Tout cela s'annonçait si bien ! [PV : Diarmaid]

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Jeu 9 Jan - 0:22
La nuit allait tomber dans quelques heures, et le soleil commençait à baisser sur l'horizon. Le paysage verdoyant se remettait de l'hiver vigoureux qu'il avait connu il y avait encore peu, mais la nature, vivace, semblait renaître de ses cendres plus vite que ne l'aurait fait un phœnix. Les bois feuillus que traversait la route projetaient leurs ombres immenses sur la terre meuble, dont les grains friables se souvenaient encore du galop des chevaux et des pas des voyageurs. L'heure se faisant tardive, rares étaient ceux qui pouvaient se croiser sur cette petite route reliant le Gondor au Rohan... Mais ceux qui y étaient pouvaient apprécier la quiétude des lieux, la douceur des températures et les derniers gazouillis d'oiseaux peu farouches.
Aedis était de ceux-ci. Fascinée par les éclats de lumière qui perçaient à travers la frondaison des arbres, elle ne prêtait guère attention à où menaient ses pas. Les feuilles, aux couleurs variant entre le vert joyau et le rouge sanguin, laissaient passer des rais colorés qui se déposaient au sol comme des taches indélébiles mais mouvantes ; le vent léger qui agitait le feuillage agissant comme une mélodie sans doute divine, aux accents universels. Rapide, un écureuil s'élança, note pimpante dans un cadre idyllique.
Et trois hommes se jetèrent sur la jeune femme, qui tenait son cheval par la bride pour profiter des lieux. Toute perdue dans ses pensées qu'elle était, elle n'avait fait attention à rien, et se retrouva vite attachée à un arbre, épée entre les mains d'un affreux, tandis qu'un autre fouillait son sac, et que le dernier consolidait ses liens. C'était bien sa veine, tiens. Son cheval, lui, avait réussi à se faire la malle. Pitoyable. Heureusement, elle n'avait rien dans son sac qui serait gênant pour le Rohan, et c'était tout ce qui importait. Elle avait été bien c... bête de se laisser prendre de la sorte, tout de même. Il valait mieux que personne n'apprenne quoique ce soit, sinon, elle serait la risée de tous et des sanctions tomberaient peut-être. Mauvaise idée, très mauvaise idée, après l'impression très positive qu'elle avait donné au Roi. Néanmoins, un détail la chiffonnait. Un gros détail. Qui ne tarda pas être confirmé par celui des balourds qui trifouillait Rohan's Fortune.


    - Eh, mate ça ! Les insignes du Rohan... Et vu la facture de l'épée, c'est pas madame n'importe qui qu'on a là... J'avais bien vu qu'elle était pas chiquée, c'te lame !
    - Ouais. On a bien fait de pas la buter tout de suite, elle sera peut-être intéressante.

Aedis grimaça, d'une part parce qu'elle venait d'échapper à une mort stupide, d'autre part parce que son séjour risquait quelque peu de se prolonger. En effet, les briscards tournèrent tous trois la tête vers elle, presque simultanément, et l'un d'eux, sourire entendu aux lèvres, ouvrit la bouche :

    - Eh bien, ma p'tite dame, vous seriez priée de nous en dire plus sur qui vous êtes...

Mutique, Aedis ne broncha pas. Elle n'était même pas particulièrement en colère, sinon contre elle-même. Relevant même un peu la tête par défi, elle vit néanmoins avec inquiétude un des hommes s'approcher avec une dague à la main. Déglutissant, elle tenta de se reculer, sans succès. Le sourire de l'homme s'accentua, et il glissa sa dague sur le visage de la capitaine, remontant de son menton jusqu'à son oreille, passant longuement sur sa joue, traçant un sillon rouge duquel du sang commençait à suinter.

    - Tu ferais mieux de parler... Parce que si on peut récupérer une rançon, il y a moyen que tu survives. Sinon... C'est mo- OH MERDE ! C't'une elfe !

Bon. Ce crétin devait pas avoir vu beaucoup d'elfes, parce qu'elle-même était beaucoup trop trapue pour tromper quiconque avait déjà vu un de ces êtres, et ce malgré ses oreilles pointues. Mais cette stupidité ne changeait rien à sa situation, si ce n'était qu'elle avait sans doute prix un peu de valeur aux yeux des brigands, ce qui était sans doute un avantage. Enfin, peut-être. Un des autres garçons siffla, et elle sentit son regard lascif et impudique descendre le long de son corps. Bon sang, si elle n'avait pas été là, assise par terre le dos contre un arbre, elle l'aurait sans doute giflé. Mais elle y était, donc elle subissait, en essayant de réfléchir à comment elle pourrait bien s'en sortir.
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Jeu 9 Jan - 20:03
Une fin d’après-midi plus que tranquille. Une chose rare pour Diarmaid. Après sa petite « escapade » à Minas Tirith qui avait fini en pugilat et course poursuite, il avait décidé de se rendre au Rohan pour essayer de retrouver un travail, peut-être stable (même si il commençait à douter de savoir ce qu’est un vrai travail stable). Malgré le fait qu’il n’ait pas réussi à faire ce qu’il voulait dans la Cité Blanche mais il s’y attendait, et malgré la déception de ne pas avoir pu revoir sa tendre épouse, il ne pouvait s’attarder dans une cité qui se montrait désormais complètement hostile à son égard.
Et le voilà de nouveau sur les routes, ou à coté selon la fréquentation de celle-ci : il ne pouvait se permettre de voyager sur la route tout le temps, les risques de croiser des patrouilles étant trop grand. Il se mettait donc légèrement à l’écart des routes et continuait son chemin, toujours accompagné de sa jument Astraea.

Il relâchait légèrement son attention pour observer le paysage autour de lui. On voyait clairement que le long Hiver se terminait et la nature reprenait peu à peu un visage qui avait beaucoup manqué à Diarmaid : celui d’un printemps agréable et doux, sa saison préférée. La vie qui reprenait son cours, comme si le temps s’était arrêté le temps de quelques mois, et la nature qui reprenait son cycle éternel. Les arbres autour de lui qui reprenaient des couleurs et les senteurs des fleurs. Un bonheur pour les sens.

Soudainement, un bruit le sortit de ses pensées. Il se mit tout de suite en alerte et fit ralentir sa jument. Il mit pied à terre et attacha les rennes de sa jument à l’arbre le plus proche, sans oublier de se munir de son arc et de son épée. Il entendit des rires et un début de conversation. Il décida de s’approcher le plus discrètement possible pour savoir si la présence était possiblement amicale. Il les aperçu alors qu’il entendait la conversation de plus en plus nette. Plusieurs hommes apparemment. Il continuait d’avancer lorsqu’il les vit enfin. Il y avait trois hommes en effet. Cependant il y avait une autre personne. Une femme. Attachée. Au moins, cela réglait la question : la présence n’était définitivement pas amicale. Il continuait d’observer et d’écouter.

Une officier du Rohan ? Cela compliquait les choses pour Diarmaid. Si elle le connaissait, il risquait d’avoir des problèmes. Mais il ne pouvait pas la laisser dans une situation pareille. Il prit quelques secondes pour réflechir. Ils allaient sûrement la garder pour une rançon, et connaissant le roi, il allait sûrement payer. Elle resterait en vie, et si elle était promesse d’une grosse somme d’argent pour eux, ils n’allaient sans doute pas la souiller. Puis il entendit les brigands dire un mot. Un seul mot qui lui fit changer d’avis instantanément. Une elfe. Diarmaid n’avait pas l’angle de vue nécessaire pour voir la jeune femme d’assez près. Cependant, il vit clairement que les brigands avaient changé leur avis sur elle, et qu’ils n’avaient pas l’intention de la laisser s’en tirer si facilement.

Diarmaid prit sa décision très vite, et bien qu’il n’aimait pas tuer d’autres humains, il semblait ici qu’il allait devoir s’y résoudre. Il prit son arc et saisit trois flèches qu’il aligna à côté de lui et encocha la première dans son arc. Il ajusta et relâcha son tir sur le plus grand des trois, qui était visiblement leur chef. La flèche l’atteignit en plein dos, juste en dessous de l’omoplate gauche, au niveau du cœur. Il s’écroula instantanément, mais il n’avait pas encore finit de s’écraser sur le sol que Diarmaid avait déjà encoché la flèche suivante et visa celui de droite, qui s’était retourné, juste entre les yeux. Sa flèche l’atteignit en plein œil droit. Visiblement, Diarmaid avait besoin d’un petit entrainement. Le troisième avait réussi à le repérer et lui fonçait droit dessus en hurlant. Trop tard pour saisir sa flèche, Diarmaid dégaina son épée et d’un grand coup circulaire décapita le troisième brigand.

Un combat rapide, un peu trop peut-être, qui lui rappelait les raids qu’ils effectuaient sur les campements orcs, désorganisés et avec un manque de discipline plus qu’étonnant. Il essuya sa lame sur le cadavre du troisième brigand à côté de lui et se dirigea vers la jeune femme pour couper ses liens.

« Vous allez bien ? » dit-il.
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Ven 10 Jan - 12:49
L'un des hommes s'écroula sous les yeux étonnés de la bâtarde. Elle regarda les survivants se tourner vers le cadavre de leur compagnon, l'air tout aussi abasourdi qu'elle, puis se tourner dans la direction d'où la flèche avait été tirée. Ils n'eurent guère le temps de s'avancer qu'un second carreau alla se ficher dans l’œil droit d'un autre des brigands. Aedis eut un rictus de satisfaction : cette bande d'imbéciles avait été trop enthousiaste à l'égard de leur proie, et n'avait même pas pensé à faire des tours de garde ; quels crétins ! Le troisième semblait à la fois furieux et terrifié, et courait vers l'inconnu lame au clair. Il n'eut guère le temps de penser que sa garde était mauvaise, et il fut décapité. Joli spectacle qu'Aedis aurait sans doute applaudi si elle n'avait pas été ficelée comme un vulgaire jambon ; mais fort heureusement son sauveur se dirigea vers elle pour la délivrer. Coupant ses liens, elle fut libre au bout de quelques secondes. Se levant et s'étirant rapidement, elle se tourna vers lui en souriant :

    - Beaucoup mieux qu'il y a quelques secondes. Merci beaucoup, je vous dois une fière chandelle.

