Long time, no see {ft. Aodhán Delwyn} - [Quête]

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Jeu 7 Fév - 19:36
Long time, no see
Bree
{ft. Aodhán Delwyn}

Le jour n'était pas encore levé que déjà quelques silhouettes solitaires s'aventuraient à l'extérieur, traversant aussi vite que possible les rues détrempées de Bree. Il avait plut toute la nuit sur la petite bourgade et l'humidité nimbait la place aussi sûrement que la brume qui nappait les collines au petit matin. Il fallait décidément avoir une bonne raison de se trouver à l'extérieur ce jour là. Le froid était glaçant, le vent sans pitié faisait s'envoler le moindre pan de vêtement et la moindre mèche de cheveux. Rien d'étonnant aux vues de l'hiver qui s'éternisait dans la région, persécutant de ses dernières vagues de froid une population qui avait déjà bien souffert des très basses températures.

Adossée à l'entrée de l'auberge, perchée sur une montagne de cageots de bois, Indira attendait patiemment. Le capuchon de sa cape rabattu si bas sur le visage qu'il lui mangeait la moitié du front, la jeune femme se protégeait tant bien que mal des conditions climatiques, espérant intérieurement que son contact ne tarderait plus à arriver. Les choses s'étaient enchaînées depuis son arrivée à Bree et voilà qu'on s'attachait de nouveau ses services pour une mission. Et, chose mystérieuse, on ne lui avait apporté que très peu d'information au sujet de ce nouveau travail. Un certain malaise s'était emparé de la jeune femme qui se demandait ce que tout ceci signifiait. Ce n'était pas dans ses habitudes d'accepter ce genre de chose, il y avait trop de zones d'ombre, trop de possibilités pour que tout ceci tourne mal. Mais les temps étaient difficiles, l'hiver avait sérieusement entamé ses réserves, d'autant plus que les caravanes s'étaient faites plus rares. Il y avait peu de commerçants pour accepter de voyager en hiver, les conditions météorologiques étant bien trop rudes pour ça. Alors la jeune femme ne pouvait pas exactement se priver d'un nouveau travail.

Si l'expéditeur du message était resté très évasif sur la teneur de sa mission, il s'était contenté de lui apprendre qu'elle voyagerait en direction de Fornost, contournant la route habituelle par l'Est. Inutile de préciser que la perspective de patauger dans les eaux infectes du marais-aux-cousins n'enchantait guère la jeune éclaireuse qui aurait largement préféré la vieille route. Et qui d'ailleurs décidait soudainement de vouloir voyager vers une cité détruite, abandonnée depuis des lustres? Il n'y avait rien à voir à Fornost. Cela faisait des siècles qu'elle avait été réduite en cendres par une bataille que n'importe quel quidam pouvait retrouver dans une chronique d'histoire. Cette expédition promettait d'être aussi éprouvante qu'inutile. Mais à défaut de se fatiguer pour la bonne cause, Indira serait payée pour aller se balader dans des ruines. Elle ne perdait pas grand chose au change.

A ses côtés, la silhouette imposante de Coral s'agita discrètement. La jument venait de sentir l'arrivée d'un étranger et prévenait sa maîtresse. A quelque pas de là, une silhouette s'avançait effectivement vers elle, probablement son futur employeur. Quittant son perchoir pour aller vers lui, Indira se figea en plein mouvement. Une bourrasque de vent fit s'envoler sa capuche qui glissa sur ses épaules et la jeune femme ne fit rien pour la rabattre, occupée à dévisager le nouvel arrivant. Lui? L'espace de quelques secondes, Indira se figea. Elle n'était pas certaine, c'était arrivé il y a bien longtemps mais elle aurait juré reconnaître ce visage, même dix ans plus tard. Croisant les bras sur la poitrine, elle attendit qu'il approche, méfiante et à la fois glacée. A mesure qu'il avançait, l'inconnu, tel un vieux souvenir, se révéla à sa mémoire.

- Vous êtes en retard, déclara-t-elle froidement

Elle n'avait pas pu réprimer ce ton glacial à son arrivée, même si elle était parvenue à ne rien laisser filtrer. Déterminée à ne pas lâcher le moindre commentaire en premier, Indira se tut, attendant de voir, à la recherche du moindre signe chez son interlocuteur. Du moindre indice qui aurait pu laisser penser qu'il l'avait reconnue. Car elle, savait parfaitement de qui il s'agissait. Elle avait rencontré beaucoup de monde au cours de ses aventures mais celui là avait laissé une trace indélébile à sa mémoire. Aussi indélébile que la marque qu'il portait à la tempe gauche.

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Sam 9 Fév - 19:38

Long time, no see

L

e vent ne cessait de faire grincer les vieux volets en pin de l'Auberge, la pluie devait tomber drue dehors ,car le fracas des gouttes d'eau sur la toiture résonnait aux oreilles de l'homme assit sur le lit. Le jour ne se lèverait que dans plusieurs heures et pourtant il était déjà prêt. Dans le noir de la chambre, il repensait aux événements des jours précédents. Une lettre anonyme lui donnant rendez-vous à Fornost était arrivé il y a peu, cette lettre, il savait parfaitement qui l'avait envoyé et pourquoi. La question était : pourquoi Fornost ? D'ordinaire, lorsqu'ils devaient se rencontrer, ils le faisaient dans des endroits où il y avait foule et non en des lieux aussi isolés...Ce n'était qu'une cité en ruine, visible sur plusieurs lieux aux alentours, un endroit fort inhabituel pour une réunion entre Homme de l'Ombre. Chassant ces pensées anxieuses de son esprit, il enfila sa cape, remontant sur une nuque écharpe et vérifiant pour une énième fois si tout était à sa place. Dagues, épée, lame cachée, tout devait être là. Attrapant sa lourde besace il quitta la pièce.

Dans la rue, l'agitation battait son plein. La pluie venait de cesser ,mais le vent soufflait encore avec ardeur, faisant peinés ceux qui portaient de lourdes cargaisons sur les pavés. De nombreux chariots encombraient les rues, certaines remplies de denrées, d'autres d'objets en tout genre, tirées par des chevaux, poneys ou parfois à la force des bras. Ce devait être jour de marché à Bree. Marchant d'un pas assuré, courbant pourtant l'échine sous les rafales, il se dirigea vers l'écurie où il avait installé son cheval pour la nuit. Un grand bâtiment d'aspect sinistre ,mais qui pouvait facilement accueillir une bonne dizaine de chevaux lui avait coûté plus chers que sa propre chambre. Le confort de son cheval était primordial à ses yeux ,car c'est lui qui lui permettait de voyager où bon lui semblait. Avançant dans l'allée, il siffla trois notes, banales et faciles a imiter, et attendit une réponse. Tout au fond de l'écurie, un ronflement grave sembla répondre, une tête passa par-dessus la porte et un hennissement étouffé l'accueillit. Gondor, étalon noir allant sur sa neuvième année, compagnons de galères depuis presque six ans. C'était son frère qui lui avait offert ce cheval et depuis ils ne s'étaient jamais quittés. Lui flattant l'encolure, il entra dans le box et attrapa sa selle posée sur un des murs. Un passage de la main sur le dos de l'animal pour enlever les brins de paille et il sella.

De retour dans le brouhaha de Bree, Gondor coucha les oreilles en signe de mécontentement. Il ne supportait pas la foule, n'hésitant pas à botter et mordre s'il on s'approchait trop à son goût. De toute manière, ce cheval avait un vrai caractère de cochon. Le jeune homme ignorait l'heure qu'il était mais il devait se hâter. Pour partir à Fornost, il avait fait appel au service d'un éclaireur, histoire de ne pas éveiller trop de soupçon. Il est rare de voir un cavalier solitaire traversé le Marais-aux-cousins et cela aurait sans doute attiré l'attention de personnes trop curieuses. Et puis surtout qu'Aodhán voyageait sous couverture, se faisant passé pour un simple cartographe, il ne pouvait se permettre de tout gâcher pour un simple voyage. L'annonce qu'il avait laissé à Bree avait trouvé preneur et il avait donc rendez-vous avec son contact au premier rayon du jour devant l'Auberge. Resserrant sa blouse de cuir gravée du symbole du Gondor, il aperçut une silhouette en haut d'un tas de cageots. Celle-ci descendit à terre et une bourrasque découvrit son visage, alors caché par un imposant capuchon. Devant la surprise de cette vision, Aodhán marqua un temps d'arrêt, tira sur la bride de l'étalon qui marchait à ses côtés. Une femme ? Était-ce une farce ? Non il devait sans doute se tromper.
    - Vous êtes en retard

Le tons froid de la femme lui fit froncer les sourcils ,mais il ne cessa pas de marcher vers elle. Quelque chose dans sa voix éveilla sa mémoire, titillée par un sentiment de déjà-vue. Approchant plus près, ne laissant nullement paraitre la méfiance qui grandissant en lui, il se permit de mieux l'observer. Plus que sa voix, ce fut ses yeux qui firent revenir un souvenir. Flou, terriblement vague, une sensation de picotement sur la tempe et la joue. Ne rien laisser voir, cela était primordial. Un souvenir trop estompé pour y prêter la moindre attention.
    - Je ne suis nullement en retard, le soleil n'est point levé.

Il avait une voix un peu grave ,mais il ne se voulait pas paraitre froid. Si cette femme était vraiment son contact, il avait besoin d'elle. Et même si ça lui faisait mal de l'admettre, sa mission dépendait en grande partie d'elle. Mais après tout il ne devait pas se plaindre, elle n'était pas désagréable à regarder.
    - Si je puis me permettre, à qui ai-je l'honneur ? Car vous m'accusez d'être en retard ,mais je ne sais même pas si c'est bien à vous que je dois me justifier.






J'ai honte -.-
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Lun 11 Fév - 15:11
Sa remarque ou autre chose avait eut l'air de le contrarier puisque le jeune homme fronça imperceptiblement les sourcils à sa vue. Il l'avait reconnue ou alors sa réflexion sur la ponctualité l'avait fait réagir. Quoique se fut, il le masqua rapidement pour adopter une expression neutre. Au lieu de quoi il décida d'entamer les présentations. Il était vrai qu'Indira avait parlé avant d'en savoir plus mais elle était presque certaine de ne pas s'être trompée. Mais l'idée qu'il l'ait engagée sans vraiment savoir qui elle était l'interpellait d'autant plus que ce n'était pas monnaie courante. La plupart de ses clients avaient une idée succincte de qui elle était. Hors celui ci avait l'air de ne pas s'être attendu à la trouver là.

- Indira, laissa-t-elle finalement tomber, et vous venez de m'engager pour vous accompagner jusqu'à Fornost. Mais je peux tout aussi bien vous retourner le compliment.

Elle se garda bien de parler de ses réticences à adopter l'itinéraire qu'il avait conseillé même si l'envie ne manquait pas. Hors de question de prendre le risque de perdre cette mission parce qu'elle n'avait pas su tenir sa langue. Indira avait déjà du assumer plus d'une fois les conséquences de son impulsivité et même si l'idée de voyager avec lui ne l'enchantait guère, il allait falloir qu'elle compose avec. Dix ans plus tard, il fallait qu'elle tombe sur cet homme à l'autre bout de la Terre du Milieu, quel hasard pouvait se montrer si pervers? Bien malgré elle, les souvenirs affluèrent à sa mémoire. D'une époque bien lointaine où elle n'était qu'une gamine naïve et arrogante, persuadée de pouvoir tout contrôler. Elle s'était montrée bien stupide à l'époque mais Indira ne répèterait pas cet épisode une seconde fois, elle avait passé l'âge où des étrangers pouvaient se servir d'elle.

- Et aux vues du détour considérable qui nous attend nous devrions déjà être partis
.

Trop tard. La phrase était sortie sans qu'elle puisse y faire grand chose. Des années de rancœurs et voilà que l'éclaireuse expérimentée se transformait en adolescente en colère. Trois minute et elle réussissait déjà à le provoquer. La route jusqu'à la cité abandonnée risquait d'être fort longue. D'autant plus s'ils devaient passer la première partie du voyage à patauger dans les eaux immondes du marais. Indira ne se rappelait que trop bien de sa dernière incursions là bas et s'était promis à l'époque qu'il s'agirait de sa dernière. Parsemés d'ornières et de marécages boueux, les lieux étaient le royaume des moustiques et autres bestioles dégoutantes qui n'attendaient que l'arrivée du voyageur innocent pour se lancer dans un festin de choix. Rien que d'y penser la jeune femme éprouvait la sensation désagréable des démangeaisons d'une bonne piqûre de moustique.

- Il faut nous débrouiller pour atteindre le marais avant la tombée du jour ou nous courront le risque de nous faire importuner par ses pensionnaires.

La jeune femme appuya ses dires en se dirigeant vers Coral, vérifiant pour la énième fois que sa sacoche était bien scellée et ses cartes bien rangées à l'abri de la pluie. La route vers le bois de Chet ne posait pas de difficultés particulière mais elle aurait besoin de ces précieuses cartes pour éviter les mares et autres tourbières qui l'attendaient. Il ne ferait pas bon amener son client en pleins sables mouvants. Même si l'idée lui parue fugitivement plaisante et lui arracha un petit sourire.



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Lun 11 Fév - 22:18

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J

usqu'au dernier moment il avait espéré que cette femme ne soit pas la personne qu'il avait engagée pour ce périple. Non pas que faire une si longue route en charmante compagnie le dépitait, bien au contraire, mais ce qu'il redoutait c'était surtout la réaction de l'Autre. Oh il voyait déjà le regard sombre de son supérieur se poser sur la jeune femme et puis finalement les railleries que cette situation allait engendrer du style « Besoin des jupons d'une dame pour les voyages maintenant ? Ceux de ta mère n'étaient point assez grand ? » ou bien encore « Même en mission Aod ne perd pas le nord : même perdu en Terre du Milieu, il lui faut une femme pour combler ses nuits » Il faut bien le dire, Aod se laissait facilement tenter par les charmes de certaines femmes ,mais de là à dire qu'il était un coureur de jupons sans vergognes c'était un peu abusé. Non en fait Aod en n'avait strictement rien à faire de ce que pouvait bien penser les Autres, mais ce ne l'arrangeait tout de même guère que cette Indira l'accompagne. Indira...Ce prénom lui disait vaguement quelque chose, tout comme ses yeux ,mais sa Mémoire ne parvenait pas à saisir le souvenir de leur rencontre. Saleté de choses qu'était sa Mémoire ,car ce n'était pas pour lui remémorer les meilleurs moments de sa vie qu'elle « fonctionnait » mais pour lui rappeler tout le Reste, là elle marchait bien...Toutes ses nuits sans dormir à entendre encore les cris et les pleurs de ces hommes, de ces femmes parfois...Mais le souvenir d'une simple rencontre ,non, ce n'était pas faisable. Il eût un léger moment d'absence après qu'elle se fut présenté et il voyait bien ses lèvres bouger ,mais ses mots furent incompréhensibles jusqu'à ce qu'elle termine sa phrase pas « le compliment » Il ignorait totalement ce qu'elle venait de dire ,mais il lui sembla logique que c'était à son tour de se présenter.
    - Aodhán, fils de Mareoth , cartographe pour la bibliothèque de Minas Tirith - comme tout bon Noble qu'il était, il fit une légère révérence, rien de bien prononcer, juste un petit basculement du haut du buste et de la tête - pardonné mon étonnement , je ne pensais pas avoir engagé une Dame pour une telle mission, a moins que les personnes de la Taverne parlaient en faites de vous en évoquant le nom d'Ahmedani.

