The happiness of meeting again after a long time (Dezïelle)

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Cyrïelle Nandil
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Jeu 28 Sep - 3:25
The happiness of meeting again after a long time
Dezial Rivers & Cyrïelle Nandil ▬ Frontière du Rohan

Tenant fermement la bride d’un cheval qu’elle avait loué à Esgaroth. Cyrïelle avançait à petit trot dans la plaine aussi sculptée par le temps que par les guerres qui avaient pu avoir lieux. La diplomate de formation avait bien du mal à comprendre le concept même de la guerre. Préférant l’éviter à tout prix plutôt que de voir le sang de n’importe qui couler sur le pavé pour des idéologiques qui se contredisait. Elle n’avait que des légendes ou des récits de hauts elfes concernant la Guerre de l’Anneau unique où Sauron fût vaincu par les Hommes. Et depuis elle ne l’avait connu que de loin, préférant depuis toujours le commerce à la guerre. Cape fermement attachée autour de son cou, il n’y a que quelques mèches de ses cheveux couleur soleil, qui s’échappe à cause du vent et de la chevauché, le temps était agréable autant dire qu’il n’y avait rien d’étrange à voyager sous le soleil. Descendant plus au sud, elle avait cette chance de pouvoir quitter l’humidité d’Esgaroth et son froid ambiant pour prendre quelque couleur dans un climat bien plus tempéré qu’ordinaire. Bien que de par sa nature elfique, Cyrïelle ne prenne pas énormément de couleurs, ni d’autres modifications physiques avec les ans. Cependant, si la lettre de Dezial l’avait touchée, comme à chaque échange mensuel, il y avait des années qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de se croiser… Cinq ans, qu’est-ce que cinq ans dans la vie d’un elfe, quand cela semble énorme dans la vie d’un homme ? Elle soupire en levant les yeux sur une colline aux reflets dorés à cause d’une bruyère desséchée et le paysage continuait à défiler devant ses billes bleutées. Elle n’avait qu’une hâte : celle d’arriver à la frontière, de trouver ce petit village sans grande prétention et retrouver son ami pour qu’il lui dise ce qu’il avait découvert.

S’il restait encore quelques heures de chevauchées, l’elfe ne croisa presque personne si ce n’est un fermier qui retournait sur ses terres plus au Nord après un marché important sur les terres du Sud. Un simple bonjour fit sourire le vieil homme alors qu’elle passa encore la plus grande partie de son temps sur la route. Les fortifications du village apparaissant dans la vallée qu’elle surplombait du haut de sa colline. Rien de bien spécial pour elle qui avait déjà vu énormément de pays. En quelque sorte partir pour mieux revenir, voilà ce qu’elle pensait à chaque départ et à chaque arrivée. Elle ne partait jamais vraiment et les terres du Rohan avaient des souvenirs heureux qu’elle apprécie plus que tout. Cette vie où elle faisait pénitence de son manque de volonté… Cela n’était pas le cas de son ami qui ne semblait pas avoir abandonné son combat, dix ans après qu’elle ait lâchement lâché prise.

Elle avait beau être immortelle, il avait beaucoup plus de volonté qu’elle n’en aurait sans doute jamais, elle la faible elfe.

