avait été aussi visible que son malaise à lui. Rien de tel qu'un peu d'étrangeté, l'obscurité aidant, pour réveiller vos vieilles peurs. Mais la forteresse était bien loin et ses fantômes encore plus. Et il était tellement facile d'en rire une fois le danger passé. Comme si sa peur du moment avait été plus dérisoire qu'autre chose. Indira avait la mémoire vraiment très sélective.

- Mais ça serait plutôt à moi de vous poser des questions, enchaîna-t-elle vivement, suivriez-vous ma trace? Vous manquerais-je à ce point?

Pas besoin d'avoir une réponse pour savoir à l'avance que celle ci serait négative mais la jeune femme n'avait pas put résister à une petite raillerie sur le sujet. C'était presque comme une mécanique bien rodée où la moquerie entre eux aurait pris la place d'un bonjour mais ça n'empêchait pas qu'elle avait plutôt envie de s'en débarrasser les trois quarts du temps. Surtout maintenant. Tout du moins, s'en éloigner le plus loin possible lui aurait déjà largement suffit. Non pas qu'elle le craigne tout particulièrement mais les circonstances de leur dernière rencontre avaient été largement moins bons enfants et s'il venait à savoir comment ça s'était conclut, elle risquait de s'attirer quelques autres ennuis. Après tout, il s'était montré largement plus menaçant lors de leur mésaventure aux champs d'Iris. Prêt à tout pour récupérer son bien. Mais c'était après Aiden qu'il en avait à l'époque, elle n'avait été qu'un détail dans l'affaire. Mais devant son air hilare et son expression ravie, la jeune femme en conclut qu'il n'était pas au courant des tenants et aboutissants de l'histoire. Et elle se garderait bien de lui préciser que sa précieuse dague n'était plus en possession du fautif depuis longtemps. Il valait mieux pour elle qu'il ne le sache pas.

- Faites attention, ajouta-t-elle, je vais finir par penser que ma présence ne vous importune pas autant que ça.

L'air nonchalant, Indira tentait de noyer le poisson, ne montrant pas que sa présence la mettait légèrement mal à l'aise alors qu'il la détaillait de sa hauteur, penché vers elle. S'il sentait quoi que se soit, s'en serait finit de sa tranquillité, il la harcèlerait jusqu'à obtenir des réponses. Aujourd'hui encore, l'éclaireuse ne savait pas bien quelle folie l'avait poussée à s'emparer de cette fichue dague. A l'époque l'idée lui paraissait brillante. Et ça n'avait rien à voir avec un quelconque accès de générosité envers son ami. Plutôt l'envie pressante et la satisfaction d'avoir le dessus sur le Gondorien. Autant dire que la brune n'avait rien fait pour arranger la brouille qui couvait doucement entre elle et le natif de la Cité Blanche. Bien au contraire, lorsqu'il saurait, ça serait pire.




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Mer 19 Fév - 18:42

Here we go...Again





Indira

&

Aodhán



S’ils avaient eu vent de ce qu’il se passerait par la suite, sans doute que ni l’un ni l’autre n’aurait osé sauter le pas cette nuit là. Ils se seraient contenter de s’échanger des regards sans qu’il ne se passe rien de plus. Et alors leurs chemins se seraient séparés et aucune histoire ne serait née de leur rencontre. Mais on ne peut refaire l’histoire, on ne peut effacer les actes ni les dires. De toute manière, si le passé pouvait être modifié comme bon lui semblait, ce ne serait certainement pas cette délicieuse nuit qu’Aodhán déciderait d’évincer. Il ne regrettait en rien cet écart dans ses bras, ce moment qu’ils avaient partagés dans l’intimité – certes minimum- d’une chambre…Même si air surprit ou son sourire satisfait et amusé n’éveillait en lui la moindre ose de remord. Alors cela pouvait bien les mener dans des situations des plus délicates, il n’échangerait cette nuit pour rien au monde. Ou presque.