A peine eu-t-il le temps de faire ses fausses excuses, ce n'en étaient pas vraiment ,car il ne c'était pas montré offensant en adoptant un air étonné mais il connaissant nombre de femme susceptible alors valait mieux pour lui de faire profil bas pour le moment, qu'Indira lui fit remarqué que le voyage jusqu'à Fornost n'était pas des plus courts et qu'ils devaient donc se hâter de partir. Un léger sourire apparut sur le visage d'Aod, retenant un léger rire il se demanda pourquoi diable autant d'empressement. Avait-elle hâte de chevaucher parmi les moustiques du Marais-aux-cousins ? OU bien voulait elle éviter les troupes d'orc qui patrouillaient souvent dans cette région. Ce fut surtout le ton d'Indira qui le fit le plus sourire, on aurait dit une jeune fille farouche plus qu'une éclaireuse de grande renommée.. Dans tout les cas, il restait pourtant d'accord avec ses dires, valait mieux se presser ,car la route était belle et bien longue et loin d'être de tout repos. Fornost , quelle idée saugrenue. La taverne de Bree aurait été une bien meilleure idée. Tellement plus agréable de l'Attendre avec une choppe de bière que de subir les assauts de maudits moustiques. Resserrant la sangle sur la selle de Gondor, il jeta un dernier coup d'oeil dans ses sacoches. Manique parfois, il vérifiait sans arrêt que tout soit à sa place, cela avait parfois des avantages ,mais des amis tournaient souvent cette habitude en moquerie. Il entendait Indira de dire qu'il fallait absolument se débrouiller pour être au Marais avec le Zénith tout en se dirigeant vers sa monture Se mettant en selle, Gondor ronfla des naseaux et coucha les oreilles avant de partir en avant sans qu'Aod ne lui demande. Tira sur la bride il l'arrêta au côté de la jument d'Indira, a distance respectueuse tout de même.
    - C'est maintenant à mon tour de vous attendre ! Si vous faire importuner par les Moustiques ne vous sied guère nous devons passer le bois de Chet avant que le soleil ne soit en haut des arbres !

Il ne se voulait pas arrogant ,mais son timbre naturel donnait bien trop souvent cette impression. Pour faire bonne figure bonne figure il fit un léger sourire, chaleureux pour certains, vraiment provocateur pour d'autres. Il fallait bien connaitre Aod pour savoir quand est ce qu'il vous faisait tourner en bourrique avec son air voyous et quand il était vraiment sincère dans ses sourires. Il mentait aussi facilement qu'il respirait et même lui parfois ne savait plus s'il était vraiment ce jeune homme à l'air merdeux ou s'il jouait une sorte de rôle...
Allant de l'avant en direction de la Porte de Bree, il attendit en ralentissant au maximum les foulées de Gondor, qu'Indira le rejoigne. Sans savoir si elle était proche ou non il lui posa tout de même la question qui lui trottait en tête depuis un moment
    - Si passer par le Marais-aux-Cousins ne vous enchante pas plus que ça, pourquoi avoir accepté ? Il y avait d'autres propositions à l'auberge quand j'y ai laissé la mienne ?

A vrai dire il se doutait bien de la réponse, il avait promît une belle somme pour ce voyage ,mais il voulait surtout en apprendre plus sur la jeune femme. Le fait que sa Mémoire bloque sur un souvenir l'agaçait fortement et il espérait que plus elle parlerait , plus il pourrait tenter de se remémorer. Car il en était quasiment certain : il avait déjà vu cette femme. Longtemps, il y a fort longtemps...


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Jeu 14 Fév - 16:17
Elle le dévisageait. Du coin de l'oeil, alors qu'elle s'affairait à ses derniers préparatifs, Indira ne pouvait s'empêcher de le fixer. A la recherche de la moindre hésitation, du moindre air gêné qui aurait pu laisser penser que son visage lui était enfin revenu en mémoire. Il fallait croire que cet épisode revêtait largement moins d'importance pour lui que pour elle. Ce qui n'était pas étonnant sachant qu'il ne se rappelait déjà plus de rien ce matin là. Ce petit malappris avait un ouvert un œil confus, l'avait dévisagée, la surprise grandissante avant de lui demander qui elle était. La jeune éclaireuse se rappelait de la rage qu'elle avait ressenti à ce moment là, se souvenait d'avoir attrapé le premier objet qui lui était tombé sous la main pour le lui lancer à la figure avant de le mettre à la porte sans ménagement. Il y avait eut des mots, quelques insultes pour le moins colorées de sa part, ainsi qu'une ou deux menaces de mort.

- On me donne bien des noms différents, se contenta-t-elle de répondre énigmatique


Alors qu'elle s'occupait à vérifier une dernière fois que tout était en ordre, il s'était mis en selle et l'attendait désormais, se permettant un petit commentaire sur sa prétendue hâte d'en finir rapidement. Comme si la jeune femme ne venait pas de faire la même remarque à l'instant. C'était vraiment déconcertant de voir se personnage prendre les rênes comme s'il en avait eut l'initiative. Indira se demanda encore une fois fugitivement quelle utilité elle pourrait bien avoir dans cette affaire. Mais elle s'en moquait bien. Il n'était pas question de se désister et c'était un travail fort bien payé. Autant serrer les dents et endurer l'expérience jusqu'au bout. Elle pouvait bien lui lâcher la bride un petit temps. Du moins jusqu'à ce que les eaux traîtres du marais ne fassent leur apparition. Car la jeune femme ne tenait pas à finir au fond d'une fosse parce qu'elle l'avait suivi aveuglément. Aussi se contenta-t-elle de froncer les sourcils, visiblement vexée, sans pour autant répliquer quoi que se soit. Se mettant en selle, elle mena Coral côte à côte à la monture de son infortuné compagnon de voyage. A une distance respectueuse mais qui permettrait tout de même de continuer la conversation. Ils étaient encore en pleine rue principale, il n'était pas question de se déplacer autrement qu'au pas, il y avait bien trop de passants et d'obstacles en tout genre maintenant que le jour s'était levé.
Leurs premiers mètres se firent dans le silence, silence qui ne dura que peu de temps avant qu'il enchaîne sur une autre question. Poussé par la curiosité ou toute autre raison, il avait vraisemblablement envie d'en savoir plus sur elle. Pensive, Indira réfléchit à sa réponse, ne souhaitant pas trop en dévoiler pour le moment. En dehors du fait qu'elle n'avait aucunement confiance en lui, Indira n'était pas le genre de femme à dévoiler les moindres détails de sa vie au tout venant. Plutôt secrète, elle n'aimait pas beaucoup les long bavardages sur sa personne. Mais elle avait tout bonnement répondu à l'offre la plus intéressante. Les quelques messages qui restaient offraient des voyages trop courts ou alors trop ardus pour la somme proposée et avec l'hiver qui s'éternisait, la jeune éclaireuse n'avait aucune envie d'aller tenter une traversée des Mont Brumeux pour une somme dérisoire. Ces commerçants partageaient tous un même défaut, celui d'être pingre au possible.

- Je n'étais pas spécialement motivée par la perspective d'attraper une ou deux engelures en traversant les Monts Brumeux. Avec cet hiver qui n'en finit plus c'est du pur suicide, finit-elle par lâcher

C'était à se demander qui serait suffisamment fou pour accepter ce genre de travail. Suffisamment fou ou désespéré. Au choix. Ce n'était pas le cas d'Indira qu'une traversée mémorable du col du Caradhras avait marqué à vie sur la dureté de l'hiver en haute montagne. Merci bien.
Se faisant, ils avaient finit par atteindre l'entrée de Bree Les portes venaient à peine d'être ouvertes pour la journée et le garde de nuit s'apprêtait à quitter son poste, les traits tirés par la fatigue. Alors qu'elle passait les contreforts, Indira jeta un dernier regard vers la bourgade. Elle ne reverrait pas ces murs avant quelques temps, c'était certain.


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Ven 15 Fév - 19:51

Long time, no see

L

es rues Bree grouillait de plus en plus de personnages en tout genre, les obligeant à rester au pas, tantôt l'un derrière l'autre, tantôt côte à côte. Gondor n'aimait que vaguement les passages étroits ou les endroits trop peuplés et Aodhán sentait bien que sa monture risquait à tout moment d'envoyer valser le prochain qui lui collerait l'arrière train de trop près. D'une voie apaisante lui tenta de l'apaiser, bon gré mal gré, alors qu'Hommes, Nains, Hobbits et peut-être même elfes s'agitaient en tout sens sur les pavés de la ville. A ses côtés, sans doute légèrement derrière, car hors de son champ de vision, Aod sentait la présence d'Indira. Il ignorait pourquoi ,mais il avait la vague impression qu'elle n'était pas des plus enchantée lorsqu'elle l'avait découvert en temps qu'employeur. S'il n'y avait eu que cette impression là, ce n'aurait été qu'un détail futile mais c'était surtout ce sentiment de déjà-vus qui lui laissait de plus en plus croire qu'en effet tout les deux c'étaient déjà rencontrés par le passé... Mais où et quand ? Voilà presque huit années qu'Aodhán parcourrait la Terre du Milieu plus ou moins sous sa vraie identité et sa mémoire avait enregistré une grande partie des nombreux visages qu'il avait croisés...Alors pourquoi bloquait-il sur celle d'Indira ? Etait ce avant qu'il ne quitte du Gondor ? Mise à part Minas Tirirh et le camp principal des Hommes de L'ombre il n'avait guère voyagé. L'avait il croisé dans sa cité ? Peut être bien ,mais le problème restait le même, il ne s'en souvenait guère. Les paroles d'Indira le firent quitté ses songes, regardant devant lui pour ne pas conduire Gondor vers un quelconque obstacle. Ce n'était donc pas l'argent - ou du moins ce n'était pas la raison principale- qui l'avait conduit à faire ce choix ,mais le risque plus ou moins grand de rester bloquer dans les Monts Brumeux. Il comprenait bien son point de vue, lui qui y était passé il y a presque un mois en revenant du Gondor.
    - Vous n'avez pas tort sur ce point, ma récente traversée de ces Monts fut laborieuse ,mon guide n'a guère apprécié ,mais je suis toujours en vie.

Avant son arrivée à Bree, Aodhán avait presque traversé la Terre du Milieu du sud vers le nord, seul et non comme il le prétendait, partant de Minas Tirith , longeant l'Anórien puis l'Anduin pour ensuite passer les Monts Brumeux et redescendre avec le Mitheithel jusqu'à Bree. S'il avait su qu'il devrait se rendre à Fornost il serait tout bonnement passé par les Landes d'Etten , s'évitant ainsi ce long détour. Et peut-être aussi les tracas du flou souvenir en la personne d'Indira...
Alors qu'ils passaient les contreforts, Aodhán remonta son capuchon à son maximum, mettant ainsi dans l'ombre une grande partie de son visage. Il y avait dans l'air quelque chose de bizarre, un froid d'hiver qui n'avait rien de normal. Indira sans doute un dernier regard vers Bree alors que lui n'y prêta pas plus d'attention, son regard se tournant plutôt vers le chemin allant vers Fornost. Dans le ciel, le soleil commençait sa folle course mais d'épais nuages masquaient ses rayons, plongeant la Terre dans une lumière étrange. Il arrêta Gondor et se retourna vers Indira. Après tout il devait faire comme s'il ne connaissait pas vraiment la Route, jouer le bon Noble qui rejoint la Cité en Ruine pour la première fois.
    - A partir d'ici je vous laisse passer devant, mis à part ce que j'ai pu lire dans des cartes je ne connais que peu cette route. A vous l'honneur -
dit'il en montrant la route d'un mouvement de main.
Même sur le chemin, Aod n'allait pas en démordre, il voulait savoir qui elle était. Se sentir aussi désarmé face à un souvenir récalcitrant l'énervait au plus au point. Et puis peut être qu'il se trompait. Ce n'était peut-être pas elle, après tout si c'était Indira, elle lui aurait fait remarquer le fait qu'ils se connaissaient non ? Oh ciel pourquoi se poser autant de questions ?!
    - Si je peux me permettre aussi, pourrions parfois faire des haltes afin que je puisse pendre quelques notes pour mes cartes ? Du moins si cela ne gène en rien l'emploi du temps que vous vous êtes fixée !

Et voilà comment passer pour le parfait voyageur a moitié débrouillard. Non mais sérieusement si son frère voyait l'attitude qu'Aod devait adopter pour rester discret, il aurait surement honte de lui. Mais il faut ce qu'il faut et si pour cela il devait passer pour le pire des imbéciles il le ferait...Pas longtemps certes ,mais il le ferait. Après tout n'avait il pas menti aux Nains des Montagnes bleues pour pouvoir assassiner l'un des leurs ?
Il suivit donc Indira sur le chemin, chuchotant des paroles apaisantes à voix bases pour calmer son étalon qui ne demandait qu'à partir au grand galop. Espérant en son fort intérieur que le voyage se termine vite ,car la présence de la jeune femme le mettait trop mal à l'aise à son goût...


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Dim 17 Fév - 15:07
Ils étaient enfin partis. A une allure plutôt tranquille, ils s'éloignèrent de Bree, progressant le long de la grande route de l'Est. Ils croisèrent peu de voyageurs, à peine quelques carrioles de retardataires qui se rendaient au marché hebdomadaire de la ville, leurs cageots débordants de produits en tout genre. Aucun d'eux ne fit attention au duo de voyageurs qui arpentait la route, côte à côte dans le soleil levant. La route descendait en lacets paresseux, le long de la pente que formait la colline de Bree et l'air froid du matin faisait s'élever des nuages de buée. Au loin au sud, s'élevait l'ombre familière du bois de Chet du Sud. La jeune femme avait choisi de le contourner par la route, à la fois pour gagner du temps et à la fois pour brouiller leur piste, comme l'avait demandé son employeur. Cet énorme détour par l'est ayant pu être évité s'ils avaient tout simplement obliqué au nord en direction de Combe et d'Archet. Mais il était spécifié dans le message qu'on tenait à ce qu'elle évite les bourgades et autres lieux habités.
Il avait mentionné son propre voyage en direction de Bree, arguant qu'elle avait eut raison de refuser d'autres offres, le temps dans les montagnes étant positivement exécrable. Pour un Gondorien, il avait effectué un bien long voyage pour venir jusqu'en Eriador. Mais il était vrai que les Hommes du sud s'étaient peu intéressés aux terres du nord jusqu'à présent, d'autant plus cette région reculée et si éloignée de leur royaume. Indira eut un curieux regard, essayant de concilier le jeune homme arrogant de son souvenir à ce voyageur qui parcourait la Terre du Milieu pour dessiner des cartes. Les deux lui semblaient irréconciliables. Et pourtant, il lui demanda même s'il était possible de s'arrêter quelques fois.

- Il faudra de toute façon laisser reposer les chevaux, concéda-t-elle, nous ferons une halte lorsque nous aurons atteint le bois de Chet du sud.

Il leur faudrait encore quelques heures à une allure soutenue avant de l'atteindre. Et c'était toujours la partie la plus agréable du voyage. Coincé entre Staddel et le Marais-aux-cousins, l'endroit était peu fréquenté mais offrait quelques endroits sûrs où s'arrêter avant d'entamer la longue traversée des marécages. Si la carte n'incluait pas une description en bonne et due forme des collines venteuses, la jeune femme se serait bien passée du cadeau. Les heures défilèrent doucement, il ne passa à vrai dire pas grand chose au cours de cette première journée et Indira fut secrètement ravie une fois qu'ils eurent dépassé la ville de Staddel. Le bois était tout proche et ils pourraient y faire une première pause. Ils avaient de l'avance et le soleil amorçait à peine sa phase descendante vers l'ouest. Indiquant la ligne des arbres d'un signe de tête, la jeune femme lui signala qu'ils s'arrêterait bientôt.

- Nous pourront faire une halte sous le couvert des arbres, ajouta-t-elle, nous avons un peu de temps devant nous.