Enfin, après une journée et demie de chevauchée, la jeune femme pose le pied au sol. Arrivée à destination, elle mena son cheval jusqu’à un point d’eau commun aux autres voyageurs. Elle n’avait plus que le village à parcourir désormais. Le temps étant largement suffisant pour dégourdir ses jambes endolories par le voyage. Si elle se plait à regarder quelques échoppes, la Nandor pense également aux plus négatives des solutions apportées par Dezial ce soir même. Elle a peur sans doute. Peur d’apprendre la mort d’Angar alors qu’elle aurait pu l’empêcher en le retrouvant plus rapidement. Si seulement le destin n’était pas contre elle depuis soixante ans, elle serait bien plus en paix avec sa conscience Cyrïelle. Pourtant, si rien ne semble tourner rond, elle s’excuse en rentrant dans un homme qui passait dans la même rue bondée qu’elle. Si l’homme d’âge mûr ne lui fait pas de scène, elle s’excuse encore malgré tout. Elle est bien perdue dans ses pensées la demoiselle blonde et ne cherche plus qu’à rejoindre l’auberge afin d’avoir une chambre pour les deux jours à venir. Rentrer dès le lendemain à Esgaroth était proscrit, elle n’y tenait pas, ayant obtenu une semaine de la part de son amie et employée pour venir ici en échange de l’achat de dentelles et de tissus rares. Une chance d’être appréciée à sa juste valeur par cette humaine et de lui confier quelques courses au passage afin de faire prospérer leur affaire commune. Un sourire en coin, elle passe cependant la lourde porte de l’auberge. L’odeur de la bière et d’autres boissons plus fortes lui prennent les narines. Un vertige tout à fait normal de sa part s’installe quand elle demande une chambre pour deux nuits. « Et elle vient faire quoi la p’tite dame pour deux jours ? » « Pour les affaires. » Le regard vicieux de ce gérant ne lui absolument rien, mais elle devrait pourtant fermer l’œil cette nuit. Elle se mit à penser que les hommes dans ces métiers étaient tous des porcs quand on était une femme et seule de surcroit.

Elle soupire et ressort de l’auberge aussi vite qu’elle était entrée après avoir durement obtenu les clés de cette chambre.

La main sur le cœur, elle ose espérer que le Capitaine du Rohan est vite finit les tâches qui lui incombaient pour venir la retrouver au plus vite. C’est sans doute le bruit significatif des chevauchées qui la fit relever la tête pour suivre la foule se dirigeant sur une place plus grande, plus centrale que celle devant l’auberge. À croire que les soldats avaient encore quelque chose de mystique. Des jeunes filles humaines s’extasiaient de la beauté de certains d’entre eux, alors qu’elle pouffait intérieurement quand on en désignât un qu’elle connait plutôt bien. Les Valars savaient bien que les hommes pouvaient avoir plusieurs vies en une et Dezial ne fait pas exception à la règle. De mercenaire à capitaine… Il y avait un fossé. Alors qu’elle avait fait le chemin inverse. Noble diplomate rétrogradée à pauvre couturière. Elle ôte son capuchon bleu marine. Une simple chevelure blonde comme les blés et aussi longue que la sienne ne pouvait passer inaperçue dans les premiers rangs de spectateurs alors que la garde semblait se disperser suite aux ordres de leur capitaine. Elle n’avait pas prêté attention à la discussion qui avait pu avoir lieu entre les soldats après tout. Elle fait quelque pas. Si elle ne voulait pas faire alimenter les commérages quant aux relations de ce Capitaine en particulier et se retint à quelques effusions de joie ou l’envie de l’étreindre comme l’ami qu’il était pour elle. « Capitaine Rivers. Il y a si longtemps depuis notre dernière rencontre. » Dit-elle dans son dos. Surprise qui n’en était pas une puisque tout était planifié depuis des mois…

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Dezial Rivers
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Dim 22 Oct - 5:14



"The Happiness Of Meeting Again After A Long Time"


