Une nouvelle dame de compagnie à la langue bien pendue (Eléanore)

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Dim 14 Juin - 16:56

Une nouvelle dame de compagnie à la langue bien pendue


À genoux devant le noble qui se trouve être mon oncle mais que je n’avais jamais vu avant aujourd’hui, j’essaie de réaliser ce qu’il se passe, et pour une fois, peut-être pour la première fois de mon existence, je ne dis plus rien. Mon regard est fixé sur lui, et je me répète en boucle les mots qu’il vient de prononcer. Moi ? Devenir une noble ? La courtisane d’une princesse ? Tout ça dans l’espoir de faire un bon mariage et de me retrouver à lui pondre des héritiers, vu que monsieur n’a jamais réussi à en avoir avec ses femmes ? Et pourtant, il en a épuisé, des femmes ! Cinq en cinq ans, toutes mortes sans lui avoir donné le moindre enfant. Visiblement, si monsieur est insassiable au lit, voilà qu’il n’est pas très fertile. Mon regard reste fixé sur lui, et je finis par me relever pour attraper les papiers qu’il me tend. Voilà qui fera de moi une Dame. Avec un nom et un statut. Il sait que je suis la fille de son frère batard. Il sait que j’ai eu, du moins au début, une bonne éducation. Je pourrais négocier. Je devrais négocier, même, pour aider ma mère et ma sœur. Mais, je suis tellement stupéfaite. Moi, légitimée ? J’avale ma salive avec quelques difficultés, et je secoue lentement la tête de droite à gauche. Ma main attrape la plume et la trempe dans l’encre avant de s’immobiliser.

- Vous prendrez soin de ma petite sœur ?

Je relève la tête vers lui, mon visage fixe le sien, droit dans les yeux. Il semble hésiter, puis il hausse les épaules :

- Tu feras ce que tu veux de ta rente. Si tu veux lui en donner une partie… Je ne m’y opposerais que si tu n’est pas à la hauteur de la tâche qui t’attend.

Ma main relève la plume de l’encrier et d’un geste sûr signe les papiers. Je suis désormais une noble. Une vraie. La suite s’enchaine rapidement : on me lave, on me donne une robe, le temps de me fabriquer de quoi partir pour Edoras. En quelques jours, tout est prêt, et me voilà dans une litière tirée par deux chevaux en direction de la capitale où je vais rencontrer la princesse Eléanore.


*****

Mon regard se pose sur le palais devant moi, et je pose un pied sur le sol. Le trajet a été long et éprouvant, tant pour moi qui ai finis par exiger d’avoir un cheval et un tenue de cavalière que pour les gardes qui n’ont pas vraiment compris ce qui leur arrivait. Là, toujours vêtue comme un homme des pieds à la tête, j’avance vers le palais sans me préoccuper de ce qu’il peut bien se passer dans la tête de ceux et celles qui me voient. L’homme chargé de me présenter au palais m’emmène dans ce qui va être mes « appartements » et me fais prendre un bain, avant de me choisir une jolie robe beige et rose, que j’enfile sans un mot. Mon regard est lointain et je n’arrive pas réellement à réaliser ce qu’il se passe. On m’emmène ensuite dans les jardins où il est dit que la princesse m’attend. On me fait m’immobiliser le temps qu’un homme aille prévenir la demoiselle en question, et je me contente de soupirer. Avisant une fontaine à côté de là, et par cette chaleur écrasante en plein mois de décembre, je me dirige vers elle, retire mes chaussures et entre dedans, comme s’il s’agissait de la chose la plus normale du monde.

- Dame Shaelin !

La voix étranglée de l’homme chargé de m’apprendre le protocole me fait me tourner et j’éclate de rire.

- Tu devrais venir, Eldred. C’est un endroit agréable, quand il fait aussi chaud.

Je lui fais une révérence tout ce qu’il y a de plus protocolaire avant de me baisser totalement pour lui envoyer de l’eau à la figure.

- Allons ! qu’est ce que la vie si on ne peut pas en profiter, hein ?