Elle eut l'idée de se présenter, mais elle entendit un râle émaner du "cadavre" d'un des hommes. Celui qui avait une flèche dans l’œil n'était pas encore mort, et Aedis se focalisa plutôt sur lui. Sourcils froncés et lèvres pincées, elle trottina jusqu'à lui, et lui lança quelques coups de pieds dans le ventre et un peu plus bas, proférant des insanités qu'une demoiselle n'est même pas censée connaître. Au bout de quelques longues et gênantes secondes d'insultes, la Capitaine se sentait calmée, et se tourna vers son sauveur, qui apparemment n'avait pas fuit.

    - Mes excuses, je me suis un peu emportée. Aedis Darrek, ravie de vous rencontrer. Lançant sa main devant elle pour le saluer, elle détailla l'homme, son visage, ses vêtements. Je vous connais ?

Il lui semblait vaguement familier, sans qu'elle arrive à le remettre. Elle arrivait néanmoins à déterminer qu'il était un soldat ; ses mouvements et son maintien le clamaient. Avec un sourire chaleureux, n'ayant de toute façon pas envie de se casser la tête pour trouver qui il était, elle rassembla ses affaires et ceignit à nouveau son fourreau à sa hanche. C'était beaucoup mieux.
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Dim 12 Jan - 22:03
Eh bien, en voilà une femme de caractère !

A peine l’avait-elle remercié qu’elle tabassait un homme blessé et à terre. Mais elle venait d’être ligotée et menacée par ces hommes, donc il comprenait quelque peu cet énervement, même si cette réaction était peut-être un peu excessive. L’homme était bien entendu mort un certain temps avant qu’elle ait fini de le frapper et de l’insulter, mais Diarmaid n’arrivait pas à savoir si elle s’en rendait compte ou pas.

Après qu’elle se soit calmée, son air parut presque enjoué et elle se présenta. Aedis Darrek. Darrek. Un nom qu’il avait déjà entendu à Edoras, même si il n’arrivait plus aujourd’hui à se souvenir précisément dans quelles circonstances, mais sachant qu’elle était aujourd’hui de toute évidence officier, il supposait que c’était une famille bien placée. Il regarda la main que lui tendait la jeune femme et tendit à son tour la sienne et lui serra.

« Diarmaid… » dit-il en hésitant une seconde. Il ne savait pas si il pouvait lui faire confiance au point de révéler son nom de famille. Cependant, étant donné qu’il lui avait sauvé la vie, il pouvait peut-être espérer que quand bien même elle le reconnaîtrait, elle ne le dénoncerait pas. « … Delwyn » finit-il.

Il l’observa quelques secondes. Si elle l’avait reconnu, elle n’en montrait rien. Il en profita pour l’examiner physiquement. Elle était belle, c’était indéniable. Mais ce n’étais pas une elfe comme le pensait les brigands. Certes, elle avait les oreilles pointues. Mais les brigands ne devaient pas connaître d’elfes, car son physique ne trompait pas quelqu’un qui les avait déjà rencontrés. En effet, sa chevelure blonde et ses oreilles pouvaient tromper, mais elle était plus trapue, plus musclée, et puis après tout, elle était officier du Rohan. Sans doute une demi-elfe, même si c’était extrêmement rare. A vrai dire, même si il en avait déjà entendu parler, c’était la première fois qu’il en voyait une. Diarmaid décidait cependant de ne pas lui en parler : il ne savait pas comment elle pouvait réagir, surtout vu la situation dont elle sortait tout juste.
Par contre, une question le taraudait et il n’hésiterait pas à poser celle-ci, même si elle pouvait également réagir de manière imprévisible, compte tenu de ce qu’il s’était passé quelques secondes plus tôt.

« Que fait une officier du Rohan seule dans ces contrées ? » demanda-t-il, sur un ton qu’il aurait préféré plus amical.

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Mar 14 Jan - 9:02
Rosissant en sentant le regard de son sauveur sur elle, Aedis se mordilla la lèvre en regardant ce qui n'était maintenant plus qu'un cadavre. Elle s'était défoulée sur un bout de viande mort, avait passé ses nerfs sur un pauvre type qui avait peut-être juste manqué de chance dans la vie. Un frisson parcouru son échine, et elle tripota nerveusement ses cheveux : l'homme devait la prendre pour une folle, une désaxée. Elle grimaça, et un autre problème se fit sentir à ce moment là. Ou plutôt, se fit goûter. Elle sentait dans sa bouche le goût métallique et âcre du sang ; se retenant de jurer -elle devait garder une certaine contenance après ce qui s'était passé-, elle passa le dos de sa main contre sa joue. Regardant le résultat, elle siffla : la plaie n'était ni douloureuse, ni profonde, mais la relative quantité de sang qui s'en échappait était impressionnante. S'excusant d'un regard vers l'homme, elle chercha du tissu dans son sac, et en ressorti quelques bandes qu'elle plaqua contre son visage. Ça, c'était fait.
Son sauveur se présenta, en hésitant. Cette hésitation, et la vague impression de le connaître, commençaient à l'aiguiller : le nom ne lui revenait que vaguement, ce n'était pas une connaissance qui aurait changé de visage... Passant en revu des noms, des visages, elle finit par se souvenir. Oh. Bien sûr. Fermant les yeux douloureusement, sa main libre -l'autre tenant le tissu- contre son front. Diarmaid Delwyn, traître gondorien qui il y avait quelques années avait failli tuer un haut placé Rohirirrim, alors qu'il était ambassadeur. Grimace. Ces faits remontaient à longtemps, et des rumeurs couraient sur la transparence de cette affaire. Jamais le Gondor ne l'avouerait, mais certains points restaient obscurs... Et puis, zut, il lui avait sauvé la vie. Elle verrait plus tard s'il lui fallait autre chose... Et, de là où elle était, elle ne pouvait pas faire grand chose.
Un ton sec la tira de ses pensées, et elle eut un pâle sourire d'excuse. Avait-il deviné qu'elle savait qui il était ? Elle s'en doutait, mais n'était pas certaine. Son ton moins amical qu'auparavant était déjà un indice, non ? Aedis eut un soupir, et secoua la tête :


    - Je ne suis pas officier... Éludant alors ce qu'elle était réellement, elle répondit néanmoins à la question de Diarmaid. Et j'étais ici pour consolider les liens entre le Gondor et le Rohan, sérieusement mis à mal.

Secret de polichinelle. Tout le monde ou presque le savait au Rohan, et Diarmaid savait, ancien soldat, ce qu'impliquait cette histoire. Jaugeant discrètement le paria, elle sourit : les avis de recherche n'étaient pas aussi ressemblant qu'on aurait pu le croire, et ils mettaient surtout bien moins en valeur que la lumière tamisée des environs ne le faisait...
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Mer 22 Jan - 0:06
Diarmaid sentait bien que l’atmosphère venait de changer. Aedis le regardait différemment, et elle avait éludé sa question assez vite. Mais il ne sentait pas d’agressivité de sa part, ce qui était déjà un bon point. Cependant, il commençait à être tendu. Pour être honnête, il n’avait absolument aucune idée de la réaction qu’elle pouvait avoir si elle l’avait reconnu. Il était évident que le comportement de la jeune femme était plutôt étrange mais il ne savait pas si il ne devait pas mettre ça sur le compte d’un esprit quelque peu dérangé, ou au moins d’un caractère pour le moins hors du commun.

Les relations entre le Gondor et le Rohan ? Il ne les connaissait que trop bien. Il avait passé des années à tenter de les consolider par tous les moyens pour qu’au final on lui demande de les anéantir en une journée. Il avait bien entendu tenté de limiter les dégâts, refusant de mener sa mission « à bien ». Mais cela lui avait couté une partie de sa vie d’antan. Pour être franc, les relations actuelles entre le Gondor et le Rohan le dégoutait un peu. Le Rohan avait un roi juste, qui tentait par tous les moyens d’arranger la situation, à ce qu’il avait paru à Diarmaid. Cependant le Gondor semblait vouloir s’acharner à briser ses efforts. Si une guerre devait éclater, il n’avait aucune idée de qui l’emporterait. Sans doute aucun des deux. Le mal l’emporterait toujours de toutes les manières. Et ce dernier semblait être bien décidé à s’agiter en Terre du Milieu en ce moment.

Mais cela ne le regardait plus. La seule qui l’intéressait dans cette situation était la sécurité de Mina, peu importait le reste. Le manque d’information sur sa situation actuelle commençait à l’inquiéter. Il n’avait rien obtenu de sa « visite » à Minas Tirith ne lui avait rien apporté de bon, et aucune personne qu’il avait questionné ne savait quoique ce soit sur elle. En bref, c’était le noir total.

Il sortit de ses pensées pour se concentrer sur l’instant présent. Aedis Darrek se tenait toujours devant lui et semblait le fixer d’une manière peu rassurante. Il se dit qu’il devait aller récupérer sa jument qu’il avait laissée quelques minutes plus tôt. Il ne s’étonna pas de voir qu’elle n’avait pas bougé d’un pouce, comme à son habitude.
La jeune femme étant une Rohirrim et vue sa tenue, il était évident que celle-ci avait un cheval peu de temps avant et que celui-ci avait dû s’enfuir après l’attaque, un réflexe peu commun de la part d’un cheval du Rohan, mais il avait bien fait, ou les brigands auraient sans doute tenté de le dresser par la suite, et pas de la manière la plus agréable.