Durant presque dix ans ils ne s’étaient recroisés, chacun vivant sa vie sans même savoir que l’autre existait encore…D’ailleurs ils ne savaient quasiment rien l’un de l’autre à l’époque. A peine un nom…et pour Aod des images troubles de silhouettes enlacés à la lueur d’une bougie qui parfois lui revenait en mémoire. Lorsqu’il s’était réveillé ce matin là, ses souvenirs semblaient lointain, trop flous et succins…Pour la première fois de sa vie, il connaissait l’oubli. Le trou noir. C’est peut être parce qu’il se rendait compte que pour une fois il n’allait se souvenir de rien qu’il avait eu ce sourire étrange face à elle…Pas étonnant qu’elle est mal prit cet air enjoué alors qu’il lui demandait qui elle était. N’importe qui ce serait offusqué en pareil situation. Et même lorsqu’elle l’obligea à quitter la chambre, il garda ce sourire en coin : il ne se souvenait pas. Mais la mémoire est traite et vous rappelle toujours les images que vous pensiez avoir oubliées. Sauf qu’à présent, pour lui, ces images étranges ne collaient avec aucuns de ses souvenirs…Comme s’il les avait rêvés et que son esprit les avaient enregistrés…Pendant dix années, elle n’était pour lui qu’une ombre, une caresse, une voix qu’il avait imaginé…Jusqu'à Fornost…Une simple gifle, un regard assassin et tout lui revint. Non il n’avait pas rêve de cette nuit. Il l’avait vraiment vécu. Et il semblerait que le destin est décidé qu’il était grand temps que lui et elle règlent leurs comptes. Fornost fut le début d’un incessant jeu de piste, l’ayant conduit jusqu’aux Champs aux Iris pour finalement revenir à l’endroit même de leur rencontre. Quel malin plaisir le destin pouvait il prendre a ainsi les faire se rencontrer ? Savourait il leurs querelles a ce point ? Qu’il s’amuse donc, Aodhán lui aussi savourait cela d’une certaine manière…Il y avait chez elle quelque chose d’intéressant qu’il ne saurait expliquer.

Ce sourire qu’il le définissait si bien s’étira sur ses lèvres alors qu’elle l’observait, avec cette moue vexé et outrée alors qu’elle quitta la protection de son capuchon. Au fond de lui il avait espéré qu’elle s’emporte, comme elle l’avait si bien fait durant leur première retrouvaille …Mais ce ne fut qu’une simple raillerie qui fit lever les yeux bleus d’Aodhán au ciel. « Moi aussi je suis ravi de vous retrouver Princesse ! » lui répondit-il sur le ton de la plaisanterie. Elle n’avait rien d’une princesse, ni les manières ni le langage, et il ne parlerait pas non plus du physique…Mais si ce surnom pouvait un tant soit peu la titiller, alors il prendrait plus de plaisir à la nommer ainsi. « Si je ne m’abuse, vous ne faisiez pas non plus la fière … » continua-t'il avec plus de froideur que sa première réplique. S’il pouvait simplement éviter de ce souvenir de cet épisode, de ne plus revoir ces ombres vaporeuses tourner autour d’eux…Il chassa bien vite l’image qui commençait à se former dans son esprit, refoulant ce souvenir dans les tréfonds de sa mémoire…Fornost et ses Spectres étaient loin…Il n’était pas là pour ca a présent… « Si vous me manquiez ? » enchaina-t’il a sa suite « Vous ne pouvez imaginer a quel point votre air suffisant et votre regard assassin me manque grandement ... » Il remonta a sa hauteur d’un pas, passant a coté d’elle en se penchant légèrement vers son oreille pour lui murmurer « Et puis je suis las des filles faciles… C'était...et c'est, toujours plus palpitant avec vous » Il la déplaça alors, tournant volontairement le dos pour qu’elle puisse avoir tout le loisir d’exprimer son ressentiment sur son visage. Dire que sa présence l’importunait serait mentir, il ne cherchait la cherchait pas pour autant…Entre eux c’était un peu le jeu du chat et de la souris, avec dans le rôle du prédateur, un Gondorien plutôt tenace. S’ils s’étaient simplement quittés après Fornost, jamais il ne serait ensuite parti à sa recherche…Mais un élément perturbateur en avait décidé autrement…