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Dim 14 Juin - 18:09

 
Une nouvelle dame de compagnie à la langue bien pendue
 


Ce matin, Eléanore s'était éveillée de bonne humeur, car elle avait prévu ce petit-déjeuner avec Sancertan plusieurs jours à l'avance, pour être sûre que tout serait parfait. Malgré son emploi du temps très chargé depuis la mort du roi, il avait fait en sorte de se libérer pour l'occasion, comme il était de toute façon très rare qu'il ne fasse pas la moindre chose capable de la rendre heureuse. Après cela, on lui avait annoncée l'arrivée imminente de sa nouvelle dame de compagnie issue du Gouffre de Helm et dont on lui avait parlé autant en bien qu'en mal. La précédente n'ayant pas été à la hauteur de la tâche malgré toutes les qualités qu'on lui avait pourtant reconnues, Ely gardait pour elle quelques nombreuses réserves. En attendant que la demoiselle arrive, elle décida d'aller s'entraîner au tir à l'arc dans le jardin. Ce n'était clairement pas sa spécialité, mais c'était précisément pour cette raison qu'elle s’entraînait régulièrement. Sinon, quelle utilité cela aurait ? Sous les pommiers, une légère brise agréable rafraîchissait la princesse. C'était un temps parfait pour sortir et profiter de la verdure. Le soleil tapait fort aujourd'hui, aussi cet exercice à l'ombre était des plus profitable. Le maître d'arme était là, pour la conseiller. C'était un vieil homme tout rachitique et aux convenances nobles. Certes il n'était plus au coeur de l'action en ce qui concernait la protection du Rohan, mais Ely préférait s’entraîner avec lui qu'avec Sancertan ou Thodir. Probablement parce que son manque de talent dans cette pratique la rendait honteuse... Juste après que sa vingtième flèche ai percuté le centre de la cible - lorsque les autres avaient trouvé leur place dans l'herbe tout autour - un homme arriva avec un grand verre d'eau sur un plateau d'argent. Il semblait pressé d'apporter un message.

« Votre Majesté, la dame de compagnie est arrivée. Il lui a été ordonné de vous attendre près de la fontaine. » Dit-il en s'inclinant, sans pour autant renverser le contenu de son service.

Sans répondre, la princesse prit le temps de se désaltérer, puis de poser son équipement contre le tronc d'un arbre. Ceci fait, elle fit un signe de tête au serviteur afin de le remercier de sa hâte. D'une démarche lente et assurée, elle prit la direction de la fontaine, qu'elle ne pouvait apercevoir de là où elle se trouvait. En effet, les jardins étaient délimités en plusieurs espaces par de hautes haies fleuries où bourdonnaient quelques insectes inoffensifs. Alertée par un appel outré venant d'un homme dont elle ne reconnaissait pas la voix, Eléanore pressa légèrement le pas. Que se passait-il donc ? Le maître d'arme qui l'avait suivie discrètement et fidèlement deux mètres derrière elle, décida de passer devant pour lui éviter un risque éventuel ou une vision inappropriée. Intriguée, la princesse le laissa faire, confiante en ses aptitudes. Il sortit le premier dans la petite clairière où trônait la splendide fontaine du roi. Un court silence s'installa suivi, d'un grognement agacé.

« Mademoiselle, veuillez sortir de là immédiatement ! Ceci est la fontaine du roi, il est interdit de s'y baigner ! Vous serez punie pour cet aff... » S'exclama le vieil homme, visiblement outré. Mais Eléanore, qui s'était à son tour avancée, fronça les sourcils et l'interrompit d'une voix autoritaire.

« Silence. » Dit-elle, sans avoir nullement besoin de hausser la voix. Tous s'inclinèrent et reculèrent d'un pas. Tous...sauf la demoiselle dans l'eau.

Pendant un long moment, la princesse jaugea celle qui semblait être sa nouvelle dame de compagnie. Ses pieds étaient nus et sa robe relevée jusqu'à ses genoux. Dans l'herbe, au bord de la fontaine, ses souliers étaient déposés négligemment. Sur son visage, elle fut surprise de ne lire aucune honte ou peur. La demoiselle lui renvoyait simplement son regard. La première réaction d'Ely aurait été d'effectivement punir la demoiselle pour son affront, mais elle se souvint rapidement d'avoir fait la même petite bêtise lorsqu'elle n'était qu'une enfant. Un demi sourire s'étira sur ses lèvres.

« Approchez mon enfant. N'ayez pas peur, je ne vous gronderai pas. » Dit-elle avec une voix douce.

La jeune fille devait avoir à peu près cinq ou six ans de moins qu'elle. Une jeune adulte, encore un peu innocente et ayant le goût de l'amusement sans complexes. Le maître d'arme, très attaché aux traditions et au protocole, tenta de protester.