Elle n'avait cessé de le dévisager depuis leur départ. Avec une telle application qu'il avait du se poser des questions. Mais la jeune femme ne pouvait s'en empêcher. Comme ne pouvait-il pas s'en s'en rappeler? Dix ans avaient passés mais le souvenir était toujours aussi cuisant à sa mémoire. Si bien qu'une atmosphère pesante s'était établie entre eux. Un climat lourd et plein de non-dits qui était tombé comme une chape de plomb. Indira se sentait mal à l'aise, ne sachant que penser, comment agir. La tentation était grande de céder à la rancune mais elle ne pouvait pas non plus se permettre de déclencher un affrontement dans ces conditions. Et n'avait-elle pas grandit un peu? Elle qui se pensait plus responsable avec l'âge réagissait avec l'impulsivité d'une adolescente. Mettant pied à terre, la jeune femme choisit d'aller se poser un peu plus loin sur un rocher exposé au soleil, profitant du peu de chaleur que lui transmettait ses rayons. Longuement silencieuse, elle dévisagea son compagnon de voyage, ne sachant que faire.

- Qu'est ce qui peut bien amener un cartographe du sud dans ces contrées reculées? S'enquit-elle finalement, ce voyage à Fornost m'a tout l'air d'une punition.


C'était une façon comme une autre d'en savoir un peu plus. Il s'était montré assez discret et Indira tentait toutefois d'en apprendre un peu plus, poussée par la curiosité. Quelle drôle d'entreprise pouvait pousser quelqu'un si loin de chez lui? Et qu'avait-il fait pendant toutes ces années? Quand elle repensait à sa propre évolution, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait aussi pas mal changé. Peut être.


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Mar 19 Fév - 22:16

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sa grande surprise, sa guide lui concéda quelques possibles haltes pour permettre aux chevaux de se reposer et elle lui indiqua même un premier lieu d'arrêt : Le Bois de Chet du Sud. Il ne s'attendait pas vraiment à avoir une réponse positive à sa requête et là remercia d'un simple geste de la tête.

La première matinée de route se passa sans encombre, ils ne rencontrèrent que de rare personne qui, pour la majeure partie, allaient en direction de Bree, sans prêter d'attention aux deux voyageurs. Pour bien voyager : voyager discret. C'est ce qu'on lui avait toujours dit. Eviter de porter des armes voyantes et capes de couleurs vives, porter un minimum de choses sur le cheval ( un voyage avec des besaces pleines à craquer éveillera sans doute l'attention de quelques chapardeurs qu'un voyageur semblant voyager pauvrement), bref des détails qui pouvaient faire la différence entre un voyage calme et un qui tourne mal.Voyageant vers le long de la grande route de l'Est, ils avaient adopté une allure plutôt calme dans un paysage légèrement vallonné qui s'éveillait doucement dans l'air froid du matin. Aucune parole ne fut prononcée , juste quelques indications sur les changements d'allures ou pendant la pause casse croute en début d'après midi. Ce n'était pour en déplaire à Aodhán. Voyageant seul la plupart du temps, il avait prit l'habitude de ne pas parler durant de longues heures, chose difficiles pour lui au début. Grand bavard de nature, il racontait des heures durant des histoires où n'importe quoi d'autres à son ancien cheval , alors quand il avait l'occasion de voyager en compagnie de quelqu'un il s'en donnait à coeur joie. Pourtant dans cas là, il n'était pas d'humeur propice à la discussion et les longs silences ne semblaient nullement gener la jeune femme. La journée se passa ainsi, jusqu'à ce qu'ils dépassent Staddel, les rapprochant peu à peu du Marais-Aux-Cousins et de Fornost. L'allure avait été plus soutenue depuis quelques kilomètres à la grande joie de Gondor qui pouvait enfin se défouler un peu. Loin de brimer son étalon, Aod le laissa faire, prenant parfois de l'avance sur Indira pour s'arrêter finalement et attendre qu'elle et sa jument les rattrapent. Valait mieux pour eux que Gondor se fatigue durant la journée ,car le soir venus il était capable de ne pas tenir en place et défaire son attache pour partir en vadrouille. Et ça valait mieux l'éviter pour l'instant. Après un si long moment sans rien n'entendre d'autres que les sabots des chevaux et leurs souffles rauques, Aodhán sursauta presque au son de la voix d'Indira, lui annonçant une halte prochaine , sous le couvert des arbres. Le soleil entamait sa descente vers l'Ouest et au fond de lui il se dit qu'il ne serait pas contre le fait de dormir ici . Cela faisait deux nuits où il ne dormait guère ou très peu, de nouveaux hanté par ses vieux démons et son corps commençait à crier fatigue.

Il ne répondit rien , sentant le regard de la jeune femme sur lui. Depuis qu'ils avaient quittés Bree, elle n'avait cessé de le regarder du coin de l'oeil et Aod sentait bien que, tout comme pour lui, quelque chose la taraudait. Voilà la vraie raison du silence d'Aodhán. S'il avait été certain de ne pas la connaitre, il lui aurait fait la conversation tout au long de la journée si la jeune femme le voulait, mais cette horrible impression qui persistait et se renforçait de plus en plus ne l'encourageait guère à discuter. Ils s'arrêtèrent un peu en retrait du sentier qu'il suivait et alors qu'il était en train de détacher la sacoche contenant ce dont il avait besoin, Indira décida de rompre le silence digne d'une veillée funèbre qui les avait accompagnés tout du long. Il tourna la tête vers elle. Elle s'était posée sur un rocher au soleil, profitant sans doute de ses derniers rayons chauds. Sa question était elle sérieuse ? Après une journée sans rien dire elle ne s'inquiétait que maintenant de ce qu'il pouvait bien faire là ? Un Gondorien aussi loin dans le Nord ce n'était pas courant sauf s'il l'on connaissait certains agissements de ce Royaume notamment avec les Hommes de l'Ombre. Pourtant il n'hésita pas sur la réponse à donner. On lui avait déjà posé cette question nombres de fois et sa réponse restait toujours plus ou moins la même.
    - Si je peux me permettre aussi, pourrions parfois faire des haltes afin que je puisse pendre quelques notes pour mes cartes ? Du moins si cela ne gène en rien l'emploi du temps que vous vous êtes fixée !

    - Voilà quelques siècles, la Bibliothèque de Minas Tirith a été saccagé et pillée. Durant la lutte Fratricide au Gondor, des documents inestimables furent dérobés... Depuis des générations, nous nous évertuons à retrouver ces reliques ou en acquérir d'autres. Un carte de la Terre du Milieu fut commencée à la fin de la Dynastie royale du Gondor ,mais ne fut jamais achevée...- Aod était bien conscient qu'elle ne lui avait nullement demandé un cours d'Histoire ,mais il avait ce Pays dans le Sang, on le sentait lorsqu'il en parlait, rare était pour lui les occasions d'en parler alors il en profitait quand il le pouvait - ... ma Famille édite des Cartes et des Ouvrages des générations. Je n'ai eu d'autres choix que de suivre ce chemin là...Ce voyage vers Fornost n'a rien d'une punition détrompez vous, j'aime les murs de ma Cité mais je les aime sans doutes plus quand j'en suis le plus loin possible !

Il passa sa sacoche autour de son épaule, dessella Gondor pour qu'il puisse se rouler à sa guise et s'enlever les premières traces de sueurs qui perlaient sur son poil. Ce qu'il venait de dire était presque la pure vérité. La famille de sa mère était une ligne d'Historien et de cartographe dévoués à leur Pays , et les faits historiques étaient véridiques. Devenir cartographe n'était nullement le rêve d'Aod dans sa jeunesse ,mais il se souvenait qu'il adorait regarder sa mère dessiner des heures durant. C'est en quelque sorte pour honorer le souvenir de sa défunte mère qu'il se tourna vers se métier en plus de l’Organisation des Hommes de l'Ombre.. Sa Mémoire aidant fortement à se souvenir des détails, des routes et autres indications fortes utiles sur une carte. Et puis il dessinait à merveille lorsqu'il prenait son temps. Le dessin n'était pas vraiment la passion qu'on s'attendait à découvrir chez un homme comme lui au premier abord. Accrochant Gondor a une longue corde sur une branche flexible, il s'installa contre un rocher de manière à ce qu'il est juste assez de lumière pour pouvoir dessiner. Il prit un livre, ou du moins une pochette de cuir où des feuilles de parchemins de très bonnes qualités étaient liées les unes aux autres , ainsi que des Bâtonnets de fusain . Il savait que la pause n'allait pas durer des heures alors il se contenterait de croquis rapide.
    - Je ne serais pas long, je ne vais faire que de simples croquis du paysage et des points de repères que j'ai pris sur la route. Nous repartiront dès que nous en aurez assez de rester là.

Les premiers traits semblaient tracés au hasard, ne donnant rien de bien congrès au premier regard ,mais rapidement le paysage alentour apparu sur la feuille. Puis, alors qu'il dessinait dans un coin du parchemin un point de repère situé plus amont du chemin, il leva les yeux et regarda Indira
    - Puis-je vous demandez un service ? - Il lui tendit une petite pile de parchemins - Je n'ai pas encore eu l'occasion d'avoir l'avis d'un oeil expert, puisque vous voyager plus souvent que moi, pourriez-vous me donner votre avis sur les cartes là ?

Il ne retourna pas directement à son dessin ,mais il se permit de regarda Indira avec un peu plus d'attention. Sa mémoire travaillait à plein régime et sans même s'en rendre compte, il effleura la cicatrice qu'il avait sur le haut de sa joue gauche ainsi que celle juste au-dessus, sur l'arcade sourcilière.
    - Vous savez d'où je viens et pourquoi je suis ici, moi qui vous ai embauché je ne sais rien de vous. D'où est-ce que vous venez ? Et pourquoi une auberge à Bree comme lieu pour recevoir des missions ? Ne serait-ce pas plus efficace dans une grande cité ?










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Jeu 21 Fév - 22:01
Étonnée par la réponse qu'il lui donna, Indira accepta les documents qu'il lui tendait. Elle ignorait ce qu'elle s'attendait à entendre au juste. Probablement pas cette petite note exaltée dans la voix, ni ce regard lointain qui trahissait le fait qu'il avait passé pas mal de temps sur les routes. C'était un voyageur qui était resté attaché à sa cité d'origine. Ce qui était loin d'être le cas d'Indira. Si Minas Tirith avait été son foyer de nombreuses années durant, la jeune femme n'y mettait plus souvent les pieds à présent, évitant de réveiller un passé désormais révolu.
Lorsque le jeune homme lui proposa de jeter un regard à ses cartes, elle accepta de bonne grâce, détaillant les documents d'un œil entraîné. C'était plutôt du bon travail pour quelqu'un qui n'était jamais venu sur ces terres. Nombres de détails avaient été ajoutés qui ne figuraient même pas sur les siennes. Elle lui rendit ses documents, se permettant juste une ou deux remarques sur des petits détails et lui indiquant une ou deux voies peu connues qui serpentaient dans les collines.

Mais la jeune femme perdit de son aisance lorsqu'il l'interrogea avec plus d'insistance sur son passé. Figée, Indira ne su que répondre. Elle n'avait jamais vraiment parlé à quiconque de ses origines. Se contentant de vaguement mentionner qu'elle était étrangère. Les Gondoriens n'aimaient pas beaucoup les Variags et la jeune femme ne donnait pas cher de sa peau si elle avait eut l'audace d'admettre en plein Minas Tirith qu'elle était originaire des provinces du Khand. Mais à l'époque, son physique peu typé et sa peau claire avaient joués pour elle et personne ne s'était posé de question. Mais que faire à présent? Indira n'avait pas vraiment envie d'inventer un mensonge sur un autre. Et habituellement, personne ne lui posait ce genre de questions très personnelles, sans doute refroidi par son silence.

- Il n'y a rien de bien intéressant à dire, répondit-elle du bout des lèvres, je viens des provinces du sud. Mais j'ai quitté ces terres il y a bien longtemps.

Voilà qui était dit, il allait probablement chercher à en savoir plus ou alors en rester là. Bien que la jeune aurait préféré s'en tenir là question confidences. Ce n'était vraiment pas un sujet qu'elle avait l'habitude d'aborder, encore moins avec lui. Elle se voyait mal lui raconter les longues routes poussiéreuses, l'odeur des épices et le bercement des caravanes. Comment lui expliquer la chaleur étouffante du soleil estival et la brûlure des flammes qui avaient ravagé le seul foyer qu'elle eut jamais connu? Tout cela lui faisait parfois l'impression d'avoir vécu une autre vie avant de devenir l'éclaireuse des Terres du Milieu.

- En tant qu'éclaireuse je voyage beaucoup, continua-t-elle, il est difficile pour moi d'établir un point de retour fixe. Aussi mes clients ont-ils prit l'habitude de laisser un mot à l'auberge de la localité où ils se trouvent. J'accepte la proposition si je suis dans la région.


Il était extrêmement difficile pour un voyageur de recevoir du courrier. Toujours en mouvement, vous ne saviez jamais quand il pourrait décider de rentrer chez lui. Et pour Indira qui n'avait pas de « chez elle », c'était pire encore. Elle avait bien tenté de garder un port d'attache les premières années mais s'était vite rendu compte qu'elle y revenait de moins en moins. Toujours entre deux missions, la jeune femme passait sa vie sur les routes, ne s'éternisant jamais à un endroit à moins d'y être obligée. Elle ne ressentait jamais tant l'envie de partir que lorsqu'elle se posait trop longtemps à un endroit précis et se demandait parfois si le besoin de s'installer s'emparerait d'elle un jour. Probablement jamais.
Loin à l'ouest, le soleil déclinait déjà et sa lumière rougeoyante motiva la jeune femme à lever le camp. Ils pourraient encore grappiller quelques heures de route, même si cela signifiait coucher dans les marais, ça les rapprocherait plus rapidement de leur but. Le duo repris sa route, chevauchant toujours en silence.
Peu à peu, le paysage se modifia et les plaine verdoyantes prirent les couleurs ternes d'une lande aride où seuls poussaient quelques buissons éparses et des carrés d'herbe jaune et moribonde. Ça et là, un arbuste malingre et desséché étendait ses branches au dessus d'une mare boueuse aux eaux stagnantes. Tout un programme pour les trois prochains jours de chevauchée. Et plus ils avançaient, plus la végétation se faisaient touffue, les buissons se rapprochèrent et les branches de jonc commencèrent à encombrer la piste. Leur progression était ardue, rendue plus lente par la fragilité du sentier et les précautions qu'ils devaient prendre pour ne pas s'enfoncer dans les tourbières. Ce fut finalement l'arrivée providentielle d'un ilot de verdure dans ce chaos végétal qui leur permis de s'arrêter et Indira sauta sur l'occasion pour proposer qu'ils y passent la nuit. C'était à peine un carré d'herbe verte s'étalant à l'abri, protégé de l'humidité par l'ombre d'un saule. Ce n'était pas bien grand mais ça leur suffirait parfaitement.
Il faisait presque nuit à présent et les dernières lueurs du jour ne suffiraient bientôt plus à éclairer les alentours. La rumeur du marais s'éleva doucement, curieux témoin d'une vie nocturne qui s'animait. Le crissement des grillons et le coassement des grenouilles ne tarderaient pas à rejoindre ce concert improvisé. Le visage à présent illuminé par le feu qu'elle venait d'allumer, Indira se trouva une place prêt de l'âtre, se réchauffant au mieux. Les températures, déjà fraîches étaient tombées de manière drastique, ce qui laissait présager une nuit de veille des plus inconfortables.

- Vous devriez vous reposer un peu, lança-t-elle, j'ignore jusqu'à quand durera ce répit avant que nous ne soyons vraiment incommodés par le froid.


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Ven 22 Fév - 21:49

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lors que la jeune femme jetait un coup d'oeil à ses croquis, Aod termina celui qu'il était en train de faire. Les remarques qu'elle fit en les lui rendant étaient des plus pertinentes et il se promît des les noter dès qu'il en aurait l'occasion. Est-ce qu'elle les lui aurait donné si elle avait su à quoi servaient vraiment ses cartes ? Non sans doute pas. Elle l'ignorait donc ,mais elle venait de donner des pistes qui pourraient potentiellement mener Aod vers sa prochaine victime et repartir par des chemins peu connus.