« Essayons de retrouver votre cheval, je vous accompagnerai jusqu’à la frontière et je continuerai ma route de mon côté. Cela vous convient ? »
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Mer 22 Jan - 11:51
Maintenant le tissu contre sa joue en se retenant de grogner, elle releva le chiffon en regardant en grimaçant le blanc imbibé de rouge. Saloperie. Replaquant le tissu, elle eut un rictus en pensant qu'elle aurait dû penser à nettoyer la plaie avant : qui sait où est-ce que les vauriens avaient fourré leur dague avant de la promener sur son visage. L'idée de devoir faire couler de l'alcool contre son visage la fait frémir, mais les cicatrices infectées qu'elle avait vu chez certains de ses hommes lui faisaient encore plus peur. Malheureusement, elle n'avait pas une goutte sur elle, ne s'attendant pas à devoir se servir de cette chose là. Se tournant vers Diarmaid, elle sourit et rosit en ouvrant la bouche :

    - Excusez-moi... Vous auriez un peu d'alcool, par hasard ?

Il ne lui en faudrait pas grand chose ; juste de quoi humidifier le tissu pour le promener le long de la plaie. L'idée même était repoussante et douloureuse. Bah, elle n'allait pas se mettre à pleurer pour nettoyer la plaie alors qu'elle n'avait pas bronché quand on lui avait faite, tout de même ?
Quelques minutes plus tard, le Gondorien avait retrouvé sa propre monture, une jolie jument à l'air plutôt calme ; il se tourna vers Aedis, lui proposant d'aller chercher son propre cheval. La demoiselle leva les yeux au ciel : cette créature avait été stupide de s'en aller, et les dieux seuls savaient où il était allé. Néanmoins, l'idée de le récupérer lui plaisait, et elle acquiesça. Se mettant en marche, elle se dirigea vers le sentier qu'elle avait perdu un peu auparavant, et dans la direction où le cheval s'en était allé. Curieuse néanmoins de ce que le Gondorien faisait ici, pas si loin de Minas Tirith, elle lui posa quelques questions sur son voyage :


    - Si ça ne vous parait pas trop indiscret... Où comptez-vous aller ? Pas au Rohan apparemment, mais les autres frontières sont bien plus lointaines... Sourire en coin : Vous voulez partir du Gondor, je me trompe ?

La curiosité est un vilain défaut, mais elle se voulait aussi taquine. Qui savait ce que Diarmaid lui répondrait ?
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Dim 26 Jan - 19:20
Quand la jeune femme lui demanda de l’alcool pour désinfecter la plaie, il se dit que c’était peut-être une solution radicale mais qu’il valait mieux en effet. Il chercha une bouteille de tord-boyau qu’il avait conservée depuis si longtemps qu’il avait oublié qu’elle était là. Mais une bonne bouteille d’alcool était toujours efficace en cas de soudaine déprime. Ou dans le cas de celle-ci, peut-être même efficace contre un ennemi vu l’odeur. Il la tendit à Aedis.

« Tenez, et je vous conseille de serrer les dents. » lui dit-il.

Diarmaid suivait la direction qu’avait prise le cheval selon Aedis et observait attentivement les alentours pour tenter de retrouver l’animal indiscipliné. Il leur faudrait sans doute une heure pour retrouver l’animal si celui-ci avait galopé pour s’enfuir, surtout qu’ils ne savaient pas exactement où il était allé. L’idée de partager sa jument avec la jeune femme ne l’enchantait guère mais peut-être devraient-ils en arriver là. Ils continuaient de marcher mais la visibilité commençait à baisser avec la nuit qui tombait. Ils allaient sans doute devoir s’arrêter et camper dans un coin tranquille pour la nuit. Qui sait où ce cheval avait pu aller, d’autant qu’ils ne savaient pas combien de temps celui-ci avait pu continuer sa route avant de se rendre compte que sa maîtresse n’était pas avec lui.

Une question qu’il voulait à tout prix éviter sortit soudain de la bouche de la jeune femme.
Diarmaid s’arrêta et se retourna vers Aedis.

« C’est une longue histoire, mais disons que pour le moment, les royaumes des Hommes ne semblent pas être très accueillants à mon égard, même si cela me dépite. Je pense me diriger vers le nord une fois que je vous aurai raccompagné à la frontière. Peut-être les elfes auront un travail à m’offrir, ou au moins un peu d’hospitalité. »

A ces mots, il dût se retenir pour que sa voix ne tremble pas. Les évènements qui s’étaient enchainés depuis sa « trahison » avaient été durs pour lui, et de voir qu’après tout ce temps, il était toujours haït ne lui remontait pas vraiment le moral. Sa fuite de Minas Tirith avait été dure pour lui, car regarder encore une fois sa cité en pensant qu’il n’y reviendrait jamais, ou même qu’il ne reverrait peut-être jamais sa femme, lui infligeait une douleur supérieure à toutes les blessures physiques qu’il aurait pu recevoir. Il se força à se calmer intérieurement et changea de sujet le plus vite possible.

« Je ne crois pas que nous serons en mesure de retrouver votre cheval ce soir. La nuit tombe et il a pu aller n’importe où. Je propose que nous continuions les recherches demain, nous aurons peut-être plus de chance. »

Et sur cette phrase il se retourna et continua sa route à la recherche d’un coin tranquille où ils pourraient camper.
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Dim 26 Jan - 23:17
Aedis renifla précautionneusement la bouteille avant de s'en servir. Peut-être n'aurait-elle pas dû, car l’avertissement de Diarmaid ne fit que s'inscrire plus profondément dans son esprit. Redoutant pleinement le moment radieux où elle allait désinfecter le bousin, elle ne put s'empêcher en sentant la morsure du tissu imbibé de cet alcool fort de se mordre fermement la langue, en retenant un gémissement étouffé. Sa plainte se modula alors qu'elle tapotait la plaie rapidement, sans pour autant s'arrêter. Ce ne fut qu'au bout de quelques secondes une fois le tissu ôté qu'elle parvint à se calmer. Rendant la bouteille à Diarmaid avec un air faussement et presque trop digne pour être autre chose que forcé et amusé, elle le remercia, puis le suivi dans sa quête du canasson perdu. Ils étaient beaux, à courir après une bestiole apeurée et sans doute déjà à des kilomètres de là. Au moins le cheval qui s'était enfui n'était pas White, son cheval personnel -celui-ci ne se serait pas enfui, il était issu des meilleurs écuries rohirrim- mais un animal qu'elle avait choisi dans les écuries du royaume car plus adapté aux longs trajets : il avait été calme et paisible là où White aurait piaffé d'impatience. Ce dernier était un destrier au sang chaud et peu à même d'apprécier le calme -apparemment tout relatif- d'un voyage.
Posant ses questions sans trop y penser, Aedis fut surprise de voir Diarmaid se retourner pour lui répondre, avec un peu de sérieux et beaucoup de regrets dans la voix. Baissant la tête, gênée d'avoir évoquée un sujet qui, elle le savait, ne pouvait pas être heureux, elle faillit poser sa main sur l'épaule de l'homme, avant de se raviser. Ils se connaissaient à peine, et se montrer trop familière n'était pas une bonne idée. Elle appréciait toutefois son aide, et sa proposition de retourner jusqu'à la frontière ensemble ; quelque chose lui disait que de la compagnie ne ferait de mal à aucun d'entre eux. Il changea néanmoins rapidement de sujet, ce dont Aedis lui fut redevable. L'idée de retrouver le cheval voletait à présent loin de son esprit : demain, il aurait été trouvé, mangé, volé ou perdu. Bref, ses espoirs étaient maigres, mais certes pas inexistants. Mais Diarmaid avait raison, il se faisait tard et ils devaient se trouver un petit coin tranquille. La clairière des brigands était sympathique, mais les cadavres ne feraient qu'attirer les prédateurs et charognards, ce dont ils n'avaient pas besoin ; le bord de la route était chose exclue si effectivement Diarmaid était recherché. Aedis haussa les épaules : demain, elle aurait encore de la route devant elle, et dormir lui ferait le plus grand bien.
Quand ils finirent par trouver un petit coin dégagé, la capitaine sortit de quoi manger, et fit un petit feu auprès duquel elle posa des branches sèches.


    - Je vous remercie pour le mal que vous vous donnez. J'ai eu de la chance que vous me trouviez...

Elle frissonna légèrement, et passa sans y penser son doigt le long de sa joue, où s'étalait à présent une mince croûte brune. Avançant ses doigts vers le feu, elle soupira :

    - Je n'ai pas vraiment été très maline... A moins que ce ne soit un simple manque de chance. Désolée de vous entraîner là-dedans, vous auriez certainement préféré être loin à l'heure qu'il est.

Mots dits sans y penser, les yeux un peu dans le vague. Secouant rapidement la tête comme pour se reconnecter avec le monde réel, Aedis adressa un piètre sourire d'excuse à Diarmaid :

    - S'il y a quoique ce soit que je puisse faire pour vous, ou si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à m'en faire part. Je vous dois bien ça.

Et pas qu'un peu.
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Mar 28 Jan - 20:27
Diarmaid trouva un coin tranquille ou sa jument pourrait se reposer sans problème et toujours à portée pour lui donner à manger et à boire comme à son habitude. Il effectua les taches habituelles pour monter un campement de fortune le plus agréable possible. Il installa ses affaires, alla chercher du bois pour le feu que la jeune femme venait d’allumer, pour essayer de le faire grandir un peu, et quand il vit qu’elle avait sorti ses rations, il se dit que c’était une bonne idée de faire de même. Ses rations à lui étaient un peu maigres étant donné qu’il n’avait pas eu l’occasion de se réapprovisionner à Minas Tirith et qu’elles se constituaient essentiellement d’un vieux morceau de viande séchée, et de quelques racines (plus nourrissantes qu’elles n’y paraissent). Il mangeait silencieusement, comme à son habitude, lorsque la jeune femme lui parla avec un air très triste et désolée. Ses paroles le touchaient vraiment, mais elle prenait ça trop à cœur.

« Croyez-moi, je suis plus content de vous avoir trouvée et sauvée que d’apprendre que des bandits ont assassiné une jeune Rohirrim. J’aurais pu être à votre place. Vous ne me devez rien. »

Il espérait qu’avec cela la jeune femme ne se creuserait pas trop la tête à chercher un moyen de le rembourser d’une quelconque manière. Il ne voulait rien, il n’avait aucun mérite. Certes, il n’avait pas été obligé de faire ce qu’il avait fait, mais il avait des principes qu’il comptait bien respecter jusqu’à son dernier souffle, peu importe les circonstances. Donc sauver une personne, quelle qu’elle soit, d’un danger était une chose normale pour lui.