La savoir dans la Cité avait éveillé en lui une grande curiosité. Elle qui se targuait de ne se sentir bien que sur les routes, que pouvait elle bien faire dans la Capitale du Gondor ? De plus, elle n’avait cessé d’être méfiante tout en cheminant dans les ruelles sombres alors que personne ne semblait la suivre – mis à part Aodhán… Avait-elle quelque chose à cacher ? Peut être…Mais dans l’immédiat, c’était autre chose qui intéressait le Gondorien… Elle avait été la dernière personne à sa connaissance à avoir vu Aidan…Et il ne laisserait pas passer l’occasion de la question a ce sujet…Peut être qu’a ce moment là, elle fasse un peu moins preuve d’arrogance car lui n’aurait pas la même patience… « Mais j’ai l’impression de vous avoir coupé dans votre promenade nocturne ...Que direz vous de marcher un peu ? Ensemble. » Lui proposa-t’il…Non en fait ce n’était pas vraiment proposé mais plutôt imposé. Sa voix s’était durcie involontairement sur le dernier mot…Mais il avait des choses à lui demander et il ne comptait pas s’éterniser dans cette ruelle. De plus son temps était compté…Prenant les devants, il fit quelques pas avant de se retourner vers elle. De nouveau ce sourire s’étira sur ses lèvres. « Ne vous inquiétez pas…Je jure de ne pas vous étrangler au détour d’une ruelle. Sauf si vous m’y obligez » Elle saurait à quoi il faisait référence, elle savait ce dont il était capable, ou du moins elle connaissait une petite partie d’une des facettes de sa personnalité. Evidemment elle pouvait refuser…Mais oserait elle ? Il était ici chez lui. Elle pourrait fuir, du moins essayé… Ici, a Minas Tirith, elle ne pourrait lui échapper.

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Lun 3 Mar - 17:45


“Here we go...Again” - ft. Aodhán
Delwyn



Les railleries étaient de retour. Comme un mécanisme bien rodé entre eux, il répondait à ses moqueries par d'autres répliques du même cru. Et Indira tiqua légèrement à ce surnom improvisé, pas certaine d'en apprécier l'origine. Il y avait bien trop de moqueries là dessous pour que ça reste innocent. Certainement pas venant de sa part. Et sa réponse ne tarda pas à venir, lui rappelant son propre comportement inquiet face aux spectres du blizzard. Indira haussa légèrement les épaules à cette pensée. Ils étaient bien loin à présent et après tout ce qui c'était passé, ne constituaient plus qu'un événement étrange dans le vaste délire qui avait secoué la Terre du Milieu les mois passés. Un hiver éternel, des fantômes et pour couronner le tout cette aventure hallucinante au nord. Si elle avait eut peur? Probablement, mais il attendrait longtemps car elle n'avait pas l'intention de le lui dire.

- Mon regard assassin? Répondit-elle aigrement, vous avez un sérieux problème si c'est ce que vous recherchez chez les gens. Et ma suffisance n'a d'égale que la votre.

L'éclaireuse cacha son expression agacée en détournant légèrement la tête. Elle savait parfaitement qu'il cherchait à la faire sortir de ses gonds mais quelque part c'était tellement facile de laisser parler sa mauvaise humeur. Il y avait quelque chose chez le Gondorien qui faisait ressortir sa colère, aussi facilement qu'une petite réplique de travers ou une réponse moqueuse. Ca l'horripilait, l'insupportait à tel point que bien trop souvent elle finissait par perdre son calme. Deux mains sur ses épaules et Indira retint une exclamation surprise alors qu'il la faisait pivoter, lui murmurant sa réponse à l'oreille. Une profonde expression surprise se dessina sur ses traits alors que la remarque faisait son chemin à son esprit. Non mais vraiment? C'était une réplique de ce genre qui avait motivé son geste, bien des mois auparavant. Non pas qu'elle soit particulièrement prude, elle était même loin de l'être. Mais elle avait détesté l'entendre parler ainsi alors qu'elle savait au fond que leurs chamailleries n'évoquaient rien de tout cela pour lui. C'était peut être un peu vexant. Et gênant également, ses joues devaient être en train de se couvrir d'écarlate en ce moment même, Mais ça, ça ne regardait qu'elle. Réticente, les bras croisés sur sa poitrine, Indira le toisa de son regard noir.