Cyriëlle & Dezial








Jamais une seule fois, Dezial n'aurait pu penser, ou même rêver de devenir une personnalité importante de ces terres du milieu. Dans sa prime enfance, il pensait devenir un simple soldat dans l'armée du Gondor, un troufion qui ne pourrait jamais monter en grade. Que cela puisse être de part un manque de compétences flagrantes, ou encore, de part sa naissance plus que modeste. Nombreux étaient ceux corrompus, nombreux aussi étaient ceux se pensant au-dessus de la plèbe. Un chose que notre ami ne comprit jamais réellement. Qu'est-ce qui pouvait le différencier lui d'un homme de haute-naissance si ce n'était la chance ? La chance d’atterrir dans un foyer, plus qu'un autre. N'imaginez cependant pas que le garçon avait regretté, à une époque ou une autre, de ne pas être né ailleurs. Non, il était heureux et, remerciait les dieux d'être né dans cette famille-là. Sa jeune sœur fut en tout temps son présent le plus précieux et, pour rien au monde il n'aurait voulu avoir une vie différente, à part peut-être la mort de ses parents, cela va de soi. Pour le reste, le fils de soldat s'était résigné à mener une vie simple, banale, où il ne laisserait jamais la moindre empreinte de son passage où que ce soit. Plus tard, il fut certain de finir par mourir sur les routes. Mercenaire, voilà une vie qu'il avait fini par choisir, un peu à contre-cœur. Vendre son arme à quiconque pourrait se la payer, cela n'avait rien de noble, ni de chevaleresque. Malheureusement, ce choix n'en fut jamais réellement un. A cette époque, sa mère était particulièrement malade et, les frais importants. Alors, plutôt que de rester sur place, coûter de l'argent à ses parents qui auraient à tout prix voulu l'aider dans sa potentielle nouvelle vie, le jeune humain avait préféré les aider lui et, dans la précipitation, ce fut-là le seul choix envisageable. Contre toute attente, le jeune homme se retrouva être bien moins incompétent que ce que ses instructeurs avaient bien voulu lui faire croire durant ses classes, survivant ainsi à de nombreux périls, ne cessant même de progresser, en devenant même suffisamment talentueux pour, plus tard, être capable de porter un costume de capitaine dans l'armée du Rohan. Une de ses plus grandes fiertés. Fiertés que, malheureusement, sa mère, native de ces terres et, de son paternel, soldat cloué au rang le plus fiable, auraient sans nul doutes partagés. Cela lui permit à lui et à sa sœur de vivre confortablement, sans avoir à se serrer la ceinture pour quoi que ce soit.

Malgré ce que ces voyages purent lui apporter en termes de compétences et même en tant que niveau de vie futur, cela n'était rien. En effet, durant ses voyages se déroula un des moments les plus importants de sa vie, à ses yeux. Une rencontre avec une elfe. Oh, non. Pas une de ces rencontres avec une femme auxquelles vous pourriez penser, telles que l'on peut en découvrir dans toutes sortes de romans et d'histoires de grands héros de notre Histoire, non. Une elfe, d'une grande beauté, qui se caractérisait principalement par des yeux tout simplement unique, perdue et en quête d'une personne perdue. Dezial se fit d'abord embaucher par la jeune femme pour assurer sa protection et l'aider dans sa recherche mais, bien vite, les deux voyageurs sympathisèrent réellement, jusqu'à devenir de très bons amis. Enfin, plus que cela même. Les rares fois où l'humain put réfléchir à ses relations, ses amis, collègues et autres compagnons, personne ne sembla jamais aussi proche que cette elfe blonde, Cyriëlle. Bien vite, il lui sembla impossible de la faire payer pour sa compagnie. Il connut même sa sœur, qui continua à lui apprendre l'art de la flûte et de la poésie. Dans sa grande bonté, son amie en vint même à rendre visite, de temps à autres la femme malade pour l'apaiser, ne pouvant guère faire mieux. Une des raisons pour laquelle, Dezial, lui en fut redevable à jamais. Leur chemins finirent malheureusement par se séparer, lorsque notre ami finit par obtenir des responsabilités et qu'elle, de son côté, abandonna presque sa recherche. Cela ne les éloigna pas pour autant, continuant de s'envoyer des messages régulièrement pour discuter  de tout et de rien, mais surtout, pour donner des nouvelles l'un de l'autre. Lui, de son côté, il n'abandonna jamais ses recherches, se refusant à délaisser la quête de son amie, malgré son manque désespoir face à cette réussite.