« Vous devriez vous reposer, nous aurons sans doute une longue journée demain, surtout si nous devons retrouver votre cheval avant de partir. Je monte la garde, dormez tranquille. J’essaierai de trouver des herbes pour votre joue. »

Et après avoir récupéré son arc et son épée qui étaient posés à côté de son baluchon, il commença à faire une petite ronde aux alentours pour vérifier qu’il n’y avait aucun ennemi à proximité. Le coin était assez tranquille en vérité. Personne ne semblait passer sur la route à une heure si tardive. Aucun bruit suspect aucun coin ou un ennemi pourrait se cacher et les surprendre. Cela était rare dans la vie de Diarmaid, et il fallait savourer ces instants. Il retourna près du camp et se posa adossé à un arbre un peu à l’écart de celui-ci pour pouvoir surveiller ce qui pouvait arriver de tous les côtés, le sien ne laissant presque aucune ouverture. La nuit passa sans aucun incident. Lors d’une de ses rondes, il avait réussi à trouver quelques plantes qu’Aedis pourrait sans doute utiliser pour soigner sa joue. Un peu avant le matin, il prépara une mixture du mieux qu’il put avec les moyens qu’il avait en attendant que le soleil se lève et qu’ils se préparent à partir. Il ne savait pas si la jeune femme avait réussi à dormir dans la nuit, il n’avait pas vraiment pour habitude de regarder les gens dans leur sommeil.

Alors que le soleil se levait, il sut qu’il allait sans doute avoir une longue journée, voire une longue semaine.
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Mar 28 Jan - 21:30
Un pâle sourire éclaira le visage de la demoiselle en entendant les mots de Diarmaid, comprenant que ça ne servirait à rien d'insister dans ses propos. Elle se sentait malgré tout plus que redevable, et toutes les précautions du monde ne lui permettraient pas de rendre sa dette, un jour où l'autre. Mâchonnant sans trop réfléchir, regard perdu dans le vague, ses yeux finirent par se poser sur la maigre pitance du Gondorien. Rosissant, elle offrit polimment de partager ses biens avec lui ; elle en avait plus qu'il ne lui en fallait, et rentrerait chez elle le lendemain au soir, en prenant en compte les pires auspices.
Elle faillit protester en entendant son nouveau compagnon lui proposer de se reposer et de dormir pendant que lui assurerez les tours de garde. La profonde lassitude qu'elle ressentit à ce moment-là, apparaissant presque en même temps qu'on l'évoquait, la vainquit, et elle n'éleva pas même la voix. Pas réellement fatiguée par la route, mais exténuée par les enchaînements d'évènements, elle acquiesça, et termina de manger en sentant ses paupières tomber sans qu'elle n'en ai l'envie. Voyant Diarmaid se lever et patrouiller dans les environs, elle s'allongea contre le sol froid mais doux, prenant comme oreiller son sac. Rapidement, elle s'endormit, ne voyant pas même le retour du Gondorien.
Elle rêva beaucoup, comme à son habitude ; souvent lui revenaient en tête d'étranges rêveries mêlant des histoires passées et des futurs probables. Enfant, cela la terrifiait, et sa mère venait la consoler en carressant son front, lui expliquant que tout cela était le fruit de ses origines. A cheval entre deux mondes, contrainte de choisir, les rêves reviendraient, lui montrant ce que ses décisions pourraient changer, tant qu'elle ne laisserait pas tomber le couperet qui scellerait, enfin, sa mortalité ou non. Elle pensait, en devenant page auprès des humains, avoir fait le choix, mais son corps n'était pas du même avis, et ses rêves la poursuivaient encore. Perturbée car ne sachant pas comment résoudre la situation, elle n'avait plus parlé de ses visions à quiconque, craignant les réactions. En l'occurrence, elle rêvait actuellement de Meduseld, en haut duquel se perchait une créature aux yeux centenaires, qui sans ressembler à la Capitaine évoquait ses traits. Soudainement se brouillèrent les visions, et apparut à ses yeux un chariot où étaient assis deux personnes, un elfe et une humaine, mains dans la mains. Les yeux baissés pour elle, le front haut pour lui ; ils rentraient au Rohan.
Se réveillant en sursaut après cette vision de ses parents, elle se détendit en voyant que la nuit était encore sombre. Diarmaid n'était pas là, mais ses affaires ne trainaient pas loin. Soupirant d'aise, elle se réinstalla, et ferma les yeux furtivement en voyant le Gondorien revenir. Il s'installa contre un arbre, aux aguets, et quand Aedis rouvrit les yeux et l'observa, jamais elle ne le vit somnoler. Admirative de sa maîtrise de lui-même, elle faillit lui intimer l'ordre d'aller dormir pendant qu'elle s'occuperait de la garde, mais elle décida de ne rien en faire, sans réelle raison. Alors que progressivement Morphée venait rechercher la fugitive, elle gardait les yeux rivés sur la silhouette de celui qui l'avait aidé. Se demandant ce qui pouvait bien le motiver aujourd'hui, elle finit par se rendormir en remerciant en pensée ce qui avait pu le placer sur sa route.

Le lendemain matin, Aedis se leva en sentant sur elle les rayons du soleil. Léchant sa joue et réchauffant son corps, ils lui permirent de s'étirer doucement. Se relevant, elle fit quelques étirements et observa Diarmaid, toujours présent.


    - Bonjour ! Tout va bien ? J'espère que vous n'êtes pas trop fatigué...

Un peu coupable sur le moment, elle soupira en se disant qu'il valait mieux ça que elle ne s'endorme après avoir réclamé un tour de garde. Ils mangèrent rapidement, et remballèrent leurs affaires : ils devaient essayer de chercher le cheval d'Aedis. Celle-ci avertit Diarmaid : si au moment où le soleil était haut dans le ciel ils ne l'avaient pas trouvé, elle rentrerait à pieds. Zut.
Fort heureusement (encore que...) elle n'eut pas en arriver là. Alors qu'ils crapahutaient encore à la recherche de ce stupide animal, ils finirent par trouver des traces, une bonne heure plus tard. Suivant le chemin, ils tombèrent nez à nez sur la bourriche, en train de s'empiffrer d'herbes et de racines. Conquérante et sûre d'elle, la demoiselle s'approcha du cheval, l'appelant doucement. Que fit-elle qui ne lui plaisait pas, elle ne le sut jamais. Mais, effrayé soudainement, la bestiole rua alors qu'Aedis s'approchait. Son sabot heurta violemment la demoiselle, qui sentit une douleur telle qu'elle n'en avait jamais ressentie partir de sa jambe pour remonter dans tout son corps. Le cri qu'elle poussa résonna quelques secondes alors qu'elle était tombée sur le dos, les larmes lui venant aux yeux. Choquée, sonnée par la douleur, elle ne pensait plus à rien. Ses yeux papillonaient rapidement, comme pour chercher à rester ouverts, et elle lâcha en un souffle glauque :


    - Di... Diarmaid...

C'était ça ou "merde", et son cerveau décida un peu tout seul qu'elle avait assez dit de gros mots la veille. L'idée d'en rester là lui fit peur, et sans attendre aucune réaction, elle tenta de se relever. Mal lui en prit. Alors que sa jambe droite s'appuya sur le sol, la douleur se fit à nouveau sentir ; la Capitaine flancha, et s'écroula cette fois-ci face contre terre, ne pouvant retenir un nouveau cri. Saloperie de cheval !
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Mar 28 Jan - 23:11
Le soleil arrivant doucement sur le campement, il vit la jeune femme se réveiller doucement à mesure que les rayons du soleil s’approchaient de son visage. Lorsqu’elle fut enfin réveillée elle le gratifia d’un bonjour amical qui réchauffa un peu le cœur de Diarmaid, se disant que son pressentiment vis-à-vis de cette journée était peut-être un peu prématuré, bien que celui-ci persistait au fond de lui.

« Je vais bien merci. » Dit-il avec un sourire. « Bien dormi ? »

Il n’avait réellement pas fait attention au sommeil de la jeune femme, il avait passé la moitié de la nuit à réfléchir sur les récents évènements, car cela semblait le tenir éveiller d’une manière inégalable. Il avait seulement remarqué qu’elle bougeait beaucoup et il lui avait semblé l’entendre marmonner quelque chose d’indistinct en plein milieu de la nuit, mais rien d’autre. Dès que la jeune femme fut réveillée, ils se mirent à préparer leurs affaires et les accrochèrent sur le dos d’Astraea et se mirent en route pour essayer de retrouver le cheval d’Aedis même si ils n’étaient pas très optimiste à ce sujet, la jeune femme le mettant en garde qu’elle risquait sans doute de partir au zénith, chose quelque peu insensée étant donné que la veille même elle se faisait attaquer et frôlait la mort par des brigands. Diarmaid ne dit mot mais savait déjà qu’il était impossible de faire une telle route à pieds seule. Et même accompagnée la tâche serait rude.

Ils continuèrent de chercher pendant quelques heures et à la plus grande surprise de Diarmaid, ils trouvèrent le cheval dans une petite clairière à quelques miles de leur campement de la veille. Celui-ci se repaissait de l’herbe environnante avec ardeur, et ne semblait pas plus inquiété que ça par sa survie. Il n’avait pas couru bien loin heureusement pour eux, ce qui prouvait encore une fois la lâcheté (ou la stupidité ? Il commençait à douter.) de l’animal.
Aedis, sûre d’elle commença à s’approcher doucement de l’animal, quand le cheval s’énerva tout à coup. Diarmaid ne comprenait plus vraiment ce qu’il se passait. La jeune femme n’avais rien fait d’effrayant pourtant. Puis Diarmaid comprit. Ce ne fut pas sa vue qui l’avertit le premier mais son ouïe. Il entendit un grognement sourd derrière lui qui fit remonter un long frisson le long de son dos. Puis il entendit Aedis crier et lorsque Diarmaid se retourna, il vit la jeune femme à terre.