- Et ça vous ramène un peu sur terre de ne pas tomber sur quelqu'un qui se jette à vos pieds au moindre petit battement de cil? Répliqua-t-elle, il est vrai que je ne suis pas l'une de ces pauvres filles! Je suis capable moi d'exprimer mes propres pensées!

Elle retint à grand peine un commentaire rageur, sentant l'irritation aller croissante en elle. L'homme était en train de se moquer d'elle très probablement. Palpitant? Elle n'aurait pas dit ça comme ça. Exaspérant, insupportable, horripilant. Ca à la rigueur ça convenait assez. A une époque peut être. Elle était tellement jeune, ce souvenir l'avait laissée, le rouge aux joues et une expression gênée sur les lèvres. Elle n'y connaissait pas grand chose à l'époque, c'était d'ailleurs comme ça qu'elle s'était naïvement faite avoir, oubliant pour quelques heures qu'elle n'était qu'une petite adolescente un peu sauvage, à l'accent trop prononcé et aux manières un peu trop vives. Elle avait découvert bien plus tard que toutes les étreintes du monde n'auraient pas pu changer qui elle était. Même lorsqu'elle avait laissé ses bras l'enserrer, oubliant la gamine du Khand le temps d'une nuit. Aussi agréable soit-elle, la suite avait tout gâché. Un regard de sa part, une question à l'apparence anodine et Indira était redescendue sur terre, brutalement. La suite ils la connaissaient tous les deux, elle avait laissé dix années de rancoeur enterrer ces quelques heures et s'ils s'étaient quittés sur ses cris de rage, une dernière traces qui s'inscrirait, indélébile, sur son visage.

Il cherchait quelque chose. Et Indira avait la désagréable impression qu'elle savait parfaitement ce que c'était. Que c'était exactement ce qu'elle aurait préféré éviter. La jeune femme aurait bien voulu filer en vitesse, déserter les lieux sans demander son reste. Mais il y avait quelque chose dans son regard qui démentait la légèreté de ses paroles. Une lueur qui la dissuadait de se rebeller. Son invitation n'en était pas une. L'air passablement irritable, Indira l'observa se retourner vers elle, avec dans le ton une affabilité qui n'était que feinte. Oh elle savait ce dont il était capable. Elle en avait eut un aperçu, là bas au nord. Le souvenir de sa main sur sa gorge lui arracha une grimace discrète. A là fois mal à l'aise et un peu vexée de se sentir inquiète à ce souvenir. S'ils passaient le plus clair de leur temps à se chamailler, il y avait derrière tout cela comme une ombre qui couvait. Quelque chose dans son regard. Que s'était-il passé? En dix ans, le jeune homme téméraire aux airs bravaches s'était effacé, tout comme la jeune fille qu'elle était à l'époque. Altéré par le temps et la vie, chacun avait changé. Et pourtant Indira senti que la rébellion grandissait en elle, attisée par le fait qu'il pensait pouvoir l'intimider de la sorte. Elle combla la distance qui restait entre eux de quelques pas, se campant devant lui, des éclairs au fond des yeux.

- Ne commettez pas l'erreur de penser que vous me faites peur, gronda-t-elle, si vous avez quelque chose à dire, surtout ne vous gênez pas. Et pour m'étrangler il faudrait déjà réussir à poser vos mains sur moi!