Après des années sans se voir, ce fut bel et bien cette quête qui allait réunir à nouveau les deux anciens compagnons de voyages. Ses supérieurs avaient envoyés le héraut, ainsi que ses hommes, patrouiller non loin de la frontière, chose encore jamais faite auparavant. Son cœur s'emplit de joie à cette idée et, le soldat se précipita pour envoyer une lettre à son amie, pour lui demander de se retrouver dans un petit village, rattraper le temps perdu mais aussi, pouvoir lui dire de vive-voix ses avancées dans ses recherches. Finissant par connaître beaucoup de monde de part ses voyages et ses patrouilles, l'homme avait fini par donner le signalement de l'homme recherché à un nombre incalculable de personnes et, force était de constater que la chose avait fini par par payer. Malheureusement, l'égoïsme avait vite fini par rattraper notre homme qui s'impatientait bien plus de la revoir, comme au bon vieux temps, plus que de lui parler de tout cela. L'image de son visage avait fini par s'effriter dans son esprit, malgré un souvenir particulièrement intact de ses yeux. Rowena, sa sœur, était particulièrement heureuse de ses retrouvailles. Même si la jeune fille ne pouvait se déplacer avec les soldats, elle tint tout de même à offrir un petit cadeau. Depuis qu'elle s'était installée dans le Rohan, la jeune humaine s'était faite tailleuse de cuir et, faisait de bien jolies choses, se mettant à espérer que leur amie commune en apprécie son travail.

Plus le temps avançait et, plus l'attente fut longue. Même lorsqu'ils partirent enfin faire leur patrouille, le capitaine ne pensait plus qu'à ça, enfin la revoir. Leur chevauchée dura quelques jours et, une poignée d'affrontements eurent lieu, tantôt contre des orcs, tantôt contre des brigands et, grâce aux ordres de leur commandants, ils n'eurent pas à déplorer une seule victime. Les tactiques des cavaliers rohirims étaient particulièrement bien ficelées, au moins autant que ce que leur charges étaient redoutées. C'est alors enfin qu'ils arrivèrent dans ce fameux village en bordure du royaume où les capes vertes furent accueillis par les villageois semblant parfaitement heureux de recevoir une telle visite, tandis que les jeunes demoiselles semblaient espérer d'autres visites, dirons-nous. Gloussant, observant, papillonnant et faisant même mine de rougir, une poignée d'entre elles étaient là non loin des soldats qui ne semblaient pas particulièrement contre l'idée. Tout ce que le capitaine put voir de cette foule, fut ces deux yeux, inoubliables, en retrait dans la foule, lui faisant afficher un grand sourire heureux. Malheureusement, avant de la rejoindre, notre homme avait quelques responsabilités à tenir. Ainsi, à peine fut-il descendu de cheval et que son casque fut retiré, que quelques ordres furent donnés, en pointant du doigt chaque homme qu'il nommait. « Theolen, tu t'occupes de faire un inventaire des armes et armures à réparer, tu trouves le forgeron et tu vois avec lui. Tu insistes bien qu'on a besoin de tout ça, rapidement. Leonel, Dynel et Hakam, vous vous occupez des chevaux. Alan, inventaire des provisions, tu vois ce qu'il manque et ce qu'on doit acheter. Jax, tu t'occupes des blessés. Les autres, quartiers libres mais … Soyez-sage. » Un petit rire s'échappa de ses lèvres en portant un regard sur les habitantes qui n'en avaient peut-être pas vraiment l'intention elle. Ils n'étaient qu'une quinzaine de soldats mais, il fallait tout de même bien les encadrer, même s'ils étaient loyaux, fidèles et écoutaient sans rechigner, ils n'étaient jamais contre se la couler douce.