« Aedis ! » cria-t-il.

Cependant, la bête derrière lui profita de son moment d’inattention et attaqua.
Il y eut alors un enchaînement d’évènements à une vitesse affolante.

Par un réflexe dont il ignorait totalement l’origine, mais qu’il associait ici à la chance, il se baissa au moment où le Warg bondissait derrière lui en direction du cheval, tentant de lui arracher la tête au passage. L’énorme créature atterrit droit sur le coup de l’animal qu’il n’eut aucun problème à déchiqueter. Le temps que Diarmaid retrouve ses esprits, il aperçut la créature qui se retournait vers lui. Alors que celle-ci poussait un grognement féroce, il encocha une flèche dans son arc. Le Warg, pas complètement idiot, se mit alors à courir vers lui. Diarmaid n’eut pas le choix et dû décocher sa flèche sans viser pour éviter la charge de l’animal. Cependant son arc le gênait ici dans ses déplacements et le Warg, en sautant griffes en avant, réussit à lui infliger 3 larges sillons au torse. Diarmaid roula sur le côté en contenant du mieux qu’il put un cri de douleur qui lui montait à la gorge. Il entendit cependant le Warg gémir alors que sa flèche s’était plantée dans son épaule.
Il aperçut également son carquois qui était resté à son emplacement précédent, le privant ainsi de la seule arme « sûre » contre une telle créature. Merde. Plus qu’une solution. Il dégaina son épée et se mit en position dans une garde plutôt haute. La créature le chargea à nouveau, mais cette fois-ci Diarmaid ne l’évita pas, du moins pas suffisamment. Le Warg lui planta une partie de ses crocs dans l’épaule gauche de Diarmaid. Une partie seulement, car par un miracle, ce dernier avait réussi à enfoncer son épée jusqu’à la garde dans le poitrail de la créature. Diarmaid hurla de douleur en repoussant la créature de toutes ses forces alors que celle-ci agonisait déjà.

Il perdait du sang, mais c’était gérable. Il se dirigea vers la jeune femme en courant (et en titubant un peu).

« Vous allez bien ? »
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Mer 29 Jan - 12:29
Aedis crispa ses doigts, raclant le sol ; elle frissonna en sentant la terre meuble pénétrer sous ses ongles, et tenta de se calmer alors qu'elle paniquait. Pourquoi ce fichu cheval avait-il soudainement rué ? C'était inexplicable, même s'il avait eu peur, c'était une réaction un peu extrême pour une simple arrivée d'humains. Le bruit, le grognement qui se fit entendre soudainement fit se figer la demoiselle, dont l'adrénaline augmenta soudainement : jamais elle n'avait entendu un son si sourd et grondant, mais la menace sous-jacente était plus que visible. Des bruits de lutte se firent entendre, et Aedis, poussa rapidement sur ses avant-bras pour se retourner ; l'idée de se lever ne lui vint pas à l'esprit, mais elle voulait voir ce qui se passait, d'autant plus que Diarmaid venait de pousser un cri qui lui fit craindre le pire. Quand elle eut enfin un aperçu de la scène, sa panique augmenta. Reculant de quelques pas en s'appuyant sur ses coudes, elle se retrouva assise, appuyée sur un bras, l'autre ayant son épée en main. Celle-ci était bien trop lourde, car lame à deux mains, et pendant misérablement au bout de sa main qui tremblait face au poids de l'épée. Apeurée, et furieuse de ne rien pouvoir faire pour aider son compagnon ; silencieuse quoique haletante, la demoiselle observait de loin le combat, encourageant intérieurement Diarmaid. Honteuse d'avoir fait sa pucelle en criant à cause de son genou, elle voyait le warg -qu'elle identifia comme tel grâce à des récits divers- amocher sérieusement son compagnon sans qu'il ne flanche. Impressionnée, elle fut soulagée de voir l'animal chuter et agoniser, malgré les blessures apparemment graves, qu'avait Diarmaid. Le voyant s'approcher d'elle, elle lâcha son épée au sol, qui s'échoua avec un bruit mat. Hochant la tête, elle essaya de se relever, elle retomba au sol avant d'y parvenir ; elle souffla :

    - Je... Mieux que vous. Vous saignez, vous devriez vous occuper de ça...

Pâle sourire d'excuse. Aedis se tourna vers le warg, qui respirait douloureusement.

    - Vous êtes doué. C'était plutôt impressionnant... Baissant les yeux sur elle-même, elle regarda à nouveau Diarmaid : Je crois que c'est simplement cassé...

Et évidemment, le cheval était mort. Sale bête.
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Mer 29 Jan - 19:04
Diarmaid se rendit compte à ce moment-là seulement qu’il saignait. Beaucoup. Mais l’adrénaline avait visiblement cru bon de lui faire oublier sa douleur pendant un instant, car il savait qu’ils ne pouvaient pas se reposer ni l’un ni l’autre. Il observa la blessure de la jeune femme quelques secondes. Jambe cassée. Merde.

« Pas le temps. Il faut partir. »

Ils ne pouvaient se permettre de rester ici une seconde de plus. Une chose qu’on apprend quand on dirige des raids contre des orcs et des gobelins pendant des années : un Warg ne se déplace JAMAIS seul. Et si les autres n’étaient pas encore là, c’est qu’ils étaient apparemment les humains (ou demi-elfe pour la jeune femme) les plus chanceux de la Terre du Milieu. Diarmaid n’avait pas le choix.

« Je suis désolé, ça risque de faire un peu mal. »

Et sur ces paroles il prit la jeune femme dans ses bras et la souleva aussi bien qu’il put avec son bras gauche, engourdi à cause de la morsure qu’il venait de subir. Il la porta et commença à marcher vers l’endroit où il avait laissé Astraea plus tôt. Ils allaient devoir se débrouiller pour monter sur la jument tous les deux et s’enfuir le plus vite possible, le cheval d’Aedis étant mort, ou en train d’agoniser dans la clairière. Il siffla pour appeler la jument qu’il aperçut quelques secondes plus tard qui se dirigeait vers eux. Celle-ci s’affola un peu quand elle vit que son maître avait l’air de saigner, mais Diarmaid réussit à la calmer avec quelques mots. Il devait maintenant trouver un moyen de monter sur elle avec la jeune femme malgré sa jambe cassée, et il n’avait pas le temps de fabriquer une civière. Ils devaient partir maintenant !

« Bon, ça va être un moment très difficile à passer, mais vous n’avez pas le choix. Nous allons devoir galoper le plus loin possible de cet endroit si nous voulons survivre. »

Et après quelques secondes ou il souffla un peu, il souleva la jeune femme et la déposa sur la selle du cheval. Il monta juste derrière elle pour la maintenir en place au cas où elle tombait, prit les rênes, mis les pieds dans les étriers tant bien que mal, et claqua ses talons pour faire partir la jument au plus vite possible. Un galop soutenu allait être très fatigant pour elle avec deux personnes sur le dos, et très douloureux pour Aedis vu l’état actuel de sa jambe, mais ils n’avaient pas le choix malheureusement. Une mauvaise journée en effet.
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Ven 31 Jan - 17:56
Le bon sens d'Aedis était complètement parti alors que la situation dégénérait. Voyant Diarmaid blessé, elle-même dans un piteux état, sa seule envie était de soigner tout le monde, de se mettre une attelle et de repartir précautionneusement. L'idée qu'il puisse y avoir d'autres wargs, ou des gobelins et orcs, dans les parages ne lui vint même pas à l'esprit, et elle ouvrit grand les yeux en entendant les mots du Gondorien. Partir ? Pourquoi faire ? S'ils ne résolvaient pas la situation maintenant, Diarmaid allait finir par se vider de son sang, et de s'écrouler. Et dans son propre état, elle ne pourrait pas faire grand chose pour lui. Quand il s'excusa, le regard perdu de la demoiselle s'accentua ; que pouvait-il bien vouloir faire ? Elle eut tôt fait d'avoir sa réponse, qui ne lui convint guère : quand il s'avança pour la porter, elle protesta, par fierté et empathie. Elle n'allait quand même pas se laisser porter, tout de même ? Ses mots déconseillant l'action à Diarmaid n'eurent aucune effet, ce qui la plongea dans un mutisme boudeur. Jusqu'à ce qu'elle comprenne réellement pourquoi il s'était excusé. La course de l'homme n'était pas régulièrement, et les cahots, ses mouvements, tout l'assommait d'une douleur sourde dont elle aurait aimé se défaire. Lâchant des gémissements à quelques moments, elle tentait de retenir ces élans de douleur, consciente que la situation n'était facile pour personne, surtout pour Diarmaid, qui en plus d'être blessé et de saigner, devait courir en portant la demoiselle, qui sans être épaisse n'était pas non plus un poids plume.
Pourquoi est-ce que les choses avaient à ce point empirées ? Un warg qui leur tombait dessus, c'était inimaginable... Que faisait-il ici ? Les questions qu'Aedis tentaient de se poser pour oublier l'état actuel de la situation ne fonctionnaient pas vraiment, et l'idée suivante, qui fut de monter sur le cheval, fit osciller Aedis de la tête. C'était une mauvaise idée, une très mauvaise idée, elle ne voulait pas... Portée plus ou moins laborieusement par Diarmaid, elle se retrouva néanmoins perchée sur le cheval de l'homme. Elle posa sa main sur son encolure, comme pour s'excuser, et fit un effort pour serrer les genoux pour éviter de tomber : elle n'avait pas besoin de ça en plus. Le geste était douloureux, mais quand le galop commença, elle comprit quelle était sa peine. Chaque cahot relançait la douleur, et elle eut tôt fait de ne se concentrer que sur le fait de rester consciente. Aussi, elle plaignait Diarmaid, obligé de la supporter, ainsi que la jument, obligée de les supporter tous deux.
Au bout de minutes qui n'en finissaient plus, la jument finit par ralentir, et la tête d'Aedis à moins tourner. Le danger était loin, et ils étaient en sécurité. Soupirant, la demoiselle finit par se laisser tomber le long d'un talus vers lequel le cheval s'était arrêté. Soufflant, elle lança un pâle sourire à Diarmaid, et baissa un peu la tête :


    - Je vous ai vraiment traîné dans une aventure impossible. Merci de ce que vous avez fait. Mais essayez de vous soigner maintenant.
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Sam 1 Fév - 0:46
Diarmaid avait perdu la notion du temps. Ils galopaient depuis longtemps mais il ne savait même pas si c’était des minutes ou des heures, mais il savait une chose : ils devaient s’éloigner autant que possible de cet endroit, ou on ne retrouverait même pas leur os demain. Il avait évidemment conscience que la jeune femme devait souffrir le martyre avec le galop mais il fallait qu’elle tienne encore un peu. Astraea commençait également à avoir du mal à maintenir un rythme aussi soutenu avec deux personnes et leur équipement sur le dos. Mais elle sentait également le danger et ralentissait aussi peu que possible. Il lui avait semblé entendre derrière eux un hurlement puissant, mais dans la confusion, il ne savait même plus si c’était réel ou pas. Pour l’instant, la seule chose qui importait était qu’ils s’en sortent tous en vie.