La situation aurait très bien pu dégénérer, là, maintenant. Surtout après sa dernière remarque qui relevait clairement de la provocation. Si Indira finissait par le suivre, ça ne serait pas sans avoir exprimé le fond de sa pensée. Il y avait comme quelque chose qui s'acharnait à les remettre sur la même route, encore et encore. Peut être était-ce elle qui aurait du fuir dès qu'elle en avait eut l'occasion au lieu de démarrer cet affrontement sans queue ni tête. Mais non, elle ne pouvait pas renoncer maintenant. Peut être qu'elle n'en avait pas envie. C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait pas s'empêcher de lui chercher querelle à la moindre occasion, comme attirée mystérieusement par leurs disputes trop nombreuses. Il était à peu près aussi borné qu'elle et chacun risquait de camper sur ses positions jusqu'à ce que l'autre réussisse à le faire plier. Il n'y aurait pas de reddition possible entre eux. Un affrontement interminable, des disputes sans fin, mais Indira savait que jamais l'un deux ne cèderait devant l'autre.



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Sam 8 Mar - 10:55

Here we go...Again





Indira

&

Aodhán



Il n’était pas rare que les moqueries soient de rigueurs lorsque deux vielles connaissances venaient a se recroiser par hasard au détour d’un chemin. Elles permettaient de rire des sujets qui auraient fâchés de manière habituelle de se remémorer des situations cocasses avec une pointe d’humour particulière…Mais pas pour eux. Les railleries étaient devenues entre Indira et lui, un moyen de communication à part entière. Une sorte de combat verbal où l’un comme l’autre cherchait à avoir sans cesse le dessus. Ce fut à Fornost que les hostilités avaient débutés pour se poursuivre dans le Champs au Iris. Et maintenant ici…N’en avaient ils pas assez de se bouffer la truffe des l’instant où leurs yeux se croisaient ? Un jour ils devront mettre leurs problèmes de coté, s’expliquer entre adultes et non en se comportant comme des adolescents de quartier qui se chamaillent pour une raison indéfinie. Sauf que ce jour là n’était pas prés d’arrivé. Il était loin le soir où c’était pour autre chose que se cracher le venin à la figure qu’ils se cherchaient. Aujourd’hui, elle comme lui rêvait de mettre les mains à l’autre, de lui faire payer un truc que même eux ignorait quoi. C’était surtout elle qui semblait avec un problème plus important avec le gondorien que l’inverse. Lui, il prenait juste un plaisir certain à la faire sortir de ses gonds, voir jusqu’où irait sa patience – ainsi que la sienne-. Alors qu’elle, elle cherchait à lui faire payer d’une manière ou d’une autre cette nuit. Tant de rancune pour une simple nuit, cela dépassait l’entendement. Il la laissa s’énerver a sa guise, elle ne lui ferait rien de plus. Fornost lui avait déjà montré qu’Aod pouvait avoir des réactions inattendues si elle dépassait les bornes et il aurait été idiot de retenter le diable. Surtout ici. Surtout avec les circonstances qui les animaient tout les deux dans la capitale.

Ses paroles le firent sourire, surtout sa réplique concernant les femmes qui se jetaient a ses pieds. Pouvait elle seulement imaginer a quel point elle pouvait être proche et a la fois très éloigné de la réalité ? Le prenait-elle pour un de ses types qui passaient des soirées entières dans les tavernes, à harceler les serveuses pour avoir un peu plus qu’un rabais sur la bière et le raison ? Croyait elle que l’Aodhán qu’elle a rencontré ici même était devenu un pervers de bas étage ? Si c’était le cas, elle se trompait royalement à son sujet. On ne peut démentir son coté colérique, arrogant ou même lunatique, mais jamais vous entendrez dire qu’il se laisse guider par ces bas instinct là. Mais il serait aussi mentir que dire qu’Aodhán ne se laissait jamais tenter par ces petits plaisirs. Juste qu’il y parvenait avec un peu plus de finesse qu’une tape sur les fesses et un sourire vicieux. Elle devrait s’en souvenir, après tout elle – comme d’autres- avait succombé à ce charme particulier. Les choses avaient changés, le temps s’était lentement sur leur vie et tout les deux avaient changés. Aodhán devait l’avouer, il ne voyait en Indira plus que l’ombre de la gamine quasi apeuré de la taverne au regard à la fois fuyant et mordant. Lorsqu’il la regardait à présent, ce qu’il ne se gênait pour faire sans la moindre discrétion, c’était une femme bien trop farouche et effrontée qui se tenait devant lui. Alors oui, si physiquement elle avait beaucoup changé, il devinait pourtant encore en elle cette gamine prisonnière au plus profond d’elle-même. Oh lui aussi avait changé, il n’en doutait pas. Que ce soit physiquement ou bien mentalement, il avait lui aussi connu une sacrée évolution. Sans doute lui semblait-elle moins flagrante puisqu’elle avait déjà opéré en lui depuis des années lorsqu’ils se sont rencontrés dans cette taverne. Peut être que si elle avait connu Aodhán plus jeune, elle aurait eu le même choc que son frère avait eu en le revoyant. Il avait plus changé en 6 ans avant ce soir que durant les dix années qui ont suivies.