C'est alors qu'une voix se fit entendre dans son dos. Une voix reconnaissable, ancrée dans son âme et son cœur. Cyriëlle. Comment oublier cette voix qu'il avait si souvent entendu pendant des années de voyage ? Ces mots étaient bien formels, ce qui l'étonna quelques peu. Sans doutes avait-elle peur pour son image. Mais, lui, son image, il n'en avait que faire. Ses hommes lui étaient tous dévoués et, jamais l'un d'eux pourrait penser du mal de lui ou de ses relations. Grâce à lui, ils avaient survécus à des batailles dignes de l'enfer et, surtout, l'homme était loin d'être compliqué à supporter. C'est donc avec un immense sourire que le héraut se retourna, détaillant un instant ce visage qu'il n'avait pas vu depuis si longtemps, avant d'arquer un sourcil, curieux et surpris. « Capitaine Rivers ? Allons, cesse ses formalités ridicules. Je suis tellement heureux de te revoir après tout ce temps. » S'approchant sans la moindre hésitation l'humain prit l'elfe dans ses bras avec grande tendresse et affection, restant ainsi une lourde poignée de seconde avant de la libérer de cette prison de chair. « Aaaaah, tu m'as manqué mon amie. Vraiment. J'allais dire, que tu es toujours aussi belle que lorsque nous nous sommes rencontrés mais … L'inverse serait particulièrement troublant, en fin de compte. » Riant légèrement à la remarque. Dezial ne s'était jamais réellement caché de trouver son amie des plus charmante. Après tout, qui pourrait bien ne pas apprécier si doux visage et pareil regard ? Non, il se contentait de quelques remarques, de temps à autres, sans essayer quoi que ce soit d'autres, sans vouloir quoi que ce soit d'autres d'ailleurs. Finissant par lever un doigt vers le ciel comme s'il venait de se rappeler de quelque chose, l'ancien mercenaire se retourna vers son cheval pour tirer de son bardas un grand linge en boule qu'il tendit vers son amie. « Tiens, un cadeau de Rowena. Elle n'a malheureusement pas pu venir mais, elle voulait participer, en quelques sortes, à ses retrouvailles. Nous espérons que la chose te plaira, sincèrement j'entends. » Le linge cachait en réalité une besace en cuir solide, finement décoré et particulièrement élégant qui pourrait servir à la belle, pour ses voyages ou encore son travail. Ne sachant quoi réellement faire, l'artisane préféra opter pour l'utilité. « Dis-moi, as-tu eu le temps de manger ? Je meurs de faim, m'accompagneras-tu à table ? Il y a quelques petites choses que je voudrais te dire. D'important. Enfin, plus que rattraper le temps perdu j'entends et, je voulais vraiment te le dire en face à face. » Avec un grand sourire Dezial finit par se retourner pour récupérer son épée et son sac avant d'inviter l'elfe à prendre la tête.

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Cyrïelle Nandil
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Jeu 2 Nov - 21:47
The happiness of meeting again after a long time
Dezial Rivers & Cyrïelle Nandil ▬ Frontière du Rohan