Sa voix eue un léger changement de ton lorsqu'elle lui parla de ses provinces d'origines. Soulignant le fait qu'elle avait quitté ces terres depuis bien longtemps, Aod remarqua restait plus que vague dans ses réponses, ne mentionnant jamais réellement de Cité ou de Ville. Cherchait elle à cacher quelque chose ? Peut être mais il ne voulait pas l'obliger à parler si elle n'en avait guère l'envie. Pourtant, un détail le titilla. Elle venait des régions du Sud et n'étant pas du Gondor, il ne restait guère beaucoup de choix : l'Harondor ou le Khand. Il y avait bien de Rohan un peu plus au Nord ,mais les gens du Rohan étaient comme ceux du Gondor , ils n'aimaient pas s'aventurer trop dans les terres du Nord sauf s'il y avait de bonnes raisons. Et même s'il voulait en savoir plus, il s'obligea à tenir sa langue et termina son dessin jusqu'à ce qu'Indira décide qu'il était temps de lever le camp. En effet le Soleil déclinait déjà à l'Ouest, ils ne leur restaient pas longtemps avant qu'il ne disparaisse à l'horizon et se retrouva à faire le chemin de nuit.

Dans le même silence qu'avant, ils arrivaient dans les environs du Marais-aux-Cousins : paysage morne au sol boueux où la végétation se limitait à des pauvres arbustes et carrés d'herbes jaunâtres. Le soleil les gratifia de ses derniers rayons alors qu'ils trouvèrent un malheureux coin d'herbe passablement abrité par la souche d'un vieux saule. Déjà, la vie nocturne du marais se faisait entendre, crissement et coassement se mêlaient en un fond sonore chaotique, donnant un aspect plus sinistre au lieu. A la lueur des flammes, Aod dessella une nouvelle fois Gondor et se servi de la selle comme d'un oreiller, certes nullement confortable, mais qui évitait qu'il ne s'allonge totalement, plus pratique pour se relever rapidement en cas de problème. Indira prit le premier tour de garde pour lui laisser un moment de sommeil. Il rit intérieurement, sachant très bien que cette nuit encore, il ne dormirait point.

Des cris. Des pleurent. Du sang. On hurle. On supplie. Lui jeune. Son père. Ses cris... Il ouvrit les yeux, et pourtant il avait encore l'impression d'entendre les cris de son père. Se redressant sur les coudes, il frissonna tout en regardant le ciel. Le Marais-aux-cousins. La journée de la vielle lui revint en mémoire en une fraction de seconde. Avait il dormit longtemps ? Non la Lune n'était pas encore très haute dans le ciel. Indira était toujours à sa place, il se leva, s'emmitoufla dans sa cape et alla la rejoindre auprès du feu. Lui disant qu'il resterait debout le reste de la nuit, sa voix laissant comprendre qu'elle devait dormir, qu'il préférait la passer seule. Lorsqu'il avait ses cauchemars il lui arrivait de parler durant son sommeil et il ne voulait nullement qu'elle lui pose des questions où quoi que ce soit d'autres.

Le soleil ne levait enfin, repoussant les êtres nocturnes dans leur sombre abri, illuminant le visage d'Aod de ses chauds rayons. La nuit avait été horrible, le froid implacable, tout comme les moustiques. Emmitouflé dans sa cape, le capuchon rabattu jusqu'en bas du front, il réveilla Indira et lui proposa quelques morceaux de viande séchées. A peine de temps de grignoter et de seller les chevaux que les voilà déjà repartis. La matinée fut longue et même le Soleil ne parvint pas à réchauffer l'air glacial du Marais. Un brouillard bas s'étalait à perte de vue, cachant le chemin et masquant les nombreux pièges qui s'y trouvait. Par deux fois Gondor glissa, manquant de tomber à la renverse dans les flaques d'eaux croupies où se retrouvant dans la boue jusqu'aux jarrets. C'était la deuxièmes fois que tout deux passaient par le Marais-aux-Cousins, mais c'était la première traversée de part en part. Ecrasant un énième moustique, il ne put s'empêcher de lâcher un juron. La fin de journée allait être une bénédiction à ses yeux, tout comme l'approche de la fin du Marais et celui de la Mission...






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Mar 26 Fév - 14:39
Une main sur son épaule réveilla la jeune femme le lendemain. L'esprit embrumé, Indira mit quelques secondes à réaliser où elle était. Ce n'était pas dans ses habitudes mais la nuit avait été abominable et elle avait passé la plupart du temps à se retourner sur sa couche improvisée, cherchant vainement à se protéger du froid mordant. Le repos ne l'avait trouvée qu'aux petites heures du matin où une lueur vaguement grise à l'horizon annonçait l'arrivée de l'aube. Inutile de dire qu'elle n'avait pas beaucoup dormi. L'air renfrogné, emmitouflée dans sa cape, elle accepta de bonne grâce là nourriture que lui tendit Aodhán, mâchonnant sans grande conviction.
Cette journée s'annonçait pire que la précédente. Même si un soleil timide avait remplacé les nuages gris, ses rayons ne parvenaient pas à réchauffer l'atmosphère et la brume matinale avait pris possession de la lande, cachant le sol à leur vue.

La première partie du voyage s'annonça des plus difficiles et le duo dut progresser lentement afin d'éviter les nombreux pièges du marais. Entre les mares, les ronces et les sables mouvants, les dangers étaient nombreux. Ils avançaient en silence, concentrés sur leur route même si de temps à autre, une forme sombre filait au travers de leur route, inquiétant les chevaux. On ne pouvait imaginer quelle forme de vie avait élu domicile dans le quoi et même leur monture n'étaient pas tranquilles. Mal à l'aise, Indira s'efforçait d'avancer le plus vite possible, pressée d'en avoir finit.
Leur seconde nuit fut aussi mauvaise que la première et même pire encore puisque la jeune éclaireuse ne pu fermer l'œil de la nuit. Et même la forme accueillante des collines à l'horizon ne suffit pas à apaiser son humeur massacrante. Ils en auraient bientôt terminé avec ce fichu marais mais Indira était toujours d'aussi méchante humeur. Elle maudit ces satanés marécages, les voyageurs imprudents et cet hiver qui n'en finissait plus. Tant et si bien qu'elle manqua de rater l'approche des collines venteuses. Aussi rapidement que le marais leur était apparu, la lande humide s'effaça pour les mener au pied d'une colline. Le sentier grimpait doucement en lacets, s'éloignant de la brume et des hordes de moustiques. Mais Indira était déjà si irritée à ce stade du voyage que même la perspective d'une nuit au calme ne suffit pas à calmer ses humeurs. Le temps était glacé, ses vêtement humides et elle était couverte d'égratignures causées par les buissons de ronces.

Leur route à travers les collines venteuses fut bien plus aisée et une bénédiction comparée au voyage des deux journée précédentes. Mais plus ils gagnaient en hauteur, plus les bourrasques de vents se faisaient violentes, donnant à Indira l'impression de geler sur place. A peine quelques heures de route en direction du nord et la neige se mis à tomber. D'abord finement, recouvrant le paysage d'un fin manteau immaculé. Parfait. Après le marais, la neige. La jeune femme aurait du s'en douter, aux vues du temps et de cet hiver qui semblait ne plus vouloir finir. Mais la saison était déjà bien avancée et trouver de la neige, même sur la route du nord devenait rarissime.

- Parfait, ronchonna la jeune femme à voix basse, absolument parfait!

Son regard noir se porta sur son compagnon de voyage. Elle ne s'était pas montrée particulièrement agréable depuis leur sortie du pays de Bree mais c'était plus fort qu'elle. Son impulsivité avait laissé parler sa mauvaise humeur. Et ça n'était pas près de s'arranger aux vues des circonstances. La jeune femme était parfois trop prompt à la colère c'était parfois incontrôlable. Mais Indira était déterminée à avancer coûte que coûte, il était hors de question d'être ralentis sous la neige alors qu'ils étaient encore à quelques journées de Fornost.

- Dépêchons nous, ajouta-t-elle sèchement, nous avons pris bien trop de retard et si la neige s'en mêle cela ne risque pas de s'arranger.
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Sam 2 Mar - 1:23
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De tous ses voyages, celui là était sans aucun doute le plus horrible qu'il n'eût jamais fait. Le Marais-aux-cousins n'avait pas faillît à sa réputations et Aod se jura de ne plus y remettre les pieds. Ces deux jours de traversé lui avait laissé le corps plus endolorie que celle des Monts Brumeux sous un orage dantesque ou encore et même le périple au Col de Caradhras lui semblait alors être une promenade dominicale. Emmitouflé dans sa cape, son écharpe rouge remonté jusqu'en dessous des yeux, il subit l'assaut inlassable des moucherons et des moustiques. A croire que le froid mordant était sans effet sur ces satanées bestioles. La paysage chaotique des Marais rendait leur progression difficile et plusieurs fois Aodhán fut obligé de descendre, car Gondor refusait d'avancer dans un bourbier ou de traverser une marre d'eau stagnantes limites croupies, pour passer devant lui et l'encourager à franchir le pas. Plus d'une fois il se retrouva enfoncé jusqu'au dessus des genoux, on jure contre son cheval et ce voyage qui semblait ne jamais vouloir finir.
Pire que les journées, les nuits étaient un véritable calvaire pour les nerfs. Dans le froid qui vous lacerait la chair comme une lame, le sommeil était un luxe qu'aucun des deux ne parvint à s'offrir et ils passèrent ces nuits à scruter l'obscurité, tremblant de froid malgré la lueur rassurante des flammes. Parfois quelque chose effrayait les chevaux, une ombre qu'il apercevait de temps à autre en journée et qui rodait surement autour, repoussée par le feu. Les bruits du Marais se faisaient plus stressant une fois la nuit venue, comme des chuchotements lugubres qui donnait parfois des frissons dans le dos...

Et enfin les Collines. Leur silhouette de détachait parfaitement sur le ciel blanc, comme une vision de délivrance au loin, accueillante et protectrice, mais un vent à-vous glacer les os, les rendaient finalement moins idyllique. Plus les heures passaient et plus la température descendait. Assez peu habitué au froid du nord, Aod se félicita d'avoir tout le même penser à prendre une fourrure.La dame de l'Auberge avait vu juste pour le temps et après une longue discussion, lui avait finalement refourgué une cape en peau de renard gris , du moins d'après ce qu' Aodhán avait comprit. L'echine courbée sous l'assaut du vent, les vêtements humides et collants, la faim au ventre et la fatigue se faisant sentir, Aodhán se laisse bercer par l'allure régulière de son cheval. Fermant les yeux quelque instants, luttant tout de même pour ne pas s'endormir, il laissa s'écouler les heures de routes dans se soucier d'autres choses. Les sols gelés ne leur permettaient pas d'autres allures que le pas, il n'avait donc pas à craindre que sa guide décide soudainement de partir à vive allure.


Les yeux clos, il se surpri à penser à Minas Tirith. Etre nostalgique de sa citée lui arrivait parfois ,mais le souvenir de son père et de ses corrections lui faisait vite oublier le sublime de la Cité Blanche. De petites gouttes sur son visage lui firent ouvrir les paupières. Pleuvait il ? Non le contact était doux et pelucheux. De la Neige. Relevant son capuchon pour regarder vers le ciel, il vit de petits flocons blancs tomber paresseusement jusqu'au sol . Aodhán n'avait vu que rarement la neige et ses yeux se mirent à briller comme ceux d'un gamin. Il aimait la neige et avait plutôt apprécié son dernier voyage sous le manteau blanc. Il avait toujours trouvé de quoi s'abriter pour les nuits, se réchauffant près du feu et regardant la neige tomber des heures durant. Cette étincelle de bonne humeur fut soufflée par le ronchonnement de la jeune femme devant lui. Après une seconde de réflexion, il finit aussi par se dire que la neige n'était pas forcement la bienvenue ici ,car nul abri ne se dessinait à l'horizon.
Croisant le regard noir de la jeune femme, il resta stoïque au possible. Si elle entrait dans une rage noire, il savait qu'il n'allait pas la supporter et risquait de la laisser planter là , seule . Depuis tout jeune, Aod détestait les conflits, certes il adorait se battre et tout le reste ,mais il n'appréciait guère pas les disputes. Il préférait largement mettre une droite à quelqu'un et qu'ils en viennent aux mains plutôt que t'entendre des cris...Des hurlements il en avait assez entendu dans sa vie... Il savait donc que si l'humeur massacrante de la jeune femme déteignait sur lui, cela risquait de faire dégénérer les choses et il ne voulait pas en arriver là. Soutenant le regard d'Indira , il haussa simplement les épaules lorsqu'elle précisa qu'ils devaient se dépêcher ,car la neige n'allait certainement pas les aider dans leurs voyages. Ne répondant rien à ces sèches paroles, Aodhán se contenta de défaire la sacoche a pont, celle reposait sur les reins de Gondor avec une forme de boudin et d'y prendre la cape en fourrure qui y était soigneusement roulée et de l'échanger avec son actuelle cape. Plus chaudement couvert, il ressentait un peu moins la morsure du froid. Talonnant Gondor il vint se mettre à la hauteur d'Indira.
« Vous avez raison – dit il d’une voix neutre- je ne tiens pas à congeler dans ce trou perdu. » Reprenant la route, la pensée que son rendez-vous ne viendrait pas lui effleura l'esprit. Mais comment en être certain ? Il devait se rendre à Fornost avec où sans neige et s'Il ne venait pas, et bien qu'il aille au Diable ! Maintenant qu'ils étaient en route, il ne comptait pas faire demi tour.« Et puis je rêve d'un bon feu pour faire sécher ces foutus vêtements ! »
Si la neige tomba en douceur jusqu'en début d'après midi, elle se transforma peu à peu en une vraie tempête. Les bourrasques de vent emportaient avec elles des vagues de poudreuse, giflant le visage des malheureux voyageurs, les glaçants jusqu'à l'os. A chaque inspiration il avait l'impression que des milliers d'aiguilles lui transperçaient les poumons, un nuage de vapeur se formait à chaque fois qu'il expirait, Gondor était transpirant à cause de la marche et Aodhán craignait qu'il n'attrape froid. Ils ne firent pas de pauses, grignotant des morceaux de viandes séchés sans vraiment d'appétits, toujours en silence. Vers la fin de journée, Aodhán mit pied a terre et préféra marcher au côté de Gondor. Rester en selle, immobile dans des vêtements humides était un vrai calvaire. Marché dans une neige de quinze bon centimètres n'était pas non plus une sinécure ,mais au moins il se réchauffait en bougeant. Alors que le soleil déclinait derrière les montagnes lointaines, Aodhán se retourna vers Indira. Les bourrasques de vents l'obligeant à élever quelque peu la voix.
« Nous ferions mieux de trouver un abri pour la nuit ! Si vous avez une idée lumineuse je suis preneur ! »
Il regarda autour de lui, ne voyant rien qui pouvait ressembler de près où de loin à un abri. N'étant jamais passé par les Collines du Vent il ne connaissait pas les environs. S'arrêtant finalement, il ne sut pas vraiment si Indira lui avait répondu ou non , avec le gémissement du vent, il se serait cru presque sourd. Joignant les mains, il souffla dessus dans le mince espoir de les réchauffer.
« Même en pleins hivers il fait surement meilleurs à Minas Tirith - dit il Gondor en lui caressant ses naseaux perlés de neige- n'est pas qu'on est mieux dans l'Ecurie de l'Auberge de la Cité ?! »
Poussant un soupir, cette fois s'il aurait tout donné pour être dans la Cité, même avec l'idée qu'il pouvait y croiser son père. Peut importait il pourrait être au chaud, avec une pinte et une poule au pot...Oh oui qu'il voulait y être ! Dix années qu'il n'avait pas remit les pieds dans une Taverne de la Ville, huit ans qu'il avait définitivement quitté le Gondor. Laissant derrière lui amis, famille et souvenirs...
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Dim 3 Mar - 22:11
Il n'avait pas tort. Marcher dans un tel blizzard ne les mènerait à rien à une heure pareille. Il n'était pas si tard mais la neige alliée aux lourds nuages noirs qui obscurcissaient le ciel avait écourté la journée et la pâle lumière du jour n'avait pas résisté bien longtemps. Mieux valait trouver un endroit pour la nuit et vite. Sur un signe de tête silencieux, Indira remballa sa mauvaise humeur et lui indiqua d'obliquer un peu plus à l'ouest. Quelque part dans ces collines, si on en connaissait bien les recoins, se cachaient quelques abris qui leur permettraient de passer la nuit loin des assauts de la neige et du vent. Elle n'avait toujours pas décroché un mot lorsqu'il eurent atteint les lieux, pas plus que lorsqu'elle s'assit devant le feu, débarrassée de sa cape humide qui séchait tant bien que mal dans un coin. Elle l'avait troquée contre une seconde mais celle ci était loin de faire l'affaire face aux températures hivernales. Mais le nez enfoui dans son col, sourcils froncés, la jeune éclaireuse n'en laissa rien paraître. Le vent soufflait encore avec vigueur et la plainte caractéristique des bourrasques leur parvenait de l'extérieur.
Indira n'avait jamais beaucoup aimé l'hiver, c'était l'un des derniers héritages de son enfance dans le désert. La neige, le vent et l'humidité étaient loin de faire partie de son répertoire préféré. Mais elle ne pouvait pas toujours se permettre de faire la difficile. Recroquevillée sur elle même, elle coula un regard vers son compagnon de route. Il s'était montré étrangement silencieux, mais il fallait avouer que ses éclats de voix ne poussaient pas à la conversation. Aucun des deux n'avaient beaucoup dormi ces deux derniers jours, passant la nuit sur le qui vive, à l'écoute du moindre bruit. C'était à elle de prendre le second tour de garde et, avant même qu'elle ait le temps de réaliser, la jeune femme s'était laissé tomber dans un sommeil embrumé, peuplé de mauvais rêves et de bruits divers. Une main sur son épaule la réveilla et la jeune éclaireuse réagit brusquement, agrippant le poignet avec vigueur. Mais ce n'était qu'Aodhán qui la réveillait pour son tour de garde et la jeune femme le lâcha avec un regard d'excuse.