C’est donc au bout d’un moment qui lui parut une éternité qu’il fit ralentir la jument, qui finit par s’arrêter près d’un talus. Aedis descendit de la jument le plus vite possible et du mieux qu’elle put et s’allongea non loin de là. Diarmaid lui se rendit soudain compte qu’il ne sentait plus son bras gauche. Il baissa les yeux uniquement à ce moment-là vers la blessure qu’il avait reçue plus tôt du Warg. Il était couvert de sang. C’était le sien ? Il ne se souvenait pas en avoir jamais perdu autant. C’était affolant tout ce que son corps pouvait contenir. Bien sûr il avait déjà reçu des blessures auparavant, c’était une chose plutôt courante pour un ancien soldat, mais il avait toujours réussi à rester à une distance de sécurité convenable pour ne pas avoir à se faire mordre/griffer. Mais cette fois il n’avait pas eu ses archers et ses cavaliers pour le soutenir, ni même de stratégie adéquate pour combattre une telle créature.

Ses pensées se mélangeaient, se brouillaient d’une manière étrange. Pourquoi s’était-il embarqué dans quelque chose comme ça ? Parce qu’il le devait, simplement. Mais pourquoi lui ?

Concentration. De la discipline bon dieu !

Impossible. Son esprit se transformait peu à peu en brouillard informe. Il entendit la jeune femme lui dire quelque chose, mais ne comprit pas un traitre mot de ce qu’elle avait dit. Il se sentit glisser, aussi bien allégoriquement que littéralement, vers les ténèbres (ou vers le sol, au choix). Il ne sentit pas de choc, il avait eu l’impression d’atterrir sur un coussin. Quelques images défilèrent devant lui. Sa femme pleurant, sa cité en feu. Les ténèbres. Et soudain, plus rien.
Le noir total.
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Dim 2 Fév - 20:36
Aedis ferma les yeux l'espace de quelques secondes, satisfaite qu'ils soient -pour l'instant- tirés d'affaire. Pour l'instant : là était le hic. Occupée à souffler comme elle pouvait, à calmer aussi les élancements qui remontaient de son genou malmené, elle ne vit pas tout de suite Diarmaid glisser de la selle. Ouvrant grand les yeux, lâchant un cri de surprise, la demoiselle tenta de s'avancer, mains en avant, vers le corps inerte de son compagnon. Gênée par sa position assise, par son engourdissement et par la difficulté qu'elle avait à bouger sa jambe, elle ne parvint pas à le rattraper, ne faisant que l'effleurer de ses bras. Jurant, elle rampa jusqu'à lui, l'examinant comme elle pouvait. Frissonnant en voyant son état pitoyable, elle observa les lieux alentours : pourrait-elle faire quelque chose seule ? Il n'y avait malheureusement personne, et si elle tâchait pas d'arrêter les hémorragies, il risquait de mourir. L'idée la fit se réveiller, et elle appela la jument de Diarmaid : il devait bien y avoir quelque chose dans ses fontes, non ? Sifflant doucement, elle réussit à les attraper en s'appuyant sur sa jambe valide, et se laissa tomber au sol en soufflant lourdement. Elle aurait bien fait une pause, mais la situation ne s'y prêtait pas. Jetant le contenu de leurs sacs respectifs puis des fontes au sol, elle réunit suffisamment de bandages pour faire un petit tas. Prenant une dague, elle découpa les vêtements -de toute façon foutus- de l'homme et les jeta à côté. Son épaule était mal en point, les crocs de Ward s'y étant enfoncés comme dans du beurre, et son torse n'était pas bien. Grimaçant à l'idée de faire cela, et de la douleur que Diarmaid devrait sans doute sentir même dans son sommeil, elle s'excusa intérieurement et vida tout l'alcool qui restait sur son corps abimé. Les vapeurs lui montèrent un instant à la tête, et elle dut s'y reprendre à plusieurs fois pour parvenir, avec un long gémissement, à faire monter le torse de Diarmaid jusqu'à ses genoux, prenant sa tête au creux de son coude. Prenant les morceaux de tissu posés un peu plus loin, elle posa de lourdes compresses sur les blessures, avant de les bander le plus soigneusement du monde. Levant les yeux au ciel une fois son œuvre achevée, elle passa sa main contre la joue du gondorien, satisfaite que son teint ne soit pas blafard, et ses lèvres bleutées. Il respirait doucement, mais correctement, c'était tout ce qui importait. Observant son torse, Aedis nota avec un demi-sourire qu'il était bien dommage qu'un warg se soit amusé à gâcher ce qui aurait dû être tout à fait sexy auparavant.
Restant dans cette position quelques secondes, elle tenta, par curiosité, de faire bouger sa jambe. Sans surprise, la douleur la reprit, et elle renonça à toute expérimentation future. Se laissant tomber sur le sol, dans l'idée de souffler quelque peu, elle finit par s'endormir, Diarmaid toujours allonger à moitié sur ses jambes dépliées. Sa dernière pensée fut pour ce qui pourrait arriver si elle lâchait prise maintenant, avant de se rassurer que dans son état, elle ne ferait de toute façon pas grand chose.
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Lun 10 Fév - 23:21
Diarmaid ouvrit les yeux difficilement après un temps dont il ignorait exactement si il était long ou pas. Il observa un peu le ciel en essayant de se repérer par rapport à la position du soleil. Bien que son esprit soit encore embrouillé, il parvint à estimer qu’il avait dormi quelques heures, le soleil commençant peu à peu à décliner à l’horizon. Il se rendit soudain compte qu’il était allongé sur quelque chose. Il tourna la tête, et se rendit compte qu’il avait la tête posée sur Aedis, qui dormait. Il se releva brusquement, et il se rendit compte de sa bêtise quand une douleur cinglante vint lui agresser le torse et l’épaule. Il ne comprit qu’au bout de quelques secondes que le Warg l’avait amoché plus que ce qu’il ne pensait. Mais en regardant ses blessures, il vit qu’elles avaient été complètement bandées. La jeune femme avait fait ça toute seule ? Elle devait avoir eu énormément de difficultés à le déplacer seule.

Il se demandait cependant si elle allait bien. Il l’observa donc pour vérifier qu’elle n’était en souffrance. Elle respirait à peu près régulièrement. Son front était un peu plissé mais rien d’extrême qui aurait montré une douleur insoutenable. Il observa ensuite le genou de la jeune femme. Il était brisé, ça c’était une certitude, la jambe avait un angle qui n’était pas naturel. Comment avait-elle réussi à le déplacer et le bander, il l’ignorait, mais ça avait dû être une épreuve terriblement douloureuse pour elle. Il essaya de se lever, mais sa tête tournait beaucoup, sans doute à cause du sang qu’il avait perdu, et il dut s’y reprendre à plusieurs fois pour réussir à tenir debout sans problème. Il alla chercher son baluchon et l’installa sous la tête de la jeune femme aussi doucement que possible pour ne pas la réveiller. Il lui mit également une couverture, car la température commençait à baisser, et il ne pouvait pas se permettre d’allumer un feu, au cas où des ennemis les suivraient. Il s’installa à côté de sa jument qui s’était installée non loin de là, suffisamment près en tout cas pour pouvoir surveiller Aedis et les alentours. Il luttait cette fois-ci pour ne pas s’endormir, étant lui-même très affaibli.

Ils s’étaient tous les deux fourrés dans un sacré pétrin. Ils étaient blessés, et Aedis était dans l’incapacité de se déplacer seule avec une jambe brisée. Il allait devoir la raccompagner jusqu’à Edoras si il voulait qu’elle soit en sécurité, et cela allait forcément lui apporter un énorme lot de problèmes. Mais il ne pouvait pas la laisser tomber, pas dans un état pareil, il se l’interdisait. Eh bien tant pis. Il allait enfin devoir affronter la justice, et il paierait le prix de ses erreurs passées. Ses pensées divaguèrent vers son frère à ce moment, il ignorait pourquoi. Où était-il en ce moment ? Etait-il heureux ? Etait-il seulement en vie ? Cette simple pensée fit monter en lui une tristesse énorme. Il avait perdu son frère, et il ne le retrouverait sans doute jamais. Et sa femme non plus, il le craignait.
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Ven 14 Fév - 15:13
A peine Aedis eut-elle fermé les yeux qu'elle les rouvrit. La nuit était tombée depuis longtemps, et les étoiles brillaient, hautes dans le ciel. Combien de temps s'était-elle endormie ? Elle ne savait pas, mais la réponse la plus probable qui se profilait se résumait en "longtemps". Oui, longtemps : Diarmaid n'était plus sur ses jambes, elle ne sentait plus son poids rassurant sur ses cuisses ; sa tête ne reposait plus nue sur le sol du talus ; son corps, qui aurait dû être froid, était couvert d'une couverture épaisse. Un peu oublieuse, la demoiselle aurait voulu se mettre en position fœtale, rabattre le drap tout contre elle et dormir jusqu'au lendemain, voire jusqu'au surlendemain. Elle n'eut guère le temps que d'amorcer un mouvement avant qu'un gémissement de s'échappe de ses lèvres entrouvertes. Mauvaise idée. Se déplaçant sur ses avants-bras, la bâtarde se tourna vers la silhouette sombre et somnolente de Diarmaid. Il avait l'air d'aller mieux, sinon bien. Soulagée de le voir ainsi, elle s'extirpa de la couverture, et regarda ses jambes. Ses vêtements, déjà, étaient couverts de sang séché ; elle sentait qu'à chacun de ses mouvements, les plaques rougeâtres allaient s'écailler, se briser ; ça allait être plutôt inconfortable, mais c'était fort peu payer. Avec un soupir, la demoiselle força un rictus, et s'adressa à l'homme :

    - Je crois que je ne vous ai pas porté chance... Vous devez en avoir marre de moi...