La distance qui les séparait suite à la proposition, non à l’ordre a peine voilé, d’Aodhán fut comblée, quasiment réduit au minimum autorisé par les conventions sociales de rigueurs. Ses yeux noisettes jetaient sur lui des éclairs de rages sourdes alors un petit sourire satisfait s’étirait lentement sur les siennes. Elle était a deux doigts…deux doigts de vraiment sortir de ses gonds, de redevenir la femme qui l’avait giflé la bas dans le nord. Mais elle ne le ferait pas. Sans doute pas crainte de sa réaction. Peut être pour autre chose. Elle cracha ses paroles alors qu’il n’avait pas détourné le regard, la toisant de toute sa taille alors que son sourire semblait s’élargir a chacun de ses mots. Il trouvait la situation assez comique – sans doute que les pintes de pintes précédemment descendues n’étaient pas encore totalement dissolues -, se disant que si elle savait, jamais elle ne lui parlerait ainsi. A peine eut elle terminé de cracher son venin qu’Aodhán lui saisit le menton, le bloquant dans sa paume de main gauche alors que ses doigts lui enserraient les joues. Non il ne lui faisait pas mal, c’était juste l’avertissement qu’elle n’avait pas semblé avoir prit au sérieux la dernière fois. Elle aurait pu facilement l’évité, mais la proximité et la soudaineté du geste en aurait surprit plus d’un. « Si je vous fais peur ? Croyez moi si j’aurais souhaité pour faire peur, nous ne serions pas là en ce moment… » Avait il dit d’un ton calme, sans la moindre vibration dans sa voix. Il pensait chacun de ses mots, et tous montraient qu’il était loin de plaisanter. Rapprochant son visage du sien, tres bien, bien plus prés qu’ils ne l’avaient jamais été en dix années et il poursuivit « J’ai déjà réussi une fois. Maintenant deux. Ne tentez pas la troisième. Elle ne se sera sans doute pas aussi agréable. » Aodhán s’approcha encore. Cette proximité aurait pu être indécente chez deux inconnues, mais pour eux ce stade avait été largement dépassé il y a dix ans «Vous exprimez un peu trop vos pensés a mon gout. Et souvenez vous qu’a une époque vous avez fait partie de ses pauvres filles comme vous dites ! » Puis il la lâcha. Sa dernière réplique avait été sanglante. Mais vrai.

D’un geste sur le coté, il vint se placer a sa gauche. Lui agrippant le bras, il lui donna l’ordre de se mettra à avancer d’une simple pression des doits. Ils avaient trop trainés à son gout dans cette ruelle et le temps pressait. Aodhán ne savait combien de temps ses collègues allaient encore croire a sa pseudo partie de jambes en l’air avec la serveuse, mais lorsqu’ils découvriraient qu’il n’était pas en train de faire des folies, ils partiraient a sa recherche. Et mine de rien, il voulait éviter qu’ils ne croisent la route d’Indira. Marchant a ses cotés, toujours en tenant son bras, il la laissait néanmoins le soin de choisir la route qu’ils prenaient. Apres tout avant qu’il ne lui tombe dessus elle semblait pressée de rentrer. « On arête les bavardages inutiles. Je n’ais pas le temps de tourner autour du pot. » Sans cesser d’avancer, il ne pouvait cependant s’empêcher de jeter un ou deux coups d’œil par-dessus son épaule. « J’ignore ce que vous fichez ici et pour le moment je m’en contrefiche royalement. » Il s’arrêta brusquement, l’obligeant à faire de même. Ils avaient passé un Cercle sans même s’en rendre compte, descendant dans la Cité vers les quartiers plus modestes de la Capitale. Il mentait en disant qu’il s’en fichait, cela l’intéressait quelque peu mais avant ca il devait lui poser deux trois questions. « Vous êtes la dernière personne qui a croisé sa route. Je sais que vous étiez plus qu’en bon terme avec. » Il se plaça devant elle, plongeant son regard sans le sien. « L’a-t-il encore ou l’aurait il vendu pour se saouler dans une auberge en votre compagnie ? » .Il n’avait pas besoin de lui dire de qui il parlait, elle se savait. Comme elle savait de quoi il parlait.