- Désolée marmonna-t-elle

La jeune femme se rapprocha du feu, se préparant à une veille qui ne serait pas plus reposante que le sommeil agité dont elle venait de s'éveiller. Impossible de se reposer correctement avec de telles conditions et à l'entendre s'agiter comme il le faisait toutes les nuits, elle n'avait pas l'air d'être la seule dans ce cas. Indira s'était demandé fugitivement ce qui pouvait bien troubler son repos de la sorte avant de se dire, dans un instant de plaisir vengeur, que quoi que se soit, c'était probablement mérité. Désormais seule pour le reste de la nuit, l'éclaireuse se laissa hypnotiser par les flammes qui brûlaient joyeusement, tentant vainement d'en absorber la chaleur.

Les jours suivant ne différèrent pas de celui ci. Ils voyagèrent toujours plus en direction du nord, quittant les collines venteuses pour les plaines plus protégées des champs de Bree est. En longeant les rives du lac Nen Harn, les chutes de neiges se firent moindres mais le froid était toujours aussi glaçant et Indira, malgré ses gants, sentait à peine ses mains transies sur les rênes de Coral. La traversée des champs de Bree et du cours d'eau leur pris deux journées supplémentaires et au matin du sixième jour, le duo déboucha sur le Chemin Vert, ultime étape avant leur arrivée aux champs de Fornost. C'était une traversée plutôt reposante après les sables mouvant des marécages et les chutes de neiges des collines venteuses et Indira aurait presque apprécié le coin en temps normal si les températures ne s'étaient pas faites aussi désespérément basses. Ils s'arrêtaient de temps à autre, pour laisser reposer leurs montures après cette traversée éprouvante et à la nuit tombée, leur repos fut presque plus doux qu'il ne l'avait été jusqu'à présent. La végétation n'avait pas résisté au givre et la route de gravier serpentait tristement entre les silhouettes rabougries d'arbres morts et dépourvus de leurs feuilles. Le printemps avait déserté la lande morte, fuyant devant un hiver mordant qui ne semblait pas vouloir s'en aller.
Mais le répit fut de bien courte durée pour les voyageurs. Au loin, d'épais nuages noirs recouvraient les remparts, cachant les cimes aux yeux des Hommes. De temps à autre, l'éclat aveuglant d'un éclair zébrait l'horizon, présage de mauvais augure dans un ciel lugubre. La tempête grondait sur les champs de Fornost et ils fonçaient droit dedans. La tension monta d'un cran chez Indira qui serra les poings autour de ses rênes, ignorant la douleur qui flamba de ses doigts gercés par le froid. Cette expédition avait été jalonnée de mésaventures d'un bout à l'autre et elle commençait à se dire que le jeu n'en valait pas la chandelle.

- Fantastique, ronchonna-t-elle, la prochaine fois qu'il vous viendra l'idée fabuleuse de voyager au nord, je vous conseillerais d'éviter les mois d'hiver pour le faire.

C'était stupidement puéril et Indira s'en rendait bien compte mais cette mission n'avait fait qu'aller en s'aggravant et le voyage avait été plus qu'éprouvant pour la jeune femme. Entre les nuits sans sommeil, les engelures et la morsure du froid, l'éclaireuse n'avait même pas envie de faire preuve de discernement et laissait sa rancœur parler pour elle. Cette mission semblait aller vers le fiasco totale et elle aurait du s'en douter dès le départ avant de se laisser attendrir par ses faux airs.


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Dim 10 Mar - 20:43
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Le sixième jour pointait enfin le bout de son nez. Sous les épais nuages, Aodhán imaginait l'astre brulant se lever derrière des collines venteuses, réchauffant les lointaines contrées que l'Orage ne menaçait point encore. Au dessus de sa tête un roulement sourd d'un coup de tonnerre fit sursauté Gondor. Caressant la brave bête, Aod lui murmura des mots apaisants. Il restait encore deux bonnes journées de voyages avant d'arriver à Fornost et ses espoirs d'avoir un temps plus clément furent rapidement réduits à néant. Pour ne rien arranger, l'ambiance être Indira et lui avait prit du plomb dans l'aile depuis leur sortie du Marias-aux-cousins. IL est vrai que les conditions n'étaient pas vraiment réunies pour faire de leur voyage une agréable promenade dominicale. Le froid, la neige, le manque de sommeil et la faim qui commençait à lui tirailler le ventre le rendait d'humeur plus que maussades. Pourtant il gardait cela pour lui, préférant se murer dans un pesant silence plutôt que de passer ses nerfs sur sa guide. Néanmoins, cette dernière elle, ne semblait pas se gêner pour exprimer son agacement. Il ne prêtait même plus attention à ses soupires et ses marmonnements.Tout ce qui comptait c'était qu'ils arrivent à Fornost. Et vite ,car sa patience commençait à être mise a rude épreuve.

Après une autre nuit agitée de cauchemars, il prit la relève du tour de garde, laissant à Indira le plaisir d'aller dormir. Elle aussi avait un sommeil quelques peu agité parfois, il avait éprouve de la curiosité, ce demandant ce qui pouvait bien troubler son sommeil puis finalement cela lui passa. Après tout il avait bien d'autres choses à penser à la place. La campagne de Bree offrit un paysage plus reposant aux deux voyageurs qui s'accordaient ainsi quelques poses supplémentaires pour les chevaux ,mais Aod n'avait pas ressorti ses dessins, le temps ne s'y prêtant pas vraiment. La réserve de viandes séchées toucha à sa fin lorsqu'enfin les remparts de Fornost se dessinaient plus loin au Nord. L'arrivée était proche. L'orage au-dessus de leur tête semblait prendre en intensité au fur et à mesure qu'ils avançaient et Aod sentait Gondor inquiet.

La pauvre bête n'avait pas vraiment appréciée le séjour dans les marais une plaie au niveau du jarret faite à cause des ronces, avait du mal a cicatrice. Aod se dit qu'une fois cette foutue mission terminée, il le mettrait dans une écurie convenable pour une bonne semaine d'un repos plus que mérité ! Un éclair zébra le ciel, éclairant les champs de Fornost pendant une seconde, sortant de la pénombre ambiante les deux compagnons. Indira ronchonna une énième fois ,mais cette fois-ci elle visait directement Aodhán. Rabattant la capuche de sa cape en fourrure, il jetant un regard en sa direction. Avait-elle vraiment dit cela ? Oh faite qu'elle ne souhaite pas passer sa mauvaise humeur sur lui ,car celà risquait de tourner assez mal...
« Oh pardonnez-moi d'essayer de faire du mieux possible mon métier ! » A peine eut 'il prononcé ses mots qu'il se maudit avoir prit un ton si hautain ,car il ne voulait nullement se montrer de la sorte. Mais il ne parvint pas à s'empêcher de continuer. « Si vous aviez fait correctement le votre, peut être m'auriez vous conseiller de ne pas partir ! » Il n'avait peut-être pas tord certes ,mais il s'avait qu'il ne devait plus ouvrir la bouche à présent. Si elle n'avait rien dit, il se serait certainement tus jusqu'à la fin du voyage, mais non elle avait d'une certaine manière ,ouvert les hostilités. Il ne restait plus qu'une seule journée à cheval, il devait tenir jusque là... En remontant sa capuche, il marmonna a voix haute, non pas à l'intention d'Indira ,mais plus pour lui « Ah les femmes...Du moment qu'il y a de l'argent en jeux, elles s'en foutent du reste » Une bonne partie des femmes qu'il avait rencontrés durant ses voyages, celles à qui il disait qu'il n'était qu'un pauvre voyageur ne le calculait pas plus que cela, par contre quand il disait qu'il avait une coquette fortune au Gondor, alors là elles tombaient comme des midinettes...
Çà ne fonctionnait pas à tout les coups ,mais il mettrait tout de même sa main au feu que s'il ne payait pas ce voyage aussi rondement qu'il avait annoncé, Indira ne serait certainement pas là a râler à ses cotés. Voulant éviter une dispute qui semblait s'annoncer, il prit le galop avec Gondor, préférant s'isoler devant plutôt que de s'énerver sur de futiles discutions. La lune perça à travers les nuages. Ils étaient déjà le soir ? Avec cet orage il n'avait plus vraiment la notion du temps, et se dire qu'il allait surement passer la nuit avec une Indira remontée comme cà ne l'encouragea guère à faire une halte. Si cela ne tenait qu'à lui il continuerait jusqu'au petit matin...Il revient vers la jeune femme, prenant une grande inspiration pour se calmer. En vain.

« La dame souhaite telle faire une halte pour dormir ou préférerait elle s'avancer un peu pour que ce voyage cauchemardesque cesse plus vite ? »

Classe Aodhan classe pensa t'il...
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Lun 11 Mar - 20:55
Dans une autre vie, Indira aurait probablement amèrement regretté ses paroles dès qu'elle les aurait prononcé. Mais sa colère était telle que la réplique d'Aodhán la plongea dans une rage folle. Comment osait-il ce petit impudent? Revenir de son Gondor, tout gonflé de ses certitudes et l'abreuver de ses remontrances? Elle n'était pas là pour dire aux gens ce qu'ils avaient à faire, il avait voulu voyager vers le nord en plein mois de février? Grand bien lui en face, c'était entièrement de sa faute. Qu'il assume les conséquences de ses décisions, ce n'était pas à elle de payer pour lui.

- Vous ne manquez pas d'air de me parler de la sorte, répliqua-t-elle acerbe, si je n'avais pas fait correctement fait mon travail nous ne serions probablement pas arrivés. Et vous seriez quelques part dans les Collines Venteuses, ensevelit sous la neige à servir de nourriture aux charognards!

Le regard brillant de colère, la jeune femme lui aurait probablement sauté à la gorge si elle avait pu. Quel arrogant personnage! Elle s'en voulait quelque part d'avoir pensé lui accorder le bénéfice du doute alors qu'il était là à insulter ses compétences de guide. Il avait endormi sa méfiance avec ses airs de premier communiant et ses sourires. La brûlure cuisante de l'humiliation lui fit l'effet d'une claque en plein visage. Les joues en feu, le regard noir, Indira ignora superbement les envies de meurtre qui venaient soudainement de lui tomber dessus. Elle n'avait pas parcouru tout ce chemin, travaillé toutes ces années pour venir se faire insulter quelque part dans les landes perdues du nord. Mains crispées sur les rênes de Coral, elle s'étonnait elle même de sa maîtrise, en temps normal elle serait déjà repartie dans une énième tirade vengeresse. Mais toutes ses bonnes résolutions s'envolèrent comme emportées par le vent à l'écoute de sa dernière phrase.

- Qu'est ce que vous en savez? Hurla-t-elle ulcérée

Bien sûr que tout était question d'argent. Nul besoin d'être une femme pour cela. En quelques secondes lui revinrent en mémoire ses premières années sur les routes, sans aucune autre expérience que celle de la faim qui vous tenaillait le ventre parce que vous n'aviez pas trouvé de client suffisamment généreux pour vous payer un repas à la taverne du coin. Les plaisanteries salaces et les clins d'œil déplacés, les mains baladeuses et les allusions graveleuses. Alors oui, elle savait parfaitement qui elle était et elle avait suffisamment payé le fait d'être une femme. Depuis ce premier travail minable dans cette taverne sordide où tous les hommes de passage n'avaient eu aucun scrupule à tripoter une gamine à peine sortie de l'adolescence, Indira n'avait plus jamais permis qu'on lui manqua de respect. Ce n'était pas ce jeune premier tout juste débarqué de sa cité qui allait reprendre le flambeau.

- Vous débarquez avec vos préjugés pour venir mettre votre petit grain de sel dans ma façon de mener ma vie et vous vous attendez à quoi? Continua-t-elle, que je vous accueille à bras ouverts? Si c'est là votre façon de parler aux femmes ne vous étonnez pas que celles qui restent ne valent rien! Et surtout fuis, c'est tout ce que tu sais faire!

Indira ne remarqua même pas le passage du « vous » au « tu » trop occupée à invectiver son compagnon de galère qui prenait les devants, la laissant avec ses envies de meurtres. Elle était furieuse, furieuse de s'être lassé déborder, furieuse de se retrouver seule avec sa colère, furieuse de s'être encore faite avoir par ce petit vaurien. Et voilà qu'il partait au galop, la laissant avec ses cris. Ça lui ressemblait bien de prendre ce genre d'initiative. Aucun changement de ce côté. Tremblante de rage, elle se serait probablement jeté sur lui s'il s'était tenu trop près. Aussi se fut elle qui détourna le regard lorsqu'il revint à elle lui demandant ironiquement ce qu'elle comptait faire pour la nuit.

- Fais comme tu veux, je m'en moque, cracha-t-elle, puisque je ne suis pas une guide digne de ce nom tu devrais pouvoir te débrouiller sans moi? A priori ce que je fais n'a rien de bien mémorable!