Pouvait-elle être heureuse ? Plus que de mesure sans aucun doute ! Il était vrai qu’elle n’avait voyagé que durant cinquante ans. Mais qu’était-ce tant d’années dans la vie d’une elfe face à la vie d’un homme. C’était étrange de la voir là changé, alors qu’elle semblait fiée dans le marbre. Parfois jalouse de cette envie de vivre qui les prenaient tous quand elle restait là à voir les peines et les chagrins, les joies et les bonheurs s’apaiser avec le temps, tomber dans l’oubli. Voilà des années qu’elle n’avait pas vu sa sœur et c’était peu dire… Mais Cyrïelle avait presque honte d’avouer qu’elle ne se souvenait plus que de la rousseur de ses cheveux, oubliant son visage petit à petit. Ne la voyant que dans des rêves divinatoires qui lui faisaient horriblement peur. Pourtant, elle n’arrivait pas à tenir en place. La compagnie du Rohan se dissipant petit à petit. Des hommes en petit groupe. Les plus sérieux et les plus luxurieux. C’était une chose peu facile d’être soldat et elle n’en avait jamais eu l’étoffe Cyrïelle. La seule personne dans sa famille, qui aimait tant les soldats, restait Eilinel. Elle et ses rêves de grand amour avec un soldat de la garde de Mirkwood. C’était se marcher sur la tête quand elle parlait de son bien-aimé avec tant de passion alors que la blonde savait pertinemment qu’il ne s’agissait pas d’amour, mais plus d’un sentiment puéril et enfantin qui la prenait. Elle ne souhaitait pas s’en souvenir maintenant Cyrïelle ne voyant qu’une volée de cheveux flamboyants se retourner en lui disant qu’elle avait tort de penser à comme cela et que ça n’était pas comme ça qu’elle trouverait l’amour de sa vie. Mais avait-elle simplement envie de le trouver ? La vie de Cyrïelle était basée sur sa quête et sur la possibilité de retrouver Angar. Hélas, quand sa vision se retrouva de nouveau nette, sortie de ses souvenirs, c’est l’immense sourire de Dezial qui l’accueillit comme un agréable souvenir chassant sa quête et tout ce qu’elle pouvait vivre à Esgaroth. Une sorte de promesse selon elle. Mais n’était-il pas la seule personne qui lui faisait garder un contact au temps, elle qui oubliait parfois le jour qui était et celui qui devait venir. Mais en recevant une lettre, elle savait très bien qu’un mois avait passé. Elle savait qu’elle devait y répondre, car elle refusait de perdre un contact avec celui qui se rapprochait plus du protecteur que du simple compagnon de route. De tous ses amis, Dezial était celui qui l’avait considéré comme une personne de sa famille. Et Cyrïelle connaissait chacun des Rivers, ceux qui furent et ceux qui sont.

Elle se sentait comme dans une seconde maison après avoir quitté la sienne et ce sentiment était troublant. Trop troublant par moment.

[colorsaddlebrown]« Capitaine Rivers ? Allons, cesse ses formalités ridicules. Je suis tellement heureux de te revoir après tout ce temps. »[/color] Elle n’eut le temps que d’ouvrir ses bras et de rire, en rendant son sourire pour s’agripper à lui sous les murmures de certaines femmes humaines qui avaient déjà jeté leur dévolu sur le séduisant capitaine. Mais elles avaient perdu d’avance. Cet homme était venu pour la voir elle, et exclusivement elle. Égoïste, possiblement jalouse, elle n’expliquait pas ce sentiment de vouloir l’avoir pour elle seule. C’était trop étrange. « Aaaaah, tu m'as manqué mon amie. Vraiment. J'allais dire, que tu es toujours aussi belle que lorsque nous nous sommes rencontrés, mais… L'inverse serait particulièrement troublant, en fin de compte. » Continue-t-il. Elle sourit laissant ses bras retomber le long de son corps fin. Ajoutant délicatement. « Tu n’as cependant pas changé au sujet des flatteries mon ami. Par les Dieux qu’il est bon de te voir. Mais comment voulais-tu que je t’appelle devant ces gens ? Je sens déjà le courroux de certaine ma parcourir l’échine. Que les hommes sont envieux. » Dit-elle en levant les yeux au ciel trop ironique pour paraître sérieuse. Pourtant, elle n’eut guère le temps d’en ajouter plus par le simple fait qu’il lève un doigt pour la faire patienter. Pensant soudainement à la route qu’ils avaient par le passé, parcourus en duo. Il était bien plus jeune à l’époque et l’épreuve du temps ne faisait pas d’autres choses que d’augmenter son potentiel physique comme charismatique. Elle l’avait connu si jeune et avait tenté out pour ne pas laisser sa jeune sœur orpheline d’une mère sans rien pouvoir faire. Elle était si peiner Cyrïelle de ne pas voir Rowena dans la suite du groupe de soldat comme certains hauts politiciens le ferait sans doute dans quelques heures. Cependant, elle reste curieuse face au paquet, face à ce linge qu’il lui tend, cherchant par le poids à deviner de quoi il s’agit jusqu’à ce qu’il en parle. « Tiens, un cadeau de Rowena. Elle n'a malheureusement pas pu venir, mais elle voulait participer, en quelque sorte, à ses retrouvailles. Nous espérons que la chose te plaira, sincèrement j'entends. » « Vous êtes si bon avec moi… Je lui transmettrais mes vœux dans une prochaine lettre, mais tu pourras le faire bien avant cela n’est-ce pas ? » Malicieuse dans le regard, elle déplie finalement le linge en dévoilant une superbe sacoche en cuire. Qu’elle était belle. Tremblante par l’émotion, elle la regarde sous toutes ses coutures. Grande et bien faite. « C’est sublime ! Dis-moi que Rowena ne l’a pas faite, sans quoi je vais sentir les années défilées d’un coup. » La dernière fois que Cyrïelle l’avait croisé, l’enfant devait avoir une dizaine d’années ou bien quinze ans. Elle avait bien du mal à estimer l’âge des hommes, ayant depuis des mille ans la même apparence.