© .JENAA
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Sam 15 Mar - 14:42

“Here we go...Again” - ft. Aodhán
Delwyn



La réponse n'avait pas tardé à tomber. Et Indira qui savait parfaitement bien qu'il répondrait à la provocation se laissa cependant surprendre par la rapidité de son geste. Ce qui ne l'empêcha pourtant pas de le toiser d'un de ses regards assassins qui revenaient si facilement lorsqu'ils étaient en présence l'un de l'autre. La brune n'était pas spécialement connue pour sa douceur et sa patience, on pouvait même dire qu'il était des plus simples de la faire sortir de ses gonds. Mais avec le Gondorien c'était bien pire. Elle y perdait sa logique et son sens de la raison. Il y avait quelque chose dans ce regard moqueur et son air victorieux qui lui collait des envies meurtrières, négligeant la moindre prudence. Et en même temps, on aurait juré que toutes ces menaces ne dépasseraient pas le stade des mots. La seule fois où elle en était venue aux mains c'était cette gifle mémorable à la forteresse. Rien à voir avec ses bravades et ses menaces de mort. Et ils en étaient de nouveau là. Sa main lui tenait le visage et il s'était rapproché bien trop près d'elle pour encore prétendre à un simple échange de courtoisies. Des yeux curieux auraient presque pu se méprendre sur la situation si ce n'avait été pour l'expression furieuse dans son regard et la prise un peu trop brusque de sa main sur son visage. Difficile de rester impassible et pourtant Indira se contint, le toisant de son air moqueur. Il subsistait toujours des sous entendus entre eux, il n'aurait pu en être autrement après tout. Pas après tout ce qui s'était passé, l'occasion était trop belle de retourner le couteau dans la plaie. Mais le brun prenait la situation avec plus de légèreté que l'éclaireuse qui semblait bien décidée à se montrer rancunière.

- Agréable, murmura-t-elle, ne vous flattez pas trop, il ne faut tout de même pas exagérer. J'ai connu plus agréable que cela.

Encore des sous entendus. Ils avaient l'habitude de ça à présent, encore plus maintenant qu'elle pouvait faire référence à leurs passés respectifs sans être saisie d'une soudaine et irrépressible envie de lui sauter à la gorge. Sa main lui agrippa le poignet, peut être un peu trop fort à sa réponse, vexée qu'elle était de l'entendre dire ça. Il avait l'audace de la comparer à ces autres et sa fierté n'aimait pas beaucoup être rabaissée à ce rang là. Elle ne s'était jamais fait d'illusion à ce sujet. Déjà à l'époque, la jeune fille qu'elle était ne s'était pas attendue à autre chose qu'une simple nuit mais l'entendre de sa bouche était profondément humiliant. Surtout de son point de vue. Il avait oublié. Comment devait-elle le prendre? C'était bien pour ça qu'elle l'avait mis à la porte ce matin là, juste après l'avoir touché au visage, lui laissant ce petit souvenir qui hantait encore sa joue aujourd'hui. Triste hasard, sous la colère elle n'avait même pas due chercher à bien viser. Sa prise sur son visage se desserra alors qu'elle l'éloignait avec brusquerie, des menaces au fond des yeux. Furieuse, la brune se sentait à deux doigts de perdre patience, sur le point de se lancer dans une énième tirade emplit de ses imprécations et de ses reproches, ses mains tremblantes de lui démontrer exactement à quel point elle n'avait rien d'une pauvre fille. Elle avait déjà amorcé un geste pour le saisir au bras, furieuse mais la suite ne vint pas et elle se retrouva coupée dans son élan alors qu'il l'enjoignait à avancer, la prenant par le bras.