C'était bassement sournois, une façon de cracher son venin sur une histoire qu'elle croyait enterrée depuis bientôt dix ans et qui lui revenait en pleine face tel un vieux fantôme. Indira ne pouvait admettre qu'il ne se souvienne pas d'elle et cela rajoutait à la blessure cuisante de son ego. L'histoire était loin d'être digérée pour elle et la jeune femme se sentait encore comme cette gamine trop naïve et trop stupide pour réaliser que l'on venait de se jouer d'elle une fois de plus.
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Sam 16 Mar - 14:54
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« Et surtout fuis, c'est tout ce que tu sais faire! »
Cette phrase qu'Indira venait de lui cracher à la figure résonna dans ses oreilles alors qu'il s'éloignait d'elle, voulant à tout prix éviter une dispute qui avait pourtant belle et bien commencée. Son estomac se sera lorsqu'au fond de lui, il comprît qu'elle avait raison en disant cela. Fuit. Il avait fuit toute sa vie... Les mains crispées sur les rênes de Gondor il bifurqua du chemin, cherchant plus à disparaitre du champ de vision de sa guide plus que de l'abandonner là. Arrêtant sa monture quand il jugea qu'il y avait assez de distance entre eux, il mit pied-à-terre et s'en alla marché en laissant Gondor tenter vainement de trouver de quoi brouter. « Et surtout fuis, c'est tout ce que tu sais faire! » Sa voix résonnait encore dans sa tête, il frappa un cailloux du pied se retenant de crier la rage qu'il avait en lui, espérant que se défouler sur cette pauvre pierre allait un peu l'apaiser. En vain. Elle termina sa course dans la souche d'un arbre. Ressassant les paroles de la jeune femme il dut admettre l'évidence ; elle avait raison sur un point : la fuite. Il avait fuit les colères de son père tout comme il avait fuit devant celle qu'il devait épouser, mais aussi face aux doutes des Nains des Montagnes bleues. N'avait il pas aussi prît la fuite il y a dix ans lorsqu'il s'est réveillé aux côtés d'une jeune femme dans une auberge de Minas Tirith ? Non cette fois là ne comptait pas... Il s'assit dans le creux de la souche, regardant Gondor gratter le sol , essayant de retrouver son calme. Mais malgré ses efforts, sa colère ne s'apaisa pas. Un éclair déchira le ciel, transperçant les nuages qui laissèrent entrapercevoir la Lune. Déjà ? Il soupira, dépiter à l'idée de passer la nuit avec Indira folle de rage pourtant il décida de revenir vers elle, marchant aux côtés de Gondor.
Certes il n'avait pas été des plus aimables en lui demandant si elle préférait faire une halte ou s'avancer en prenant un ton un peu trop sarcastique ,mais il ne s'attendait pas à recevoir une nouvelle fois son venin en pleine face. Cette fois-ci s'en était trop ! Il sera les points et il jeta un regard noir. Heureusement pour elle, il n'avait pas pour habitude d'être violant envers les femmes mais l'idée de lui envoyer une droite lui traversa furtivement l'esprit. Si c'était un homme avait eu ce comportement-là, Aodhán ne se serait aucunement gêné pour en venir aux mains, ou aux armes s'il le fallait. Diplomate lui ? Grand dieu que non, du moins il ne l'était qu'en de très rares occasions. Ses poings se seraient un peu plus fort, faisant craquer les articulations,il se remit en selle.
« Vous avez bien de la chance que je ne sois pas une de ces brutes épaisses de la Garde et que je garde pour moi mes envies de vous faire ravaler vos paroles - dit il d'un ton sec - Et jusqu'à ce que nous arrivions à Fornost je reste votre employeur alors gardez vos familiarités pour vous ! »
Il aurait pu se montrer grossier, lui cracher tout ce qu'il pensait vraiment mais l'idée de passer pour un de ces hommes vulgaires qu'on se demande s'ils embrassent leurs mères avec ces bouches-là. Non Aodhán ne voulait pas rentrer dans ce jeu-là. Pourtant, la dernière phrase d'Indira piqua sa curiosité ,mais il se garda bien de le montrer. Je suis plus débrouillard que tu ne le pense ma jolie , tu en serais étonné pensa t'il. Il arrêta Gondor juste en face se sa jument et la regarda droit dans les yeux
« Puisque ma présence à l'air de vous déplaire depuis notre départ de Bree, je vais vous soulager cette nuit !Allons chacun de notre côté pour ce soir, cela m'évitera pas la même occasion de supporter vos humeurs - même lui fut surprit par le ton calme de sa voix - demain je vous attendrais aux Portes de Norbury peut avant le Zenith, que vous veniez ou non cela ne m'importe mais n'oubliez pas un petit détail : pour toucher l'argent vous devez me conduire jusqu'à Fornost. »
Sur ces mots il fit faire à Gondor un demi-tour sur les hanches et prendre le galop, Aodhán ne saurait dire si Indira répondit où non , sa voix sans doute couverte par le roulement du tonnerre et le bruit des sabots sur le sol sec. Après quelques minutes de chevauchées il s'arrêta au moment même où une pluie diluvienne tomba du ciel. Parfait pensa t'il, après la neige la pluie ! Enlevant la selle de Gondor, il l'accrocha aux branches nues d'un pauvre arbre et s'installa à son tour contre le tronc, se protégeant comme il put de la pluie. Dans son esprit les précédentes paroles d'Indira ne cessaient de le hanter. Que voulait-elle dire par « A priori ce que je fais n'a rien de bien mémorable » ? Il ne chercha même pas à allumer un feu, c'était peine perdue avec ce temps et alors qu'il cherchait une explication aux paroles de la jeune femme, le sommeil l'enveloppa sournoisement.
Un hennissement lui fit ouvrir un oeil, et le souffle chaud de Gondor sur sa nuque le tira de sa torpeur. Il faisait encore sombre pourtant le soleil devait être levé depuis un moment déjà. La pluie avait stoppé durant la nuit et Aodhán était trempé jusqu'aux os. Un vent glacial lui arracha un frisson et il se débarrassa de sa cape en fourrure, trop trempée pour le tenir au chaud. Il ne pouvait dire si le soleil était loin de son zénith ,mais il préféra partir au plus vite vers les Portes de Norbury qui devaient se trouver à quatre ou cinq heures de routes tout au plus. Durant le trajet il se remémora la dispute de la veille et le souvenir flou datant de presque dix ans lui revint en mémoire. Non , il chassa l'idée qui venait de germer dans son esprit. Ce ne pouvait être elle, la coïncidence serait étrange. Impossible pour lui. La faim lui tiraillant le ventre il engloutit un morceau de viande séché oublié dans un coin de sa besace et quelques noix. Le trajet lui parut étrangement calme et reposant malgré le froid mordant et l'idée de terminer la journée avec Indira lui arracha un soupire. Et si elle ne venait pas ? Un sourire se dessina sur le visage du jeune homme. Il avait la sensation qu'elle reviendrait, ne serait que pour lui cracher de nouveau son venin à la figure plus que pour l'argent...

Les portes de Norbury étaient en vu, il allait être fixé dans peu de temps...
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Mar 19 Mar - 13:31
- Très bien, grinça la jeune femme de mauvaise grâce

Indira regarda la silhouette d' Aodhán s'éloigner rapidement avec un sentiment d'échec cuisant. Vexée qu'il lui tourne ainsi le dos et retenant quantité d'exclamations en tout genre face à cet affront. Les épaules basses, la jeune femme poussa un soupire à fendre l'âme, à la fois furieuse et déstabilisée. En quelques minutes à peine, encore une fois la jeune femme venait de gâcher la situation à cause de son caractère emporté. Mais les paroles du jeune homme l'avait profondément vexée et l'éclaireuse ne lui pardonnait toujours pas sa sècheresse. Mais comme pour la punir encore un peu plus, une pluie diluvienne démarra, comme si le ciel déversait sa colère sur ses épaules pour lui faire payer ce fiasco total. Mais elle ne décolérait toujours pas lorsqu'elle se résolu à quitter la route pour chercher un abri. La couverture nuageuse avait dérivé vers elle, emplissant le ciel d'une chape de plomb où des éclairs zébraient.

Dédaignant le couvert des arbres en raison du tonnerre qui grondait au loin, la brune gagna une colline effondrée où un amoncellement de rochers énormes lui offrirait une bien maigre protection contre les intempéries. Débarrassée de sa cape trempée, Indira adressa un regard d'excuse à sa jument qui serait condamnée à affronter le vent et la pluie. Recroquevillée dans une anfractuosité rocheuse, tout juste assez grande pour elle, elle abandonna à regret sa cape d'hiver qui ne sècherait jamais par un temps pareil pour recouvrir ses épaules de son manteau ordinaire. Mâchonnant sans conviction la rare nourriture qui subsistait au fond de sa sacoche, la jeune femme ruminait encore et toujours. Il avait très mal pris le fait qu'elle s'emporte de la sorte mais le ton moqueur qu'il avait adopté était pire que tout. Chaque fois qu'elle revenait un peu sur sa colère, elle l'entendait se moquer d'elle et sentait son irritation ravivée comme un souffle de vent sur des braises.

C'est dans cet état de colère qu'Indira se laissa gagner par le sommeil. Sans vraiment s'en rendre compte, la fatigue la gagna pour la plonger dans des songes sans queue ni tête, un maigre repos qui la laissa épuisée et sans force lorsqu'elle s'éveilla le lendemain. Défaite et courbaturée, la jeune femme se mis en selle sans plus attendre. Les pluies diluviennes de la veille avaient laissé la place à une bruine glacée qui tombait tristement sur les terres détrempées et avait transformé les champs de Fornost en immense pataugeoire. Même s'il était encore relativement tôt, il lui resterait encore quelques heures de route pour atteindre les portes de Norbury et la jeune femme comptait rendre ce voyage le plus court possible. Comme influencée par l'humeur de sa maîtresse, Coral se montra têtue et irascible et Indira du faire appel à toute la patience qui lui restait pour contrôler sa jument. Sa colère était retombée comme un soufflet, ne restait plus qu'une espèce d'irritation latente contre les éléments, le mauvais sort et ce fichu animal têtu. Elle chevauchait depuis quelque heures lorsque l'ombre imposante des portes se dessina face à elle, signant la fin de sa chevauchée en solitaire. La jeune femme n'avait pas encore décidé de ce qu'elle allait faire. Elle était toujours fâchée et blessée par leur dispute d'hier soir mais n'éprouvait plus ce besoin de lui sauter à la gorge, sa fureur ayant laissé la place à une sorte d'apathie défaitiste. Elle était glacée, n'avait plus de vivres et se sentait percluse de courbatures. Elle voulait juste en finir.
Le bruit lointain d'un cavalier lui signala qu'elle ne serait probablement plus seule très longtemps. Guidant sa jument pour qu'elle se retourne, elle attendit le retour d'Aodhán, lèvres pincées, sur le qui vive et incertaine.
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Ven 22 Mar - 23:51
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Les vielles pierres sombres de la porte de Norbury se détachaient du brun jaunâtre de l'herbe sèche en contre bas. Monté sur une bute pour tenter d'évaluer encore la distance à parcourir, il n'y avait pas âme qui vive aux alentours et après la nuit qu'il venait de passer il n'avait qu'une seule hâte : atteindre les décombres de la cité de Fornort. Une question lui taraudait pourtant l'esprit depuis la veille : allait elle tenir son engagement envers lui jusqu'au bout ou bien est ce qu'elle avait préféré le laisser seul à quelques heures de leur but ? Descendant du terre plein, il regagna la Route, marchant au pas, car il n'était pas aussi enthousiaste qu'il l'aurait cru de rejoindre la cité. Non il n'était surtout pas pressé de découvrir si oui ou non elle était partie. La jeune femme avait éveillé son côté curieux, renforcé par le sentiment de déjà-vus qui s'était immiscé en lui depuis qu'il avait croisé son regard le premier jour à Bree. Lui qui d'ordinaire se rappeler d'absolument tout et cherchait par n'importe quels moyens de fuir ces souvenirs, à présent qu'il cherchait désespérément a saisir une bride de son passé, celle-ci lui glissait entre les doigts telle une anguille.
La nuit d'hier l'avait apaisé et le sommeil lui avait permis de se remettre les idées en place. Peut être avait il été trop désagréable car frustré de ne pas se souvenir ? Ajouté bien évidemment aux conditions de voyage plus que difficile. Oui ça devait certainement être ça. Dans l'entremêlement de souvenir qui constituaient principalement ses rêves - ou plutôt ses cauchemars- il avait revu des scènes d'y lui a dix années...Il s'était revu dans cette taverne de Minas Tirith en train de fêter dignement le mariage de son frère, se faisant pousser par ce dernier pour qu'il aille aborder cette jolie brune qu'il observait sans rien faire depuis un long moment, puis ces images se sont effacées pour laisser places à celles qu'il cherche en vain à oublier.

De légers pétales blancs et pelucheux se laissent tomber du ciel, virevoltant au gré d'une bourrasque paresseuse. Un fin manteau commençait déjà à recouvrir le sol poussiéreux quand Aodhán arrivait enfin a quelques mètres des Portes. L'humidité de la veille avait laissé place à un froid mordant, l'air semblait s'être raréfié et la douleur de millier de petites aiguilles traversait le jeune homme a chacun de ses inspirations. Dans moins de cinq mètres il allait être fixé. Depuis qu'il avait quitté la bute il se forçait à se faire a l'idée qu'il y aurait de grandes chances qu'il termine le trajet seul, il ne put alors s'empêcher de lâcher un soupir de soulagement quand la silhouette d'Indira et de sa jument apparurent derrière une des colonnes qui devaenit représentées la Porte jadis. Enlevant son capuchon et réprimant un frisson, il regarda Indira, amenant Gondor aux côtés de la jument. Ce dernier coucha les oreilles ne trouvant pas à son gout cette proximité forcée. On fond de lui si savait pertinemment qu'il se devait de mesurer ses paroles aujourd'hui, de ne pas trop titiller comme à son habitude. Non il devait se tenir a carreau, s'il ne voulait pas de nouveau affronter le venin de la jeune femme. Sauf que là, il ne savait pas vraiment comment il devait réagir. Devait-il lui faire un grand sourire chaleureux ? Non elle penserait surement qu'il cherche encore à se moquer d'elle. Ne rien dire alors ? Grand dieu non surtout pas elle le prendrait certainement aussi mal que le sourire...
Un simple geste de la tête en guise de remerciement. Un hochement qui ne pouvait signifier rien d'autre que merci. Elle ne pouvait tout de même pas prendre la mouche ,car il la remerciait de la sorte non ? Dans le doute il préféra quand même joindre la parole au geste.
« Merci d'être quand même venue »
dit-il calmement mais sincèrement.
Mais merci de quoi au juste ? D'être venus ? Bougre que tu es, crois tu vraiment qu'elle est venue pour tes beaux yeux ? Non évidemment que non...C'est pour tes pièces bien au chaud dans la veste qu'elle est revenue. Cette petite voix dans la tête qu'on nomme Conscience n'avait certainement pas tord ,mais Aod préféra la faire taire. Peut être n'y avait il pas que l'argent qui l'avait motivé a revenir ? Peut être, comme lui, elle avait ce sentiment naissant de curiosité vis-à-vis du jeune gondorien ? Cette pensée le fit rire intérieurement. Non c'était sans doute que pour l'argent après tout il ne lui restait que quelques heures à supporter Aod avant de toucher sa paye.