Le temps était une plaie pourtant, elle ne pouvait que l’apprécier de plus en plus. Les Rivers étant sans doute sa famille humaine plus que son amie et son mari à Esgaroth.

Toujours perdue dans ses pensées, c’est distrait qu’elle entende Dezial lui demander. « Dis-moi, as-tu eu le temps de manger ? Je meurs de faim, m'accompagneras-tu à table ? Il y a quelques petites choses que je voudrais te dire. D'important. Enfin, plus que rattraper le temps perdu j'entends et, je voulais vraiment te le dire en face à face. » Elle reste encore interdite devant le sac, qui n’est autre qu’une très jolie pièce à vrai dire. Relevant les yeux alors qu’il revient déjà avec son épée. Reprenant hésitante. « Manger ? Non, très peu. Enfin pas du tout pour ainsi dire. Je n’ai pas gagné en appétit en dix ans de temps. » Car elle était figée dans le temps Cyrïelle, elle ne pourrait jamais rien y faire de ce côté-là. Mettant dans son sac de voyage le cadeau de Rowena, elle attrape le bras de son ami. Refusant de prendre la tête de son cortège. Plus insistante cette fois. « Et quel temps perdu devons-nous rattraper. Aller tuer des brigands sur les routes en ma compagnie te manque tant que ça Dezial ? » Elle était malicieuse et taquine dans sa voix, le regard azur pétillant dans la volée de ses mèches blondes prises par le vent. Heureuse finalement d’avoir enduré deux jours à cheval pour se retrouver ici, avec lui, afin de retrouver, en quelque sorte, une stabilité, car il avait été son guide et son ami durant trois ans. Cela n’est rien trois ans pour elle. Mais pour lui, cela avait été quelque chose, une sorte de voyage d’initiation sans doute ? « Mais ta missive était si mystérieuse, n’as-tu pas honte de me faire languir ainsi pour ne pas me dire de quoi il s’agit ? Tu semblais si impatient et bouleversé dans tes mots. » Elle ne ressentait pas les émotions des mots, mais le voir écrire une lettre dans un rêve n’était pas quelque chose qui lui était étrange. « Combien de fois l’as-tu réécrite après que Rowena eu renversé le flacon d’encre sur la première ? » dit-elle en riant, se serrant à son bras, le dirigeant vers l’auberge où elle avait élue domicile pour les deux nuits à venir. Elle n’était pas femme à se vanter de son don, mais durant trois ans, Cyrïelle avait évité quelques crises entre frère et sœur alors que Dame Rivers était agonisante. La perte pouvant faire perdre la tête à qui ne pouvait la supporter. Elle-même ne parvenait pas à supporter une perte et ne s’y faisait pas malgré les soixante années de recherches. Quand ils arrivent à bon port, elle demande finalement en entrant dans l’auberge à moitié vide, délaissé par l’arrivée du corps armé sans doute. « Combien de temps restez-vous ici ? » Elle espérait assez longtemps pour pouvoir reprendre espoir et des forces avant de retourner à Esgaoth, cette prison flottante où elle avait décidée de s’exiler de la vie elfique.
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