« Enfin votre Majesté, je crois que vous ne réalisez pas, cette femme est... » Commença-t-il.

« Sous la protection de la princesse aînée du Rohan. Je ne crois pas avoir de compte à rendre à qui que ce soit. Cette jeune fille est ma dame de compagnie à compter d'aujourd'hui et je serais très désappointée si le moindre mal devait lui être fait sans m'avoir consultée auparavant. » Conclu Ely sur un ton qui ne tolérerai pas d'être contesté.

Sur ces mots, tous quittèrent l'endroit silencieusement, peu satisfaits d'avoir été rabroués comme des enfants. La princesse ne leur accorda aucun regard. Son attention était focalisée sur la petite nouvelle.

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Dim 14 Juin - 19:04

 
Une nouvelle dame de compagnie à la langue bien pendue
 


J’ai à peine terminé de parler à mon si protocolaire ami qu’une autre voix retentit et me fait me tourner. Je relâche ma jupe qui tombe dans l’eau, et je me contente de sourire, amusée. Oh, qu’ils sont coincés dans ce palais. J’aurais bien dit quelque chose, mais une demoiselle s’en chargea à ma place, intimant au vieux schnock de se taire. Je lui tire la langue un instant, observant la couleur rouge emplir ses joues, comme s’il allait exploser, et je finis par m’intéresser à la demoiselle qui se trouve en face de moi et qui s’est avancée. Qu’ils sont beaux, ses cheveux ! J’adorerais avoir les mêmes ! Mais, alors que tout le monde agit comme de gentils petits chiens qui remuent la queue, moi, je toise la demoiselle, droit dans les yeux, sans reculer et sans faire la moindre courbette.

- Mon enfant ?

Un rire monte à ma poitrine devant cette phrase totalement absurde, cependant, je m’approche vers le bord de la fontaine, mains sur les hanches, et je secoue la tête.

- Je suppose que vous êtes la princesse qu’on m’envoie servir … Eh bien, Ma Dame, vous pourrez m’appeler « mon enfant » lorsque vous aurez eu le quart de la dureté de la vie que j’ai pu vivre.

L’homme se remet à parler, comme pour éviter que sa tête n’explose, et je me contente de lâcher un petit rire en le contemplant de haut en bas, pendant que la princesse le rabroue.

- Tu ferais bien d’écouter ta princesse, mon cher petit seigneur. Parce que, moi, me faire mettre à la porte, ça me ferait simplement retourner à mes tâches de servantes, mais toi… Je ne suis même pas sûre que tu sache pétrir du pain.

Relevant ma robe, je passe par-dessus le rebord en pierre de la fontaine, sans réellement faire attention à ce qu’on peut voir de mes jambes. Je m’en fiche. Totalement. Ma mère m’a souvent comparé à un animal sauvage, qui vit uniquement pour lui et qui est totalement impossible à dompter. Mon regard se pose sur la princesse, et un sourire en coin monte à mes lèvres. Je suis tends la main droite, encore un peu mouillée de m’être tenue au rebord humide, et je lâche une nouvelle petite phrase qui aurait fait manquer de s’étouffer les deux accrocs du protocole s’ils n’avaient pas quitté la place.

- Je suis Shaelin. On m’a envoyée là pour être votre dame de compagnie, mais je sais d’avance que ça n’est pas pour moi. Je préfèrerais être votre amie, quitte à vous dire des trucs qui ne risquent pas de vous plaire dans le futur. Je n’aime pas mentir et encore moins prendre des gants pour préserver la sensibilité des gens. Si ça ne vous va pas… Je suis certaine que mon oncle trouvera un autre endroit où m’envoyer. En tout cas, ne comptez pas sur moi pour vous faire des courbettes, ça n’a jamais été mon genre. Contrairement à toutes ces personnes hypocrites, je n’ai pas été élevée dans un palais mais dans les rues du gouffre de Helm, à me battre pour ma survie et celle de ma famille. Je ne rentrerais jamais dans les moules qu’on pourrait attendre de la nièce d’un noble.