« Peut être devrions- nous nous hâter, même si la Cité n'est plus très loin je crois, vaudrait mieux y être avant que le temps tourne à la tempête »
Dit il un ton calme tout en regardant vers le ciel et mettant Gondor en avant.
Il se dit que finalement, s'il parvenait à garder le silence jusqu'à Fornost, ils éviteraient une autre dispute...Mais même si ses humeurs de la veille semblaient s'être endormies dans un coin, il sentait bien qu'elles risquaient de revenir comme un cheval au grand galop.Alors garde le silence. L'ambiance glaciale du premier jour était de retour, sans doute plus palpable et pesante que les jours précédent. Se forcer à ne rien dire, rester muet le plus longtemps possible, voilà ce que se répétait sans cesse Aod. Ils laissèrent donc les Portes de Norbury derrière eux, s'avançant vers la sombre silhouette qui se détachait du ciel blanc au devant. Cela ne devait pas faire plus d'une heure qu'un silence lourd régnait entre eux lorsqu'Aodhán le brisa. Ce fut comme si les mots étaient sortis contre sa volonté, prenant conscience de ce qu'il venait de dire trop tard.
« Je savais que vous viendriez... »

Bon sang ,mais pourquoi ?! Pensa t'il, pinçant les lèvres comme pour empêcher de nouveaux mots de s'échapper, rabattant plus encore son capuchon sur son front et détournant le regard...Cette naïveté dont parfois il faisait preuve l’exaspérait au plus au point...Que venait il d'insinuer ? Qu'Indira avait tellement besoin d'argent qu'elle préférait s'asseoir sur son honneur et revenir malgré les affronts de la veille ? Ou qu'on contraire qu'elle avait tellement peu d'honneur qu'elle n'avait rien à perdre ? Et dire qu'Aodhan cherchait sans doute à dire qu'il savait qu'elle reviendrait ,car son honneur - oui il est toujours question d'honneur en ce bas monde- était trop grand pour se laisser malmener par son comportement. Mais ce serait un miracle si Indira comprenait cette phrase dans ce sens-là...
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Mer 27 Mar - 19:09
Elle le salua à son arrivée acquiesçant vaguement à sa proposition de pousser leur route jusqu'à la cité. En dehors de tout ce qu'elle pouvait dire, il avait raison, la tempête était proche. Le duo chemina donc, sous la neige qui s'était remise à tomber tristement. L'atmosphère était lourde, la tension entre les deux rendue d'autant plus forte par les non-dits et l'absence d'explication. Indira s'en était tenue au minimum, hochement de tête et réponses impersonnelles, ne se sentant pas la force à repartir dans un énième différent. Elle n'avait toujours pas digéré leur altercation de la veille mais préférait en rester là, pour le salut de la mission. Qui touchait d'ailleurs bientôt à son terme.
Mais il était évident que les choses n'en resteraient pas là et que l'un des deux finirait forcément par commettre un impair. La situation était telle que la moindre parole aurait suffit à rallumer la discorde entre eux. Et lorsque le jeune homme eut le malheur d'ouvrir la bouche, Indira lui lança un regard des plus noirs.

- Je suis revenue, je finis la mission. Quel est votre problème encore? Râla-t-elle

Avec les efforts qu'elle faisait pour se montrer correcte, sa petite phrase eut le don de l'agacer au plus haut point. A quoi bon se montrer si condescendant? Et qu'insinuait-il par là? Que l'attrait de l'argent où son orgueil serait plus fort que tout le reste? La jeune femme n'en revenait pas d'entendre ça de sa bouche. C'était tout aussi vexant que ce qu'elle avait entendu la veille, presque pire car on ne pouvait pas dire que sa phrase avait été dite sous le coup de la colère. C'était de la provocation. A quoi bon y mettre du sien si c'était pour que les choses explosent à la moindre occasion? C'était à croire que la fin de ce voyage serait destinée à se terminer en fiasco total. Ça valait bien la peine de faire tous ces efforts pour rien.

- Vous être impayable, ajouta-t-elle, au lieu d'y mettre du votre il faut que vous cherchiez la bagarre? C'est à n'y rien comprendre!


Heureusement, l'ombre imposante de Fornost se profilait à l'horizon et sonnerait bientôt la fin de leur périple. A mesure qu'ils avançaient, les ruines de la cité abandonnée exposaient leurs contours aux yeux des voyageurs, ses hautes tours noyées dans la brume et l'orage. Un temps parfait pour l'humeur massacrante qui l'envahissait à grand pas. Voilà que toutes ses bonnes résolutions venaient de partir en fumée face à une seule petite remarque. Mains resserrées autour des rênes de Coral, Indira continua sa route, s'enfermant dans un silence boudeur. Ils n'en auraient plus pour le longtemps. Juste le temps de finir ce pour quoi ils étaient venus jusqu'ici. Après quoi ils reprendraient la direction de Bree aux premières heures du matin. Et par la route la plus courte cette fois!



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Mer 27 Mar - 23:04
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Le miracle n'eût pas lieu comme il l'aurait tant espéré bien au contraire, la jeune femme s'offusqua suite à ses paroles. Pour le coup Aodhán ne pouvait pas la blâmer ,car ses mots pouvaient plus que porter à confusion ,mais il ne s'attendait pas à recevoir une telle accusions. Son problème ? Par ou commencé... Il était en route vers Fornost où il avait rendez-vous pour qu'on lui donne certainement le nom d'une nouvelle personne à abattre, il était gelé jusqu'aux os, de mauvaise humeur et la faim au ventre avec une guide qui était à deux doigts de lui arracher les yeux à chaque fois qu'il ouvrait la bouche. Vous cherchez encore son problème ? C'était lui le problème, ce qu'il était devenu, ce qu'il était, tout ça c'était son problème... Que pouvait-il répondre à cette question ? Il se voyait mal lui dire d'une manière détacher que son problème actuel était qu'il allait bientôt savoir qu'il devra tuer une autre personne, supporter son visage toutes les nuits dans ses cauchemars et qu'en plus il se gelait les miches ! Il fallait avouer que c'était tout de même tentant. Juste histoire de voir qu'elle tête elle tirerait si elle apprenait cela. A tout les coups elle ne le croirait surement pas.
En guise de réponse il lâcha les rênes de Gondor et leva les mains, paumes vers l'avant, comme pour signifier qu'il rendait les armes, qu'il était innocent. Pas un mot, juste l'expression qui disait ' d'accord je n'ai rien dis'. Même s'il tentait d'expliquer ce qu'il avait réellement tenté de dire, ça ne servirait à rien car... Peut être pas après tout... Si elle avait un semblant de bon sens ou de bonne volonté elle prendrait certainement le temps d'écouter son explication avant de lui ressauter à la gorge ? Il fallait tenter, après tout il n'avait plus rien à perdre. Sauf qu'il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche.

- Vous être impayable, râla-t-elle, au lieu d'y mettre du votre il faut que vous cherchiez la bagarre? C'est à n'y rien comprendre!

Alors comme ca il n'y mettait pas du sien ? Oh grand Dieu oui qu'il y mettait du sien ! Il faisait tout depuis le départ de Bree pour ne pas s'emporter et la laisser là pour partir seul vers Fornost, oui il y mettait du sien pour continuer à jouer ce pauvre cartographe même pas capable de traverser le Pays de Bree sans l'aide d'un guide. Et Dieu que oui il y mettait du sien pour se contenir un maximum dans ses colères pour ne pas avoir à se défouler sur elle. C'était surtout sur ce dernier point qui fallait insister. D'un naturel sanguin et lunatique, il était plus prompt à régler ses différents avec les mains qu'avec les mots ou préférait esquiver et partir se défouler ailleurs lorsque le combat n'était pas une solution envisageable. Comme ici. C'est drôle ,mais en y repensant, Indira venait de se contredît toute seule...Et ce détail n'échappa guère à Aodhán. Il prit une profonde inspiration pour tenter de garder un semblant de calme, faisait craquer les articulations de ses doigts. Rien n'y fit.
« Mon problème ? Vous voulez vraiment le savoir ?
- demanda t'il plus d'une manière rhétorique qu'autre chose, d'une voix rauque avec le ton calme qui cache quelque chose, ce même ton calme qui précèdent souvent les grosses gueulantes -
Mon problème c'est que je suis à milles lieu de chez moi, à me geler à cause de se foutu hivers qui n'en fini pas, forcé de supporter vos humeurs depuis notre départ de Bree, et que pour couronner le tout, je mettrais ma main au feu que la personne qui ma fait venir dans ce coin perdu ne viendra pas ,car elle ne se sera pas donné la peine de traverser le Pays par ce temps et je ne trouverais surement qu'un stupide message ! »

Que cela faisait du bien de lâcher tout ce qu'il avait sur le coeur. D'un coup il se sentait plus léger. Pourtant on ne peut pas dire qu'aujourd'hui il soit d'humeur massacrante contrairement à sa compatriote ,mais cela risquait d'arriver bien vite vus comme c'était parti. Devant eux se dressait à présent les hautes tours de la cité de Fornost, silhouette sombre et lugubre baignée dans la brume et la tempête de neige. Les rares fois où il était passé non loin de Fornost, Aodhán avait eu cette impression de lieu hanté par des esprits mauvais et son côté superstitieux prenait souvent le dessus en l'obligeant à passer le plus loin possible. Une énorme bourrasque rabattit le capuchon du gondorien, offrant son visage à la morsure du froid et du vent, il s'empressa de la rabattre, regardant aussi autour de lui. En peu de temps une belle couche de neige avait recouvert le sol sur presque 10cm d'épaisseur et s'il continuait de faire ce temps là, cela n'en resterait certainement pas là. Tout comme Aod ne resta pas sur ses paroles, rajoutant, comme la neige, une couche.
« Et je tiens à vous signaler que vous vous êtes vous-même contredite en disant que je n'y mettais pas du mien et que je cherchais la bagarre. Tout au contraire Dame, je lutte pour ne pas faire ce que je ferais si vous étiez un Homme. Loin de moi l'idée de vous dénigrer face à la gente masculine ,mais je préfère ne pas lever la main sur une femme... »

Il était vrai que là il prenait un malin plaisir à mettre la jeune femme en rogne cette fois. Mais il fallait crever l'abse à un moment ou à un autre alors pourquoi pas maintenant ? Ils passèrent les hautes murailles de la cité, entamant une montée qui serpentait autour de la colline jusqu'au coeur de Fornost. Bientôt le voyage prendrait fin et chacun pourra alors dire ce qu'il avait à dire, bon ou pas.
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Mar 2 Avr - 16:04
- Mes humeurs? Hurla la jeune femme hors d'elle, vous ne manquez pas d'air de venir me reprocher mes humeurs comme vous dites!

Il la faisait passer pour une mégère hystérique et Indira n'apprécia pas beaucoup de se voir rejeter l'entière responsabilité de ce désastre. Elle n'était certes pas tout à fait étrangère à tout ceci mais n'accepterait pas de porter la faute d'une dispute qui avait clairement démarré avec leur participation à eux deux. La jeune femme en avait également plus qu'assez de ce périple qui semblait ne jamais vouloir finir. Elle voyageait depuis des jours en sa compagnie, et la tension était à son comble. Elle savait bien qu'elle n'aurait jamais du accepter ce voyage. Si elle était parvenue à se conduire correctement les premier temps, plus la tension montait et plus Indira éprouvait des difficultés à ignorer sa colère. Dix années de rancœur et de ressentiment venaient de refaire surface et chacune de ses paroles était un prétexte parfait pour laisser éclater son amertume. Elle savait que ça ne servirait à rien et que ça ne ferait qu'envenimer la situation mais l'éclaireuse n'y pouvait rien, c'était plus fort qu'elle.

Lentement, le sentier qui serpentait le long de la colline de Fornost les conduisit jusqu'aux portes de la citadelle. Les ruines qui jonchaient la colline laissaient apparaître les derniers spectres d'un passé détruit à jamais. Maisons écroulées, ruelles aux pavés disjoints. En fait de portes, la muraille s'était éffondrée depuis bien longtemps et ce qui restait encore des battants tombait en lambeau, rongé par le poids des années. Indira s'était tue quelques secondes, occupée à naviguer entre les gravats. Ils pénétrèrent dans une cour étroite, les hauts murs du fort obscurcissant les lieux, un immense escalier de roche montant vers l'entrée. Un silence de mort régnait sur les lieux, ne leur répondaient que les échos de leur dispute, comme autant de fantômes du passé venus assister au spectacle.
Mettant pied à terre, la brune se retourna vers lui, furieuse de sa réponse. Elle avait une bonne raison de vouloir lui en coller une, de son côté c'était plus discutable. A ce stade, Indira ne savait même pas si elle était censée être furieuse de ses pseudo habitudes de gentilhomme ou du fait qu'il fasse justement la différence. Qu'il parle d'en venir aux mains la mettait hors d'elle, mais elle lui aurait bien arraché les yeux à ce moment là.

- J'espère bien! Répliqua-t-elle, croyez moi, vous n'avez pas envie d'en venir aux mains avec moi!

Elle se garda bien d'indiquer que la première fois s'était très mal passée. Il en portait encore les traces, même s'il avait perdu tout souvenir de cette histoire. Indira ne s'était jamais considérée comme quelqu'un de particulièrement violent ou d'irréfléchi mais parfois ses accès de colère s'emparait d'elle sans qu'elle puisse se contrôler. Elle avait une sainte horreur qu'on l'insulte ou qu'on la sous-estime, encore moins qu'on lui manque de respect. La jeune femme était orgueilleuse et le voir en face d'elle lui rappelait qu'elle avait un jour été assez naïve et stupide pour se laisser entraîner par ses belles paroles.
Sans attendre, elle avait démarré l'ascension des marches, laissant Coral sous un auvent, à l'abri des chute de neige. Ca lui brisait le cœur de la laisser là, mais ce n'était pas comme si elle pouvait l'amener à l'intérieur de la forteresse. Sur une dernière caresse à son encolure, l'éclaireuse abandonna sa fidèle monture. Juste devant elle, l'ombre imposante de l'entrée se dessinait, comme une porte sur le néant. On n'y voyait rien, il faisait bien trop sombre et l'atmosphère était chargée de poussière et d'humidité. Prise d'un mauvais pressentiment, Indira se senti parcourue d'un frisson de mauvais augure. Comme si Fornost ne leur avait pas livré tous ses secrets.
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Ven 5 Avr - 23:33
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Ses hurlements firent sursautés aussi bien le cavalier que le cheval qui glissa sur une plaque de neige gelée, manquant de les faire tombes tous les deux sur le bas côtés du sentier sinueux qu'ils arpentaient jusqu'à la citadelle de Fornost. Flattant l'encolure de son étalon, Aodhán lui murmura des paroles que les bourrasques de vents emmenaient loin des oreilles d'Indira, restant entre lui et son destrier. Avait-elle besoin de lui hurler dessus ainsi ? Il n'avait pas élevé la voix une seule fois alors qu'elle ne se gênait pas pour prouver toute la puissance de ses cordes vocales. Un regard noir en sa direction et se força à garder le silence, ravalant les paroles qu'il aura aimées lui cracher à la figure. Cette ambiance étrangement électrique ne lui plaisait pas vraiment ,mais il avouerait volontiers il prenait un malin plaisir à la mettre en rogne. Il ne pourrait pas expliquer pourquoi il agissait ainsi mais c'était comme si une petite voix dans sa tête lui disait que ça l'aiderait surement à se rappeler, sa mémoire ayant parfois besoin d'un détail pour se déclencher comme une clef qui ouvrirait la porte des souvenirs.

La neige s'accumulait dangereusement sur les contreforts de la Citadelle de Fornost ou du moins ce qu'il en restait. De sombres pierres se dissimulaient sous la couche immaculée alors que jadis elles formaient hautes murailles, maisons et autres édifices. L'atmosphère était pesante et lugubre, donnant l'impression qu'une ombre s'était installée en ces lieux. Pendant un court instant, leur querelle prit fit, l'un comme l'autre fut trop occupé à guider sa monture à travers les gravats ensevelit regardant aux alentours. Il se demanda si Indira avait l'impression que quelque chose n'allait pas. Un frison lui parcourût le corps. L'écho de la respiration des chevaux résonnait contre les pierres donnant l'impression que c'était les murs eux même respiraient tels des fantômes oubliés. Mettant à son tour pied a terre bien après Indira, Aodhán se retrouva avec de la neige jusqu'à mi-mollet, la morsure glacée lui enserra les pieds et il ne pu retenir un juron. Et la réaction de la jeune femme à sa précédente pique ne se fit pas attendre. Pourtant Aodhán ne lui répondit rien, se tournant vers Gondor afin de passer les rênes par-dessus l'encolure pour pouvoir le mener tout en le laissant assez libre de ses mouvements.
« Eh bien tout dépend de ce que ferait vos mains.... »
Marmona-t’il entre ses dents, prenant bien soin à ce qu’une bourrasque souffle à ce moment là, couvrant ses dires et dissimulant un sourire narquois.