- Il va falloir être plus clair que cela, répliqua-t-elle avec une froideur mal contenue, je ne comprend rien à vos questions.

Tels deux connaissances, ils déambulaient dans les rues, sans but précis alors que l'éclaireuse laissait ses pas la conduire à des rues plus familières. Toujours furieuse, elle se prêtait au jeu, cherchant à éviter un scandale qui aurait pu attirer des oreilles indiscrètes. Elle aurait pu choisir de progresser vers les cercles supérieurs, là où on n'aurait jamais eut l'idée de les chercher. Mais deux silhouettes inconnues se promenant à cette heures de la nuit dans les quartiers bourgeois ça n'aurait pas manqué d'éveiller les curiosités et il n'y avait rien de plus rapaces qu'une femme de bonne famille occupée à vouloir identifier le visage de cette mystérieuse inconnue qui donnait des rendez vous étranges à des heures indécentes. Et elle n'avait pas besoin que d'autres rumeurs viennent s'ajouter à celles qui existaient déjà. Bien sûr qu'elle comprenait. Allait-elle l'aider pour autant? Certainement pas! Il était venu de nulle part, à retourner le passé de ses plaisanteries, des menaces dans la voix. Mais profondément réfractaire, la brune se ferait un plaisir de ne pas lui faciliter la tâche. Elle savait parfaitement qu'il était à la recherche d'Aidan, c'était ce qu'elle redoutait depuis le début de cette rencontre mais ça il n'était pas obligé de le savoir. Tout comme il n'était pas obligé de savoir que ce qu'il cherchait avec tant d'acharnement n'était depuis longtemps plus en possession du chasseur. Et elle lui lança un regard triomphant de le voir un peu plus frustré et impatient de ne pas trouver de réponse à ses questions. Qu'il cherche donc, ça ne lui ferait pas de mal. Il n'avait de toute façon aucune raison de se douter que son bien se trouvait en sa possession. Elle ne l'avait pas avec elle et se ferait un plaisir de ne rien laisser paraître à ce sujet. Une ombre de satisfaction se dessina sur ses lèvres à l'idée d'avoir enfin le dessus sur lui. Elle ne savait pas bien pourquoi elle l'avait fait à l'époque mais la perspective de pouvoir crâner un peu était des plus tentantes.

- Et puis quel dommage! Moi qui me faisait une joie de vous décrire par le menu mes dernières aventures!

Des aventures il y en avait eut. Aucune qu'elle aurait eut envie de lui raconter. Ca ne le concernait de toute façon pas, elle était juste en train de gagner du temps, de volontairement rester évasive. Ca éveillerait son agacement à coup sûr. Il y avait une part en elle, un peu immature, qui lui faisait payer son comportement. Elle n'avait peut être pas eut le dessus jusque là, ça n'était pas pour autant qu'elle se laisserait faire. Cette fois encore, Indira se rebellait, refusait de se soumettre. Deux esprits dominant s'affrontant sans cesse pour avoir le contrôle de la situation. Rien d'étonnant à ce qu'ils finissent si souvent par perdre patience et s'abîmer dans des disputes incessantes.

- Et il, comme vous dites, a passé l'âge de devoir me rendre des comptes, répliqua-t-elle, vous avez quelque chose à régler? Adressez vous directement à lui.


Et pourtant, le hasard faisait-bien les choses, ils n'avait pas tort de s'adresser à elle. Ca ne voulait pas forcément dire qu'elle s'amuserait à tout lui dire. C'était bien plus drôle d'observer son air fébrile et aux aguets. Il était soit pressé d'obtenir un réponse, soit de quitter les lieux. Quel que soit la réponse à cela, la brune n'avait absolument pas l'intention de se montrer coopérative.






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