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Mer 17 Juin - 16:44

 
Une nouvelle dame de compagnie à la langue bien pendue
 


Éléanore, bien que surprise par autant de familiarité de la part d'une jeune femme de si petit rang, ne se formalisa pas de sa grossièreté à son égard. La princesse n'était pas facilement impressionnable et son sang-froid pouvait être mis à rude épreuve. L'humiliation ne lui faisait pas le moindre mal, elle se savait trop haut placée pour être atteinte par si peu. En fait, elle laissa même à la demoiselle la joie non-dissimulée de remettre le vieux maître-d'armes à sa place pour ce qu'il avait osé lui faire comme remarques. Le pauvre, au final, n'avait fait que son devoir le plus simple. Eléanore se promis donc d'aller lui présenter des excuses plus tard. Elle ne pouvait se permettre de se mettre à dos cet ancien soldat extrêmement respecté. Même si sa réputation n'avait pas d'impact direct sur sa petite vie princière, elle savait qu'il était plus simple et plus sage de commander des hommes ayant du respect et de l'affection pour elle que l'inverse. Une fois tous les serviteurs partis, la dame demeura seule avec sa nouvelle demoiselle de compagnie. Nullement impressionnée, elle la laissa sortir de la fontaine et lui parler avec une honnêteté qui aurait choqué n'importe quel membre de la famille royale normalement constitué. Cependant, Eléanore se contenta de sourire.

« C'est entendu, je ne t'appellerai plus ainsi. Et sache que je passe bien trop de temps entouré d'hypocrites qui me mentent et me parlent en prenant des gants pour ne pas apprécier à sa juste valeur une jeune femme avec un tel caractère. » Expliqua-t-elle avec la même voix douce et posée que précédemment.

Suite à cela, la princesse s'installa sur un banc en pierre. Son entraînement au tir à l'arc et la chaleur l'avaient fatiguée, cependant elle n'en montra rien. Au contraire, elle afficha un sourire d'autant plus large. Son regard détailla de bas en haut cette curieuse nouvelle suivante qu'on lui avait trouvée. Maintenant elle comprenait pourquoi les avis à son sujets étaient si mitigés. Elle semblait avoir beaucoup de qualités pour remplir son devoir convenablement, mais son fichu caractère avait du en offusquer plus d'un. Eléanore se dit alors qu'une personne aussi honnête dans son entourage ne lui ferait pas de mal. D'autres plus avisés se seraient contentés de faire renvoyer cette roturière insultante sur le champs pour une prendre une un peu mieux dressée, comme une jument. Mais pas elle.

« Ton honnêteté me fera du bien. Tu seras parfaite pour ce travail. » Conclu-t-elle.

Eléanore allait ajouter autre chose lorsqu'un servant arriva en courant. Il avait l'air bien essoufflé. Il dû même reprendre son souffle avant de pouvoir expliquer la raison de toute cette agitation. Ceci fait, il se justifia.

« Votre Majesté, je viens de la part de votre fiancé. Il demande à vous voir le plus vite possible. Je crois que le maître-d'armes l'aura renseigné sur votre nouvelle...fréquentation. » Dit-il en se forçant à articuler.

La princesse soupira, l'air agacée par cette nouvelle des plus ennuyeuse. D'un revers de la main, elle chassa les paroles de ce serviteur, n'ayant pas la tête à aller se justifier auprès de son futur époux. Ce choix était sien et elle engageait bien qui elle voulait. Point final. Le jeune page s'inclina pour s'excuser du dérangement et reparti vers l'intérieur du palais à la même allure qu'en arrivant.