Il n'avait pas pu s'empêcher de se faire cette remarque. Pourquoi ? Bonne question. Elle n'était pas vraiment appropriée à la situation et elle était emplie de sous-entendus pas vraiment glorieux. Il n'était pas dans une taverne à s'attirer les charmes d'une quelconque demoiselle mais perdue au beau milieu des Landes de l'Eriador, dans une Citadelle en ruine avec une femme qui sortait les griffes et devait sans doute se retenir de lui sauter à la gorge. Mais il ne pouvait s'en empêcher. La provocation, il ne connaissait que ça. Traiter le de gamin, d'imbécile et de tous les noms d'oiseaux qui vous viendrait à l'esprit, si vous ne l'intéressez pas, il ne cherchera même pas à vous parler. Du moment qu'il vous provoque, c'est que, d'une manière ou d'une autre, vous avec attirez son attention, que quelque chose en vous attise sa curiosité. Drôle de manière de montrer son intérêt je vous l'accorde mais c'est la seule manière qu'il avait trouvé pour qu'on le remarque à son tour. Transparent, timoré lorsqu'il était enfant, il s'était tellement fait marcher sur les pieds que lorsqu'il arriva chez les Hommes de l'Ombre, ils purent en faire ce dont ils voulaient. Et voilà le résultat. Bref ce qu'il faut retenir c'est que si Aodhán vous pourrie la vie, c'est qu'il vous trouve intéressant. Ne cherchez pas forcement à le comprendre, parfois même lui n'y arrive pas.

La jeune femme avait déjà commencé l’ascension des marches lorsqu’il arriva à son tour au pied de celles-ci. Attachant Gondor sous une arche pour le protéger du mieux possible des chutes de neige et du vent, il lui flatta l’encolure.
« Bonhomme si je ne reviens pas, c'est qu'elle m'aura surement tranché la gorge... »
Lui avoua t'il d'une manière lasse ,mais avec une pointe d'humour avant de se lancer a la suite d'Indira.
Il le retrouva devant ce qui devait être l'entrée de la Citadelle, ombre d'une ancienne porte donnant sur un monde fantomatique, comme si passé cette porte vous menait directement vers le néant. Etrange sensation qui parcourut Aodhán. IL avait l'impression de redevenir enfant, lorsqu'il avait dans les catacombes avec un groupe d'ami à la recherche de fantômes et autres fantaisies. La citadelle entière semblait vibrée de mauvaises ondes, lugubres souvenirs d'un passé tragique.
Superstitieux, Aodhán ne serait jamais venu ici seul sans une bonne raison. Vous trouverez sans doute cela enfantin et absurde ,mais il croyait aux fantômes et autres fables que certains se racontent pour passer le temps les nuits d'orages au coin du feu.
« Enterrons la hache de guerre voulez-vous ? Je ne tiens pas à réveiller les fantômes de Fornost. Et si l'envie vous prendrait de hurler comme tantôt, retenez vous, je n'aimerais pas être obligé de vous bâillonner... »
Il était sérieux en disant cela. Son anxiété était nettement visible et il mettrait cette menace a exécution sans l'ombre d'un remord. Prenant les devants, il passa la porte...
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Dim 7 Avr - 22:44
Le vent soufflait de plus belle sur la forteresse, sa plainte couvrant presque le bruit de leurs voix. Immobile sur le pas de la porte, Indira attendit qu'il daigne la rejoindre, tremblante de rage. Elle s'était efforcée de ne pas prêter attention à ses marmonnements mais n'avait pu s'empêcher de capter des bribes d'une phrase qui avait été loin de lui plaire. Il se trouvait probablement très drôle, mais Indira voyait dans cette phrase innocente – ou pas tant que ça – des implications qu'il était loin de s'imaginer. Serrant les poings convulsivement, elle sentait ses ongles s'enfoncer dans la chair de ses paumes et ses épaules trembler doucement, sans qu'elle soit capable de l'arrêter. L'éclaireuse entendait dans son dos le bruit de ses pas qui s'approchaient de plus en plus, montant les marches de pierre. Elle ne voulait pas le voir pour l'instant, elle ne voulait pas car c'était prendre le risque de faire quelque chose qu'elle regretterait par la suite. Mais Indira n'avait pas fait tout ce chemin pour supporter qu'on lui parle ainsi. Il ne savait pas, il n'avait aucun souvenir et n'imaginait probablement pas l'humiliation cuisante que vous ressentiez à vous réveillez un matin et vous rendre compte que votre rencontre de la veille était trop ivre pour se rappeler de votre nom.

Elle n'avait pas dix sept ans à l'époque. La jeunesse et la naïveté d'une fille qui n'avait pas connu autre chose que les toiles de sa caravane avant d'être brusquement jetée sur les routes. Quatre mois à voyager à travers le désert, sous les traits d'un jeune homme, dans un monde où chaque individu semblait s'être fait un devoir de vous faire payer le fait d'être née dans le corps d'une femme. L'Indira de l'époque ne valait pas grand chose pour les clients de la taverne où elle avait trouvé ce stupide travail. Rien d'autre qu'une jeune fille maigrichonne aux cheveux en bataille et au regard un peu trop rebelle pour attirer qui que se soit. Et le souvenir de leur rencontre et de ce qui suivit était gravé dans sa mémoire comme un avertissement et une leçon pour sa terrible naïveté. Elle n'y connaissait rien à l'époque, mais on ne l'y reprendrait plus à présent et Indira avait passé l'âge de croire à ce genre de bêtises.

Et il continuait encore et toujours. Le plus idiot c'est que la jeune femme aurait probablement accepté de faire une trêve si sa remarque n'était pas parvenue jusqu'à ses oreilles. Car la brune voyait elle même la nécessité de cesser toute altercation à l'intérieur de ces murs. Ils avait tous les deux senti l'aura étrange qui s'en émanait et aucun ne prenait cette menace à la légère. A présent c'était un peu tard, elle était furieuse. Mais lorsqu'elle le senti plus proche d'elle, Indira perdit toutes ses belles résolutions et se retourna vivement. La claque parti avant même qu'elle ait eut le temps de penser aux conséquences de son geste.

- Et mes mains, ça vous plait assez ce qu'elles font ce coup ci? Siffla-t-elle rouge de colère

Elle ne s'était pas mise à hurler cette fois ci. Sa voix s'échappant dans un filet furieux, comme si la proximité de l'ombre suffisait à lui intimer un peu plus de discrétion. Mais l'éclaireuse n'en était pas moins terriblement en colère. Il fallait régler cette histoire idiote une bonne fois pour toute, elle n'allait pas s'aventurer dans cette forteresse déserte en compagnie d'un homme à qui elle rêvait d'arracher les yeux et avec qui elle était trop occupée à ses disputer pour se rendre compte d'un danger potentiel.


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Mer 10 Avr - 17:35
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Il venait d’arrêter son geste, voulant se retourner pour lui dire quelque chose. Lui dire quoi ? Il ne sait plus, ses mots furent étouffés avant même que son esprit les formats. Tourné vers elle, il ne vit pas son geste venir. Une claque…Non à ce niveau là ce n’est pas la petite claque, c’était une vraie gifle. Celle dont la paume vous enserre la joue et vous laisse sans voix, presque le souffle couper. Le geste d’Indira, peut être l’avait il mérité après tout. Ses pensées ce chamboulaient dans son esprit, ayant l’impression de revivre une scène qu’il avait déjà vécut.
Des gifles, il en avait reçut. Son Père n’en était guère avare et il les distribuait comme certains distribuaient des confiseries à leurs enfants. Bonbons empoissonnés. Au fond de lui quelque chose se réveilla, comme un barrage qui commence à céder après avoir vaillamment lutté contre la monté des eaux. Une colère profonde et ancienne monta en lui. Il avait tourné le visage sous l’effet de la claque, regardant fixement la colonne de pierre qui se dressait là. La surprise du moment s’effaça immédiatement, laissant sa place à ses vieux démons.

« Et mes mains, ça vous plait assez ce qu'elles font ce coup ci? » siffla t’-elle au même instant.

Le barrage se rompit. Il jeta un regard furieux, la colère dansant comme une flamme dans ses yeux. De ses accès de colères, il fallait s’en méfier. Lorsque ces sombres idées assaillaient son esprit, il était capable de geste qui ne lui seraient jamais venu à l’idée d'ordinaire. A peine eut-elle craché ces mots qu’il lui enserra le poignet avec force, refermant ses doigts en effectuant une rotation vers l’avant. Aodhán écarta ensuite son bras sur le coté et plongea son autre main vers la gorge d’Indira, la plaquant en même temps contre l’autre colonne derrière elle.
Une étincelle de lucidité l’empêcha de lui empoignée la gorge à pleine main, préférant au tout derrière moment de la poser juste à coté de son visage. Ils étaient tellement proche l’un de l’autre qu’il sentait la respiration d’Indira sur son visage et le moment qu’il provoquait. Plongeant son regard noir dans le sienne, il murmura d’une voix rauque qui laissait deviner la rage qu’il avait en lui mais il prononça chaque mot lentement…
« Votre geste pourrait vous coûter la vie… Evitez de vous montrer si impétueuse à l’avenir, ou il vous en coutera votre main si ce n’est pire ! Vous… »
Sa voix se perdit soudainement. Il venait de voir quelque chose. Non pas voir. Se Souvenir. La sensation qu’il éprouvait depuis Bree venait de se transformer en une certitude.
« Vous ! »
repeta-t’il. Mais cette fois ci comme s’il la désignait plus précisément. Il la relâcha, reculant d’un pas, comme frapper par une quelconque révélation.

Posant une main sur son front, il ne détourna pas son regard de la jeune femme. Son esprit lui envoyant des images d’un vieux souvenir.
Il se revoyait dans une taverne de Minas Tirith, un endroit qu’il fréquentait souvent lorsqu’il était jeune. Était-il seul ? Non…Les images qui lui semblaient trop floues il y a une dizaine de jours devaient aussi limpide que de l’eau de source à chaque secondes. Il n’était pas seul, Diarmaid était là. Son mariage ! Ils fêtaient le mariage de son frère !
« Minas Tirith »
dit-il, plus pour lui que pour elle. Il pointa Indira du doigt. Oui cette fois il en était certain, il l’avait bel et bien rencontré. C’était il y a fort longtemps…Dix années à quelques choses prés.
« C’était donc vous à Minas Tirith ! »


Tout lui revenait. Son retour à Minas Tirith était dû à une mission des Hommes de l’Ombre, sa première vrais mission. Les murs blancs de la Cité du Gondor accueillaient au même moment le mariage de l’ainé des Delwyn : son frère Diarmard. Pour fêter cela sans avoir à supporter toute la Noblesse de la Cité, lui et son frère c’étaient alors éclipser le soir dans leur taverne préférée. La bière et le vin coulèrent plus que de raison. Et puis il y avait cette fille. Plus jeune de lui, serveuse dans cette taverne pour une raison inconnue. Il l’avait remarqué depuis un moment, la regardant allé et venir sans rien dire. Ce fut son frère qui le poussa. L’encourageant à l’abordé au plus vite. Ce qu’il fit.La suite ? Encore un peu flou mais ce n’était pas un souvenir désagréable au contraire. La soirée se termina dans une chambre où ils restèrent jusqu’au matin. C’est là qu’Indira le frappa avec…Avec quoi déjà ? Il effleura la cicatrice qu’il avait à l’arcade et celle qui l’avait sur la pommette.

Sa rage s’estompa légèrement, trop abasourdie pour être en colère. Jamais il n’avait imaginé revoir cette jeune fille ici, et surtout pas en la personne d’Indira. Ciel qu’elle avait changé ! Elle était loin la gamine effarouchée qui lui avait plus, maintenant c’était une femme avait une fierté démesurée qui se tenait face à lui…Et s’il devait répondre à sa question, il dirait certainement qu’il préférait ce que ses mains avaient faites dans le passé. Mais il garde le silence.
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Dim 14 Avr - 21:58
La réponse tomba si vite qu'Indira ne compris pas immédiatement ce qui venait de lui arriver. Elle vit son regard s'assombrir alors qu'il prenait conscience de l'énormité de l'affaire et la seconde d'après, la jeune femme se retrouvait plaquée contre une colonne. Aodhán l'avait saisie par le poignet, l'écartant douloureusement pour venir rapprocher son visage du sien, visiblement furieux. Indira détourna le regard, livide de rage et pourtant incapable de se libérer de sa poigne. Elle senti son souffle effleurer son oreille alors qu'il la menaçait de représailles. Glacée, la jeune femme ne su quoi lui répondre. Ça s'était passé si brusquement, l'homme en face d'elle n'avait rien à voir avec celui qui cheminait avec elle depuis des jours. Ils s'étaient certes très fortement disputé, mais l'étincelle mauvaise qui brûlait au fond de son regard n'avait rien à voir. Et ces menaces soufflées à son oreille? Il n'avait pas du tout l'air de plaisanter.
Puis, brusquement, il la libéra et Indira le senti s'éloigner. Avait-il donc perdu l'esprit? Envolée la colère froide, il l'observait, incrédule comme s'il ne l'avait jamais vue auparavant, ou plutôt tout le contraire. Les quelques mots qu'il lâcha suffirent à la jeune femme. Il se rappelait. Enfin. Et brusquement, Indira ne savait plus comment réagir. Elle avait passé tellement de temps à ruminer sa rancœur qu'elle ne s'était même pas envisagé cette éventualité.

- Le moins qu'on puisse dire c'est que vous avez la mémoire courte, grinça-t-elle

Elle persistait à regarder partout ailleurs, sauf lui. S'obstinant à détourner le regard, sa main serrant son poignet meurtri contre sa poitrine. Aussi idiot que cela puisse paraître, la jeune femme ne savait plus comment réagir, elle avait passé trop de temps à le détester pour être capable de penser autrement et sa réaction ébahie lui laissa un goût amer. Les disputes c'était simple et rassurant, la jeune femme maîtrisait. Vous n'aviez qu'à vous hurler dessus et surenchérir jusqu'à ce qu'un des deux parti cède où que vous en veniez aux mains. Cette espèce d'interrogation stupéfaite? Ça ne faisait pas partie de son inventaire. Aussi resta-t-elle silencieuse pendant de longues secondes. Hésitant sur la réponse à lui donner.

- En même temps, cette vieille histoire n'avait déjà pas l'air de vous avoir laissé un souvenir impérissable à l'époque, ronchonna-t-elle

Bien décidée à mettre un terme à cette conversation gênante, la jeune femme entreprit de s'éloigner de lui et de se rapprocher de la porte, le bousculant légèrement au passage dans sa hâte. C'était terriblement bizarre d'avoir ce genre de discussion si longtemps après et Indira n'était pas certaine de vouloir revenir sur le fond du problème et les origines de sa colère.
Plus pour s'occuper qu'autre chose, elle s'aventura de quelques pas à l'intérieur de la forteresse. Il y faisait terriblement sombre et il leur faudrait probablement se munir de torches pour pouvoir s'orienter. Les lieux étaient déserts, le bruit de ses pas résonnait en écho contre les murs de pierre nue. Il n'y avait pas suffisamment de lumière pour permettre de distinguer le moindre détail mais on devinait ça et là des piliers effondrés et des gravas qui prenaient la poussière depuis dieu sait quand. Une odeur persistante d'humidité et de moisissure régnait et la jeune femme ne pu se défaire de l'impression qu'ils y étaient attendus. Quelques pas à l'arrière, elle avait toujours conscience de la présence d' Aodhán dans son dos et savait très bien que cette histoire n'était pas réglée pour autant. Mais que faire? Sur un soupir, elle fini par se retourner, l'air sérieux, les sourcils froncés.

- Vous aviez vraiment oublié cette histoire? Totalement? Insista-t-elle
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