Aedis leva les yeux vers le ciel, observant les petits points lumineux briller lentement dans la nuit noire. C'était étrangement reposant, cette situation. Relâchant la pression, elle laissa sa tête retomber lourdement sur le sol, yeux grands ouverts. Elle se sentait fatiguée, elle se sentait mal. Elle ignorait ce qu'elle avait exactement au genou, mais ce n'était rien de bien ; quand elle regardait Diarmaid, la scène du Warg revenait à son esprit, inlassable, et elle remerciait les divinités de les avoir laissés en vie. Ca ne coulait pas de source pourtant ! Balayant les environs avec un oeil plus perçant que celui d'un humain, elle attrapa deux morceaux de bois d'une bonne longueur, les positionnant correctement. Il restait quelques longueurs de bandage qui trainaient là, aussi, et Aedis, soulevant sa jambe en se mordant l'intérieur des joues, se fit une espèce d'attelles. Eclisses rudimentaires, tissu fragile, c'était simple, et ça ne durerait pas longtemps. C'était mieux que rien.
Après quelques minutes, la demoiselle se rendormit, lâchement ; elle était honteuse de savoir qu'encore une fois, elle ne monterait pas la garde...

* * *

Le soleil qui pointait doucement réveilla la demoiselle, qui se redressa rapidement. Voyant qu'il n'y avait pas de danger, elle soupira d'aise et baissa un peu la tête. Son ventre grondait et elle roula des yeux, se tournant vers le gondorien, toujours à son poste.


    - Vous êtes vraiment courageux... Merci pour tout.

Venaient ensuite sur les sujets qui fâchent. Inspirant longuement, Aedis reprit doucement :

    - Vous ne pouvez pas aller en Rohan. Trop dangereux. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque chose par ma faute.

Il devait y avoir mieux à faire, tout de même ?
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Mer 19 Fév - 0:32
Diarmaid avait du mal à rester concentré dans son état actuel. La douleur et la faim le tenaillaient, mais il ne pouvait rien y faire. Ils devaient économiser le peu de rations qu’ils leur restaient, et il n’avait aucun moyen de soulager sa douleur. Au moins celle-ci le tenait éveillé. En effet, cela faisait déjà longtemps qu’il était adossé au même arbre, tentant tant bien que mal d’observer les alentours avec attention, même si la nuit qui était tombée entre temps n’arrangeait pas les choses. Il n’arrivait pas à décider quelle blessure lui faisait le plus mal : la grand griffure qui lui traversait le torse ou la morsure très profonde qu’il avait à l’épaule. Sans doute l’épaule. Elle le gênait terriblement pour bouger le bras gauche, et même si son torse le brulait fortement, sa douleur à l’épaule était plus sourde mais plus forte.

Au milieu de la nuit, Aedis se réveilla et lui parla d’une voix qu’il trouvait un peu pâteuse. La jeune femme avait encore besoin de repos.

« La chance n’a rien à voir là-dedans, je suppose. Je ne vous en veux pas, vous n’avez rien fait, et vous avez subi tout ça au moins autant que moi, si ce n’est plus. » Dit-il d’une voix rassurante, mais qu’il sentait fatiguée tout de même.
C’est alors qu’il la vit se fabriquer toute seule une attelle très rudimentaire.

« Laissez-moi vous aidez ! » dit-il.

Mais la jeune femme semblait bien décidée à se débrouiller seule, et Diarmaid arrivait à peine à se lever, il dut donc se résoudre à la regarder faire en gémissant. Puis une fois celle-ci réalisée, la jeune femme s’écroula. Il espéra qu’elle allait bien, et il supposait que son corps avait du mal à supporter la douleur subie, et il la vit s’endormir à nouveau, comme si il ne s’était rien passé du tout. Une curieuse femme que celle-ci. Elle semblait capable de changer d’humeur en quelques secondes, et de supporter une douleur d’un niveau peu commun. Elle était incroyable, ça c’était sûr. Elle lui rappelait sa femme sur certains points, ce qui n’était pas sans le faire rire (même si actuellement la situation ne s’y prêtait pas). Il continua donc sa surveillance du mieux qu’il put, avec un léger regain d’énergie du fait de la conversation très brève qu’ils venaient d’avoir, mais qui avait réveillé un peu son esprit. La nuit passa, non sans que Diarmaid pique du nez quelques minutes à peine (trop à son gout ceci dit).

Le soleil se levait progressivement, annonçant une journée plutôt agréable apparemment, quand la jeune femme s’éveilla de nouveau. Elle semblait requinquée, ce qui le rassurait un peu. La jeune femme lui dit alors quelque chose qui le surprit. Comment pouvait-elle penser qu’elle s’en sortirait avec une jambe cassée si il ne l’aidait pas au moins pour rentrer chez-elle ? Au moins il avait confirmation qu’elle l’avait reconnu.

« Avec votre jambe brisée et l’état actuel de la région, vous n’arriverez pas à rejoindre seule la Capitale. Je vous accompagnerai, et c’est non négociable. Peu importe le sort qui m’attendra là-bas. »
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Mar 25 Fév - 13:14
Les hommes. Plus butés les uns que les autres. Et si Aedis pensait tout d'abord aux représentants de la gent masculine quand elle soupira intérieurement ces quelques mots, elle devait avouer en plus que c'était vrai de la race humaine en général. Etait-elle ainsi aussi ? Son père lui avait toujours semblé plus patient, plus réfléchi, plus enclin aux négociations que ne l'avait été sa grand-mère maternelle par exemple. Sa mère, humaine elle aussi ? C'était différent... Sa mère était cette entité surhumaine et parfaite. Enfin, Diarmaid, représentant des deux groupes, n'était pas une exception à la règle. Soupirant, la bâtarde se rendit compte qu'il n'avait pas tort. Mais elle ne pouvait pas pour autant le laisser faire.

    - Vous êtes certain qu'il n'y a pas d'autre solution ? Je suis certaine qu'on peut s'arranger. Laisser moi le long d'une route passante, ou dans un hameau. Je saurais, de là, rentrer par mes propres moyens.

Elle voyait bien qu'il était résolu, et nulle de ses suppliques ne parvint à le faire fléchir. Baissant les yeux vers son corps diminué, la demoiselle soupira à nouveau. Elle ne supportait ni d'être inutile, ni d'être un fardeau ; pourquoi est-ce que ce genre de choses n'arrivaient qu'à elle ?

    - Vous avez intérêt à vous montrer prudent. J'ai une dette envers vous, et ça m'embêterai de devoir la règler parce que je vous ai mis dans une situation impossible.

Mettre les gens dans des situations impossibles, il lui semblait pourtant que ça la poursuivait. Grognant lourdement, Aedis se prépara à repartir...
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Lun 3 Mar - 15:23
Diarmaid soupira de lassitude. Il comprenait qu’elle s’inquiétait pour lui bien évidemment, et c’était tout à son honneur. Mais elle ne semblait pas se rendre compte de quelque chose qui était pourtant essentiel.

« Vous avez une jambe brisée. »

Il fit une pause, plus pour insister sur sa phrase que pour réfléchir à ce qu’il allait dire.

« Même avec votre atèle, si je vous laisse au bord de la route, vous n’arriverez pas à Edoras avant des jours, si vous y arrivez (même si je ne doute pas une seconde que vous feriez tout pour y arriver). De même que si je vous laisse dans un hameau. »

Il espérait bien la convaincre, même si en vérité il ne lui laissait pas vraiment le choix. Elle aurait bien du mal à se débattre s’il décidait de l’emmener, même si espérait ne pas avoir à en arriver là.
La jeune femme semblait avoir enfin pris sa décision, et il s’en réjouissait.

« Ne vous inquiétez pas pour moi, j’essaierai de m’éclipser après vous avoir laissée en de bonnes mains, et si jamais je me fais arrêter… Eh bien, dites-vous que le pire qui puisse m’arriver est la prison pour longtemps, du moins je l’espère. »

Il lui sourit pour la rassurer sur sa situation, et pour se rassurer lui-même. Il ne souhaitait pas passer le restant de sa vie en prison. Bien sûr, cela valait mieux que de se faire exécuter purement et simplement, et il doutait que ce fut le sort qu’on lui réservait à Edoras. Il possédait trop d’informations sur le Gondor, surtout au niveau militaire. Après tout, il avait lui-même dirigé une partie des troupes. Et il avait peut-être une chance de sortir de prison, même si pour l’instant il ignorait comment. Les geôles d’Edoras étaient bien gardées, et plutôt résistantes, mais rien d’insurmontable il l’espérait.

« Et oubliez l’idée de m’être un jour redevable, je ne vous demande rien en retour, disons que ça me fait plaisir. »

Et sur ces mots, il se leva, sans trop de mal cette-fois, et commença à rassembler ses affaires.