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Sam 27 Juin - 18:22

 
Une nouvelle dame de compagnie à la langue bien pendue
 


Je teste mes limites ici, d’une certaine manière. Mon regard ne quitte pas celui de la femme en face de moi, alors que je montre, en quelques secondes à peine, le pire de mon caractère. J’en ai assez des endroits où on ne me tolère pas pour ce que je suis. Et, si cette femme veut me couper la langue ou me faire fouetter parce que je suis allé trop loin, autant dire que je m’en fiche. Ce n’est pas ce qui va changer ma manière d’être, ça non. Je ne suis pas du genre à me laisser intimider par qui que ce soit, et pour cela peu importe le rang de la personne en face de moi. Noble ou roturier, tout le monde a le droit d’avoir son caractère, et je ne vais pas commencer à changer ce que je suis. Je l’ai trop fait par le passé, et ça ne m’a apporté que des ennuis. De très gros ennuis. Ma mère a voulu me mettre à la porte de chez moi, j’ai faillis me faire tuer plusieurs fois, et j’en étais réduite à penser que j’allais devoir vendre les charmes de mon corps pour obtenir ce que je veux de la vie : un travail et mon indépendance. Parfois, je me dis que j’aurais du naitre chez les elfes. Là bas, on peut être une femme et avoir son indépendance. Alors que chez les humains, il n’est guère possible de pouvoir faire ce qu’on veut, ça non. Il faut toujours un homme pour nous guider dans la vie, c’est quelque chose que j’ai bien compris, malheureusement. Et, j’ai décidé une chose depuis longtemps, une chose qui a volé en éclat lors d’une conversation avec mon oncle, ce noble qui a su trouver mon prix. J’ai toujours voulu me marier par amour, et … Et en mettant en jeu la sécurité et l’avenir de ma petite sœur, cet homme a réussi à me faire changer d’avis. J’épouserai le premier noble qui le souhaitera, m’a-t-il dit, pour lui pondre des héritiers pour sa foutue fortune et son foutu lignage, sinon… Sinon Danaë en pâtira. Ma pauvre, ma chère petite Danaë, j’espère de tout cœur pouvoir la faire venir ici et l’enlever au joug de ce bourreau. Mais, pour cela, il faut qu’elle m’accepte, la princesse qui se trouve face à moi. Mon regard est planté dans le sien, et je laisse mon venin et mon humour acide sortir de ma bouche pour qu’elle sache à quoi s’attendre.

- Intéressant.

Voilà le seul mot qui sort de ma bouche lorsqu’elle me dit apprécier mon caractère. Oui, cela m’en dit plus sur elle qu’elle ne veut bien le croire. Soit elle-même est une hypocrite et elle va s’empresser d’aller me faire renvoyer dès qu’elle en aura l’occasion, soit… soit effectivement, elle a besoin de quelqu’un avec qui parler à cœur ouvert, avec qui discuter de tout et de rien, de quelqu’un qui lui fera part de son opinion franche et entière, comme je sais si bien le faire, qu’on me demande mon avis ou pas. Seul l’venir pourra me dire ce qu’il se passera. Je ne suis pas de ceux qui savent lire dans les cartes ou dans la forme des nuages un avenir qui n’en sera pas moins que probable. Ne dit-on pas que, lorsqu’on connait le bout du chemin, on ne peut qu’en dévier ?

Ma robe humide pend sur mes jambes et je contemple la femme en face de moi de haut en bas de la même manière qu’elle-même me détaille. Sa voix finit par trancher et elle me dit que je serais parfaite pour le travail qu’elle attend de moi. Un sourire monte à mes lèvres et je secoue la tête avant de faire une piètre révérence. Non pas que je ne sache pas en faire, mais je joue ici le rôle d’une gourdiche mal dégrossie.

- Oh, Ma Dame, nous en reparlerons dans une semaine, lorsque je vous aurais assommée avec tant de babillage et d’honnêteté que vous ne pourrez plus en supporter une seule de plus.

C’est alors qu’un serviteur apparait pour parler du fiancé de la dame en face de moi. Ha, en voilà un qui s’est renseigné sur moi, on dirait. Mon sourire se fige durant une seconde et je me contente de lui tourner le dos pour me pencher sur la fontaine et recueillir un peu d’eau en coupe dans mes mains, que je laisse s’écouler entre mes doigts, un air songeur sur le visage. Je pousse un profond soupir et me tourne ensuite vers la princesse, qui a renvoyé le page.

- Votre fiancé ne m’aimera pas. Je me doute qu’il doit être d’un rang bien supérieur au mien, et vous risquez gros en vous le mettant à dos, Ma Dame. Les hommes sont au pouvoir dans cette contrée, et nous autres, femmes, n’avons que le droit de nous incliner devant eux et d’accepter ce qu’ils nous ordonnent.

Je secoue lentement la tête de droite à gauche avant de secouer mes mains au dessus de l’eau pour en chasser les quelques gouttes qui sont encore dessus. Je traverse l’espace qui nous sépare et m’installe à côté de la princesse, plongeant mon regard dans le sien, soudainement bien plus sérieuse :

- S’il vous demande de me renvoyez, pourriez-vous tenter de le faire attendre quelques semaines ? Je dois faire venir ma petite sœur ici pour la protéger de mon oncle. Je sais qu’il s’attend à un échec de ma part, ma réputation de langue acérée à Helm est bien trop ancrée dans les mœurs pour qu’il envisage que je réussisse, mais j’ai peur pour Danaë. Peur qu’il se venge sur elle, et elle n’a rien fait. Elle est innocente de toute cette histoire...


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