« Nous devrions nous remettre en route, nous avons encore un long chemin à faire. »
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Mar 11 Mar - 9:05
Aedis hocha la tête, pas plus convaincue que cela. Dire que c'était une solution qui la satisfaisait était faux mais... Dire qu'elle était mécontente de faire la route à cheval plutôt que dans la charrette d'un marchand ou d’un voyageur qui en aurait profité pour lui extorquer tout ses fonds l'était tout autant. Elle eut un léger frisson à cette idée, puis se tourna à nouveau vers Diarmaid. Elle l’observa d’un regard curieux, se demandait ce qui pouvait pousser un fugitif à se mettre ainsi en danger : même la prison pour très longtemps n’était pas une option réjouissante. Quel était l’intérêt de vivre si on passait sa journée dans des geôles humides et sombres ? L’opinion de la demoiselle était tranchée à ce sujet, mais elle ne l’évoqua pas devant son compagnon. En plus, sa dernière phrase, remplie d’espoir… Ca n’était pas très rassurant.
Un court silence s’installa, qui permit sans doute aux deux blessés de cogiter quelque peu. Leur situation était précaire, et ils avaient réussi à enchaîner les ennuis de façon surnaturelle. Aedis pensait qu’une fois rentrée à Edoras, tout rentrerait dans l’ordre : elle aurait des soins, elle serait en sécurité… Et Diarmaid retournerait sur les routes. Idéalement, ça se passerait comme ça : et comment cela pourrait-il se passer autrement ?
Le gondorien se leva, et se prépara à partir. Aedis l’observait alors qu’il rangeait leur campement de fortune, et grimaça en voyant ses bandages. Quoi qu’il puisse dire, elle lui en devait beaucoup : à deux reprises, il lui avait sauvé la vie, ce qu’elle ne pourrait oublier. Et là, en plus, elle se sentait sacrément inutile. Heureusement, il n’avait guère eut le temps de déballer de nombreuses affaires, et tout fut rapidement bouclé. Aedis, grommelant de devoir demander l’aide de Diarmaid, finit par monter sur le cheval. Elle était cette fois ci derrière Diarmaid, cette position étant plus confortable pour tous ; elle n’était plus aussi mal que la veille. Ils se mirent en route rapidement, et surtout globalement silencieusement. Ils ne pouvaient aller trop vite, à cause de leur poids sur la jument, d’autant plus qu’elle avait dû produire un effort conséquent la veille. Brave bête.
Alors qu’ils chevauchaient en direction du Rohan, Aedis, après quelques minutes de réflexion sur la façon dont elle allait s’y prendre, glissa son bras droit du ventre de Diarmaid, où elle se tenait, jusqu’à son bras. Serrant doucement entre ses doigts le poignet du Gondorien, elle sourit, bien qu’il ne puisse la voir, et prit la parole :


    - Merci beaucoup. J’ai eu de la chance que vous soyez dans les parages.

Attardant ses doigts encore quelques secondes, elle finit par retourner dans sa position initiale, mains sur les hanches de celui qui tenait les rênes. Elle eut un petit sourire d’aise, malgré sa jambe qui l’élançait encore régulièrement ; elle se sentait bien. Étrange.
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Jeu 13 Mar - 21:34
Après avoir aidé la jeune femme ils avaient repris la route vers la cité d’Edoras. Il voulait amener la jeune femme en lieu sûr et disparaître aussi vite que possible. Pas que la compagnie d’Aedis ne soit désagréable, mais il commençait à sentir malgré lui une certaine appréhension à l’idée de se livrer gentiment aux gardes. Mais résister lui couterait sans doute la vie. Tant pis.

Leur chevauchée semblait bien se passer, et malgré la fatigue de la jument, celle si semblait supporter le voyage avec deux personnes plus leur matériel. Bien entendu, il ne la forçait pas, elle allait au rythme qui lui convenait. Et elle semblait avoir encore pas mal de réserve. Il était heureux d’avoir Astraea avec lui. Alors qu’ils faisaient route dans un silence qui devenait presque pesant, la jeune femme lui saisit le poignet avec une tendresse qu’il n’attendait pas de sa part.
Après de telles paroles, il ne put rien dire. Il était troublé car il se rendit compte à quelle point ce qui venait de se produire ressemblait à la vie qu’il avait autrefois avec sa femme, et il ne put que baisser la tête et serra les rênes à s’en faire blanchir les articulations.


Leur chevauchée avait continué ainsi pendant très longtemps avant qu’ils puissent enfin apercevoir la cité d’Edoras, capitale du Rohan, surplombée de Meduseld, sa forteresse. L’endroit il allait déposer la jeune femme qui il y a si peu de temps était encore une parfaite inconnue pour lui, mais qu’il commençait à apprécier comme une amie.

« Je vous déposerai à la grande porte, pour que les gardes prennent soin de vous. Puis je devrai partir malheureusement. »
dit-il, avec une pointe de tristesse dans la voix il devait l’avouer. Ce n’est pas tous les jours qu’il trouve un compagnon qui même après l’avoir reconnu n’essaie pas de le vendre.

Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de la porte, le cœur de Diarmaid commençait à s’accélérer, et il sentait une boule à l’estomac. Par reflexe sa main se positionna près de la poignée de son épée, mais soudain son esprit l’arrêta. Que faisait-il ? Il ne comptait tout de même pas abattre des gardes du Rohan, risquer de se faire tuer inutilement et apporter des problèmes à Aedis en plus ? Il ne se reconnaissait même plus. Ses années de solitudes l’avaient-il rendu aigri au point de pensée plus à sa liberté qu’à celle des autres, comme ça avait toujours été le cas ?
Il ne put s’empêcher de sourire. Il leva la tête, détendit ses muscles et laissa sa jument les conduire à la grande porte de la Cité. Il se sentait prêt.
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Jeu 13 Mar - 22:34
Edoras était en vue ! Reconnaître les paysages du Rohan autour d'elle ne faisait qu'augmenter la joie de la demoiselle, qui se sentait euphorique d'enfin rentrer chez elle après toutes ces épreuves. Bien sûr, elle se sentait quelque peu honteuse de penser ainsi, alors que Diarmaid lui devrait sans doute partir en quatrième vitesse après l'avoir déposée. Mais, au fond d'elle-même, elle jubilait de retrouver enfin sa patrie : après une semaine loin de chez elle -le voyage le plus long qu'elle avait fait !- cela faisait du bien de retrouver des repères. En plus, ils devaient être inquiets : elle aurait dû être de retour au moins la veille, si ce n'était plus tôt. Quand les murs de la cité se profilèrent à leurs yeux, ils étaient encore à une heure de route. Heure qui passa pour Aedis sans doute bien plus vite que pour Diarmaid. Le sentant d'ailleurs de plus en plus tendu à mesure que les portes grandissaient dans leur champ de vision, elle ne put s'empêcher de serrer presque imperceptiblement son ami, comme pour le rassurer. Elle ne laisserait rien lui arriver : après tout, même s'il l'ignorait, elle pouvait toujours intercéder en sa faveur. Quelques mots au garde de faction suffirait à ce qu'il laisse Diarmaid s'en aller sans poser de question, et sans qu'il ne parle d'un tel incident à son supérieur.
Enfin, ils parvinrent aux portes d'Edoras. Toute sourire derrière un Diarmaid dont elle ignorait totalement l'état, Aedis ne s'attendait pas du tout à ce qui allait suivre. En effet, alors qu'ils allaient entrer au cœur de la ville, un garde les fixa quelques secondes, avant de se déplacer vers eux, les interpellant de vive voix. La demoiselle soupira, agacée : comment avaient-ils pu reconnaître Diarmaid de visu, alors qu'il avait disparu de la circulation depuis bien longtemps. Si elle avait été en mesure de le faire, elle serait descendu de cheval, pour interpeller le garde. Dans son état, c'était délicat, et elle dut se contenter de parler depuis la monture :


    - Bonjour soldat. Je vous remercie de votre zèle, mais cet homme est sous ma protection, et en tant que Capitaine de l'Infanterie, je vous ordonne de le laisser partir. Je vous saurais gré néanmoins de...
    - Je ne crois pas non. Damoiselle Darrek-
    - Capitaine Darrek.
    - Damoiselle Darrek, vous n'êtes plus capitaine. Descendez de ce cheval, vous êtes en état d'arrestation, pour traîtrise et espionnage.

Le choc laissa Aedis pantoise. Plus capitaine ? Bouche bée, elle regarda autour d'elle, comme pour vérifier qu'aucun de ses collègues ne se tienne pas hilare dans un coin de porte. Mais non. Et le regard du garde était tout ce qu'il y avait de plus sérieux. Silencieuse, comme absente par rapport à la cohue de l'entrée à Edoras, elle ne put réagir sous le coup de l'émotion.

    - Descendez de ce cheval immédiatement. Je ne le répéterai plus.

En effet, il ne le répéta pas. Après quelques autres secondes d'inaction, il atttrapa la demoiselle au bras, et la tira d'un coup sec au sol. Sa réception aurait pu être convenable sans sa jambe brisée. S'écroulant au sol, larmes de douleur aux yeux, l'ex-capitaine lâcha un cri de douleur en sentant son genou faire des siennes encore. Elle releva la tête, pour croiser le regard de Diarmaid. Désespérée mais encore vaguement lucide, elle tenta de lui faire comprendre qu'il valait mieux fuir, de quelque mouvement de tête. Le garde néanmoins avait pris ses précautions, et certains de ses collègues se tenaient là, entourant les deux accusés. Celui qui les avait interpellés se retourna enfin vers Diarmaid, qu'il regarda avec suspicion, et cracha :

    - Si elle voulait vous protéger alors que je n'avais même rien dit, c'est que vous avez quelque chose à cacher. Je pense qu'un interrogatoire s'impose. Descendez vous aussi.

Aedis se sentit détruite en entendant ses mots. Toute maline à vouloir impressionner Diarmaid en lui présentant de façon théâtrale sa fonction, voilà qu'elle ne faisait qu'attirer les soupçons sur lui. Peut-être, si elle s'était tenue coite, n'aurait-il pas été inquiété ? Des larmes, de rage et de tristesse cette fois-ci, vinrent couler sur ses joues. Balbutiant silencieusement quelques mots à Diarmaid, elle prononça sans un souffle : "Désolée."
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